VIDÉO. "On veut que les parents puissent respirer" : père d'un enfant autiste, il achète une école à l'abandon pour ouvrir un centre d'accueil spécialisé

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"On veut que les parents puissent respirer" : père d'un enfant autiste, il veut ouvrir un centre d'accueil spécialisé près de Grenoble ©France Télévisions

Hicham Kebdou, père d'un adolescent porteur d’autisme sévère, se bat pour ouvrir un accueil de jour dédié à ce handicap près de Grenoble, en Isère. Il a fait l'acquisition d'une école à l'abandon qu'il faut désormais réhabiliter et remettre aux normes.

C'est l'histoire d’un combat, celui de Hicham Kebdou. Père d’un enfant autiste, il s’est donné pour mission d'accompagner les familles de personnes porteuses de ce handicap. Le premier pas a été franchi avec l'acquisition, il y a deux ans, d'une ancienne école de 700 m² à Saint-Martin-d'Hères (Isère) grâce aux dons perçus avec son association.

Dans les couloirs des locaux abandonnés, Hicham décrit son projet de centre d’accueil de jour pour personnes autistes. Il s'agit de proposer un accompagnement éducatif et thérapeutique dédié à ce public. Un projet qu'il a pensé pour son fils Younès, 19 ans, porteur d’autisme sévère.

Besoin de financement élevé

"Il y a un manque considérable de prise en charge. (...) Sur Grenoble, il y a environ 580 familles qui sont en attente d'une prise en charge. Pour nous, c'est une priorité. Il y a énormément de familles qu'on accompagne comme on peut en attendant d'avoir un centre", assure le fondateur de l'association Saisipa (Sentinelle vers l'autonomie et l'inclusion sociale en Isère des personnes avec autisme).

Pour que le futur centre voie le jour, un grand nombre de rénovations sont à prévoir : la création d'un salon, d'une cuisine partagée ou encore d'une bibliothèque dans des locaux adaptés aux personnes porteuses de ce handicap. Le tout en respectant des normes très strictes. Le montant estimé des travaux s'élève à 600 000 euros. Une somme que l’association, en quête de partenariats, ne pourra pas financer seule.

"Pour qu'on puisse rénover la première partie du bâtiment, cela demande un financement assez élevé. L'architecte est là pour nous faire différents plans et à partir de là, on pourra relancer une campagne pour que tout le monde puisse nous aider", explique Hicham Kebdou. L'accueil de jour comprendrait également une équipe de spécialistes avec un neuropsychologue, un psychomotricien ou encore un orthophoniste.

Donner "un second souffle" aux familles

Mais sans agrément, aucune subvention publique ne sera possible. Il faudra d’abord convaincre l'Agence régionale de santé (ARS) du sérieux du projet avant de le concrétiser. Pour Hicham Kebdou, cette structure répond à un réel besoin des familles. "On veut que ces parents puissent respirer, vivre une vie comme n'importe quelle autre famille. Ça serait le plus beau cadeau qu'on puisse leur offrir", sourit-il.

"L’avantage de cet accueil de jour, ce projet qui nous tient à cœur, c’est de pouvoir répondre aux attentes des familles par ce que j’appelle le répit, c'est-à-dire que l’enfant sera pris en charge, les parents auront des moments à eux pour échanger, ajoute-t-il. C’est ce qu’on appelle avoir un second souffle, se reposer sur une structure."

Son souffle à lui, Hicham le puise auprès de son fils. "C'est lui qui nous donne de la force avec mon épouse, parce que cela demande beaucoup d'efforts, dit-il en serrant Younès dans ses bras. Il nous apprend aussi qui on est. On arrive à se projeter et à dépasser nos limites. S'il n'était pas là, je ne sais pas ce que je serais. C'est très compliqué pour nous au quotidien, mais il nous apporte énormément." En attendant le début des travaux, Hicham Kebdou organise cette semaine avec son association une série de conférences dédiées à l’autisme.

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