Isère : deux surveillants du centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier déposent plainte après avoir été agressés par un détenu

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Deux surveillants de la prison de Saint-Quentin-Fallavier ont été agressés par un détenu qui refusait de regagner sa cellule, ce mardi 7 juin. Une plainte a été déposée, selon le syndicat Ufap-Unsa Justice.

Peu avant 10 heures du matin, deux surveillants du centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) ont été agressés par un détenu ce mardi 7 juin. Ce dernier a refusé de réintégrer sa cellule après avoir été placé en isolement pour des motifs disciplinaires. 

Un détenu "particulièrement déterminé" et dont "l'agressivité était notoire", selon les mots d'Alain Chevallier, secrétaire général de l'Ufap-Unsa Justice à Saint-Quentin-Fallavier. L'homme a chargé un agent pénitentiaire, avant de lui fournir un violent coup d'épaule au torse. Il a ensuite administré un coup de pied à une surveillante. Celle-ci est ensuite tombée au sol et s'est blessée durant la chute. 

Après l'intervention de renforts, le détenu a finalement été placé en cellule disciplinaire. D'après le syndicat Ufap-Unsa Justice, les deux surveillants ont déposé plainte auprès de la gendarmerie.

Une "banalisation" de la violence

"Ici, il y a des agressions toutes les semaines", reprend Alain Chevallier. Cependant, les dépôts de plainte sont loin d'être systématiques. "Les menaces de mort, les insultes, les agressions sont devenues le quotidien des agents depuis quelque temps, précise-t-il. Alors, ils préfèrent ne pas porter plainte pour ne pas avoir à passer des heures à s'expliquer. Ils ne prennent même plus la peine de consulter le médecin." 

Le secrétaire général de l'Ufap-Unsa Justice à Saint-Quentin-Fallavier parle même d'une "banalisation" de ce genre d'événements depuis au moins trois ans. Il évoque la dégradation des conditions de travail des agents, constamment en sous-effectif : "Sur 135 surveillants, il y en a une vingtaine qui sont en arrêt-maladie en permanence". 

Dans de telles conditions, difficile de recruter de façon pérenne. "Une fois qu'ils ont vu l'envers du décor, les jeunes n'ont qu'une envie, c'est de se barrer". Alain Chevallier décrit un "climat super tendu" et une "hausse de la violence", dans un centre pénitentiaire où 530 détenus se partagent 392 places.  

Toujours en attente des résultats de l'examen médical des deux surveillants, le syndicat Ufap-Unsa Justice réclame une sanction exemplaire et un transfert du détenu. Contactée, la direction du centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier n'a pas souhaité s'exprimer.