VIDEO. "Du tennis en trois dimensions" : le padel "plus accessible" et "plus ludique", un sport de raquettes en plein boom

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On vous dit tout sur le padel, ce nouveau sport à la mode, inspiré du tennis ©France 3 Alpes / F. Lefrançois - D. Semet - JP. Ardito - M. Ducret

Ni vraiment du tennis, ni vraiment du squash, le padel se fait une place au soleil dans les sports de raquettes. "Convivial", "ludique", "addictif", il connaît une croissance exponentielle en France. Pour répondre à la demande, le club de tennis de Grenoble a crée quatre courts extérieurs, remplis à 100% dès la première semaine. Décryptage de ce sport en plein essor.

Si vous vous êtes déjà retrouvés, débutant, sur un court de tennis, vous savez ce que veut dire le mot "laborieux". Car, sans expérience et sans entraînement, le roi des sports de raquette prend vite des allures d'exercice infini de ramasseur de balles.

Il faut du cardio pour traverser le terrain de long en large et se trouver au bon moment près de l'impact de la balle pour tenter un coup. Encore faut-il ne pas avoir un trouble psychomoteur pour arriver à synchroniser le lever de raquette et estimer la trajectoire supposée du boulet jaune.

Bien souvent, les débuts ne sont que des allers sans retours entre compagnons de jeu. Les échanges n'en sont pas, les raquettes brassent de l'air, et les deux monologues de services et d'aces en continu finissent par avoir raison de la plus belle des motivations.

Les puristes ou les mordus poursuivront, pour les autres, il existe des alternatives, comme le padel. Venue à l'origine du Mexique, puis de l'Espagne, la discipline est en pleine expansion en France. 

"Le padel, c'est encore plus addictif que le tennis"

Le Grenoble Tennis vient de construire quatre terrains de padel (appelés "pistes", ndlr) en extérieur pour "satisfaire la demande" exponentielle et dès le lancement, "on a eu un succès phénoménal", indique Vincent Berlandis, le président du club isérois. "Dès la première semaine, on a eu un remplissage quasiment à 100% en soirée, entre 17h et 23h30 sur les quatre terrains extérieurs". Et en septembre prochain, trois autres pistes, couvertes celles-là, accueilleront les joueurs.

Quelles sont donc les raisons de cet attrait bouillonnant pour ce nouveau sport de raquettes, qui reprend des codes du tennis mais aussi du squash ?

"Le padel, c'est encore plus addictif que le tennis", estime Axel Glesser. "Je retrouve les sensations que j'avais au tennis quand j'étais adolescent et que je voulais passer ma vie sur les courts, c'est vraiment ça. Il y a beaucoup plus d'échanges. Physiquement, c'est un peu moins exigeant, on va transpirer mais au niveau du cardio on va moins monter. Le court est plus petit donc les déplacements sont moins longs, la moquette fait que c'est un peu moins exigeant au niveau des articulations. Donc, pour les vieux comme moi, c'est un peu plus abordable physiquement", dit le padeliste dans un sourire.

La piste de padel est, en effet, plus petite qu'un court de tennis (20 mètres sur 10), elle est recouverte d'une moquette et surtout, elle est entourée de vitres et de grilles.

Les murs de verre sont des surfaces de jeu supplémentaires. Ils rendent ce "tennis en trois dimensions", d'après Vincent Berlandis "plus accessible techniquement", et "plus ludique parce qu'on peut plus rapidement s'amuser et marquer des points, même si on n'est pas un habitué des sports de raquettes".

Des points qui n'en finissent pas

Plus besoin, donc, de courir après la balle en fond de court, elle revient toute seule à la faveur des rebonds sur les vitres. Et si la coordination n'est vraiment pas votre point fort, vous pouvez compter sur votre partenaire pour sauver le point, car le padel se joue en double.

L'occasion pour beaucoup d'anciens tennismen mais aussi pour des sportifs de tous horizons de partager un bon moment "entre potes".

"Je crois que c'est un sport qui peut rassembler autant des handballeurs, que des volleyeurs, des basketteurs. Beaucoup de gens s'y retrouvent, sur le côté très fun. C'est un jeu autant de défense que d'attaque, du coup, il y a des profils différents", estime Simon Lukie, qui vient du BMX.

"Le fait que le point ne soit jamais fini, on a toujours une deuxième chance, on a un ami derrière nous avec la vitre qui nous ramène la balle, ce qui fait que, même en tant que débutant, on prend vite du plaisir. Et le fait qu'on partage le terrain avec un partenaire et qu'on soit quatre, ça crée une émulation et c'est vraiment sympa".

Un sport à part entière

Le padel n'est pas qu'un loisir récréatif. C'est aussi une discipline sportive en plein essor, qui se structure depuis le début des années 2000 dans l'Hexagone. La Fédération française de tennis, dont il dépend, recense "environ 366 000 pratiquants approximativement" dans le pays (contre 4 millions en Espagne) et près de 1280 terrains en France contre 10 000 dans la péninsule ibérique.

Niveau matériel, le padel se joue avec une raquette sensiblement plus petite qu'au tennis (45 cm de long sur 26 cm de large). "Elle est plus épaisse. Elle peut être lisse ou elle peut avoir des effets, un peu comme les cordages au tennis qui peuvent agripper un peu plus la balle ou un peu moins", détaille Axel Glesser. 

"Un jeu tactique passionnant"

Les règles du jeu peuvent varier selon les compétitions (nationales ou internationales) mais en général, à l'instar du tennis, les parties se disputent au meilleur des trois manches. Une paire doit gagner 2 sets pour remporter le match. Un set est gagné avec deux jeux d'écart.

"On va pouvoir jouer avec la vitre arrière, les vitres qui sont sur les côtés, il y a une grille aussi qui crée un rebond aléatoire donc qui crée un effet inattendu et puis vraiment cette logique de jouer où l'adversaire n'est pas, d'essayer de le déplacer et de jouer dans la zone qui se libère, donc c'est vraiment un jeu tactique passionnant", commente Vincent Berlandis, le président du Grenoble Tennis. 

Techniquement, les coups ressemblent à ceux du tennis, en apparence seulement. 

"Il y a des coups très spécifiques comme le lobe. Le smash est différent du tennis parce qu'au tennis c'est un coup de finition, alors que là, il y a des smashs d'attente où il faut laisser redescendre plus la balle, des smashs où il faut taper donc on va la prendre plus en haut, il y a vraiment des coups plus spécifiques", indique Thomas Messina, un autre padeliste.

Le par 3, le coup spectaculaire, roi du padel

"Le lift, par exemple, ça va être beaucoup plus compliqué à faire quand les joueurs sont au fond parce que cela va provoquer des balles de défense", ajoute Pierre Blond. "Il faut essayer de jouer bas pour essayer d'embêter l'adversaire avec les vitres, il y a plein de coups à faire", dit-il.

Mais le coup roi du padel, c'est le "par 3" ou le "par 4", qui consiste à faire passer la balle par-dessus les grilles latérales de trois mètres de haut ou par-dessus celles du fond de court qui mesurent quatre mètres. Un coup spectaculaire devenu la marque de fabrique de ce sport.

"Le par 3, c'est un coup qui est assez jouissif parce qu'on fait claquer la balle, on la fait sortir hors du terrain. Taper fort ne suffit pas, il faut aussi mettre un petit effet qui va permettre au rebond d'être plus haut sur la vitre", détaille Axel Gessler.

"C'est en plus relativement abordable à faire, même s'il faut un coup d'attaque. Mais cela ne veut pas dire que le point est gagné, il peut encore être défendu. Le défenseur peut essayer de remettre la balle par-dessus le grillage (après être sorti du court par la porte située au niveau du filet, ndlr) et aussi par la petite porte", complète le padeliste. 

"On n'est qu'au tout début de l'histoire"

Au Grenoble Tennis, on ne regrette pas le choix d'avoir sacrifié des terrains de tennis pour les remplacer par des courts de padel. 

"On a une dynamique internationale et nationale sur le padel avec une demande extrêmement forte, très peu d'offres, et très peu de structures disponibles pour jouer. Cela génère beaucoup de frustration chez les joueurs donc on a besoin de développer des terrains", poursuit Vincent Berlandis. 

"Nous, ici, on pense que le padel va amener quelque chose en plus dans les clubs de tennis : cette dimension sociale, récréative, ludique. Les joueurs de tennis et les joueurs de padel vont se mélanger et faire que nos clubs de tennis soient des lieux de vie, de rencontre, d'échanges, beaucoup plus que cela ne l'est aujourd'hui", estime le président du club grenoblois.

"J'espère que d'autres clubs vont aussi pousser pour que le padel se développe parce qu'on a besoin maintenant de structurer la discipline, de créer des championnats par équipe, et je pense qu'on n'est qu'au tout début de l'histoire".

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