Des milliers de personnes se sont réunies à Grenoble à l'appel du collectif Nous toutes pour dénoncer les violences faites aux femmes, en particulier les violences conjugales. On dénombre pas moins de 138 victimes de féminicides depuis le début de l'année.
Dans le cortège, elles étaient plus d'un millier, ils étaient quelques-uns. Un flot de manifestants a traversé Grenoble samedi 23 novembre pour dire non aux violences sexistes et sexuelles. Des militants au diapason pour dénoncer un phénomène de société qui doit cesser. Parmi eux, nombreuses étaient celles qui ont déjà subi des agressions ou des abus. Des violences dont il est toujours difficile de parler pour les victimes.
"J'ai vécu plusieurs agressions sexuelles, du harcèlement et j'aimerais que ça cesse parce que la dernière c'était il y a deux semaines. C'était un de mes meilleurs amis", témoigne Sonia. Comme souvent, les agressions viennent de proches, des gens dit de confiance.
À l'arrivée de la marche #NousToutes à Grenoble, une pancarte en mémoire de chaque femme tuée par son compagnon en France. Elles sont 137 victimes de féminicides depuis le début de l'année. pic.twitter.com/76GivAjcXB
— Antoine Loistron (@antoineloistron) November 23, 2019
Laura, 19 ans, en a aussi été victime dès l'âge de 6 ans, puis à plusieurs reprises lors de l'adolescence. Aujourd'hui elle dénonce et lutte. "On ne l'a pas dit au moment des faits donc on a honte. Et en plus de ça, on n'a pas réussi à dire non donc on se sent coupable alors qu'on ne devrait pas, raconte la jeune femme. C'est ce travail qui est important et que j'ai aujourd'hui réussi à faire, c'est grâce à ça que je peux en parler." C'est pour cette raison qu'elle a rejoint le mouvement. Témoigner et surtout représenter la parole de celles que les violences ont fait taire à jamais.
L'espoir de financements supplémentaires
Le collectif "Féminicides par compagnons ou ex" dénombre pas moins de 138 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l'année.
"On pense que les mobilisations sociales permettent de créer un rapport de force. Donc c'est très important d'être visible, de venir en nombre, de dire collectivement qu'on n'est pas d'accord et qu'on a besoin de plus de moyens", ajoute Pauline, membre du planning familial 38. Les associations venant en aide aux femmes victimes de violences espèrent obtenir des financements supplémentaires grâce au grenelle des violences conjugales, voulu par la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes.
Dans deux jours, Marlène Schiappa rendra ses conclusions. En attendant, les militants comptent le nombre de victimes. Comme Michèle 72 ans, Fabienne, 51 ans, Audrey, 37 ans ou Salomé, 21 ans. Quelques unes de ces victimes de féminicides auxquelles les manifestants ont rendu hommage, avec l'espoir de se faire entendre pour ne plus jamais avoir à déplorer de tels actes.