Mobilisation des sages-femmes à Grenoble : "il y a une mise en danger de la vie des mamans et des bébés"

Faibles salaires, manque de reconnaissance, effectifs en baisse, les sages-femmes manifestent ce jeudi au niveau national. À Grenoble, elles étaient une dizaine devant le CHU, parmi elles des étudiantes. Elles réclament, elles aussi, davantage de reconnaissance.

Elles sont en colère depuis des mois déjà. Elles, ce sont les sages-femmes. Ce jeudi 7 octobre 2021, pour répondre à l’appel national des syndicats une manifestation est prévue à Grenoble, comme dans d’autres grandes villes de France. Dans la capitale iséroise, les sages-femmes ont décidé de se rassembler devant le CHU pour faire entendre leur mécontentement.

Des vies entre les mains

Elles alertent sur divers problèmes qui touchent la maternité de Grenoble et qui, selon elles, mettent en danger la vie des patients : " Pour des raisons financières, la direction souhaite qu’il n’y ait plus que deux sages-femmes en salle de naissance avec une troisième qui peut être sollicitée si besoin, dénonce Elisabeth Guillemin, sage-femme, nous nous opposons vraiment à cela parce que c’est dangereux et ça peut mettre en danger la vie des mamans et la vie des bébés et surtout c’est complétement illégal."

Elles devraient être trois au lieu de deux pour une garde de 12 heures : "Sur la nuit, si nous avons un pic de naissance avec 10/20 patients qui vont accoucher dans la nuit, il n’y a que 2 sages-femmes qui vont pouvoir s’occuper de ces patientes. On va devoir mobiliser des sages-femmes qui s’occupent des grossesses à haut-risque où l’on s’occupe des patientes qui ont des grossesses compliquées", déplore Clémence Beyer, gynécologue.

 

Mais ces sages-femmes ont d'autres revendications, une revalorisation de la grille salariale notamment : "C’est un malaise qui existe depuis de longues années. Moi ça fait 20 ans que j’exerce, explique Maud Limouzin, sage-femme, quand on est jeunes diplômées, on est heureuses de faire cette profession qui est effectivement magnifique et puis les premières années passent, on découvre les dysfonctionnements, puis les salaires qui sont ridicules en début de carrière. Les chiffres sont parlants, la première paye de sage-femme embauchée à l’échelon 3 s’élève à 1500 euros sans primes, le deuxième mois avec les primes c’est 1700 euros mais cette grille de salaire évolue très lentement. Après 30 ans de carrière seulement, nous arrivons à un salaire de 3200 euros."

 

 

Les étudiants mobilisés

À Grenoble, le mouvement est rejoint par les étudiants qui réclament eux aussi davantage de reconnaissance. Désormais, cinq ans d’études sont nécessaires pour devenir sages-femmes et les étudiants perçoivent une indemnité à partir de la quatrième année seulement, celle-ci s’élève à 300 euros par mois. "Nous aimerions être rémunérés dès le début de notre parcours comme on peut le voir dans d’autres parcours d’étudiants en santé, demande Clémence, élève sage-femme. Cela pourrait être quelque chose d’envisageable et qui pourrait beaucoup aider les étudiants. Nous ne serions pas obligés de travailler à côté pour payer ces études. Et puis cela montrerait aussi la reconnaissance que l’on peut avoir pour les étudiants sages-femmes en tant que praticiens des services."

À Grenoble, une délégation devrait être reçue par la direction mardi 12 octobre 2021.

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