Isère : un couple d'éleveurs se fait voler ses bébés cochons, "les petits ne pouvaient pas survivre sans leur mère"

La tristesse les habite encore. C'est la première fois qu'on leur vole ainsi des nouveaux-nés d'une semaine à peine. Trois d'entre eux ont été retrouvés. Un seul a survécu. L'histoire d'Alexandra et de Raphaël a ému, une cagnotte est en ligne pour qu'ils puissent sécuriser leurs animaux.

Les cinq petits porcelets n'avaient qu'une semaine. C'était la deuxième fois que les truies de la ferme mettaient bas
Les cinq petits porcelets n'avaient qu'une semaine. C'était la deuxième fois que les truies de la ferme mettaient bas © Ferme Piery

"C'est plus que de la malveillance, c'est de la maltraitance, les petits ne pouvaient pas survivre sans leur mère, comment peut-on voler de si  jeunes animaux ? C'est incompréhensible! Il ne faut pas avoir de conscience !" Trois jours après les événements survenus entre le 2 et 3 avril derniers, la tristesse et la rage ont du mal à quitter le fond de leur coeur.

Difficile d'oublier l'image d'une partie de la portée retrouvée morte, abandonnée, sur une route de Renage à 30 kms de leur exploitation. "On les a peut-être abandonnés là parce que l'on a aussitôt sur Facebook samedi donné leur signalement et appelé à l'aide ceux qui pouvaient les reconnaître", suppose Alexandra.

Ce sont deux amis qui les ont reconnus et retrouvés près d'une papeterie désaffectée : "mon fils, avec un de ses amis, ont découvert sur un chemin à Renage, vers l'ancienne SPA, deux petits cochons morts et un troisième encore vivant blotti contre ses frères. Quand je suis arrivé le petit était bien froid, on l'a réchauffé et mis au chaud", raconte le père de l'un d'eux.

L'un des trois petits cochons a pu être sauvé et a été mis au chaud le temps que le couple le récupère
L'un des trois petits cochons a pu être sauvé et a été mis au chaud le temps que le couple le récupère © FB Cyril Caillat

Deux porcelets manquent toujours à l'appel. Le petit rescapé a retrouvé sa mère : "nous l'appellerons ainsi d'ailleursRescapé(e)", souligne Alexandra. Elle explique combien les retrouvailles ont été aussi compliquées à gérer : "les mères truies, qui sont très protectrices avec leurs petits-on ne s'imagine pas toujours à quel point- étaient devenues agressives, et l'on pense qu'elles-mêmes ont sans doute subi des violences, en tout cas une agression, lors du vol...on arrivait pas à rentrer dans les boxes, et on ne savait pas si elle n'allait pas rejeter le petit retrouvé car l'odeur est importante, et là non plus on ne sait ce qui lui est arrivé, s'il a été maltraité, s'il a eu à manger. Mais ce matin, les choses ont l'air de rentrer dans l'ordre, ils se sont retrouvés".

La mère a retrouvé l'un de ses petits
La mère a retrouvé l'un de ses petits © Ferme Piery

"Ce sont pour nous des années d'efforts, de soins, de travail "

Le couple a porté plainte et la gendarmerie de la Côte-Saint-André a ouvert une enquête. Les indices sont maigres, pour l'instant. Alexandra et Raphaël Piery, qui élèvent aussi des bovins, ont installé leur point de vente directe à la ferme et de fabrication à Penol, mais leur élevage se trouve au Mottier.

Ils n'ont rien pu entendre de ce qui se passait ce jour-là, à ce moment-là, d'autant que si "l'entrée est fermée à clé la nuit, on laisse à l'arrière aux bêtes un enclos, dont elles peuvent profiter".

Raphaël a du mal à contenir sa rage, face "à ce qui n'est que de la cruauté imbécile et lâche. Nous, nos bêtes, on prend soin d'elles, elles ont de l'espace, des litières d'herbe et de foin, du grand air et de la place". Alexandra ajoute : "c'est d'autant plus désespérant que c'était la deuxième fois seulement que nous avions nos propres portées, pour assurer nous-mêmes le suivi de notre cheptel. On nous a déjà volés une ou deux bêtes, cela arrive, mais jamais des petits".

 

Une cagnotte solidaire pour les frais de sécurisation des bêtes dans la ferme

Le quotidien a repris à la Ferme Piery... dans le contexte du troisième confinement qui complique encore les choses. Le couple n'a guère d'autre alternative que de réfléchir à "sécuriser" leurs bêtes et leur exploitation.

Des frais qu'ils étaient loin d'avoir envisagés. Il va falloir clôturer sur toute la longueur, au moins trois longs pans d'accès, renforcer ou installer des portails, et puis surtout mettre en place des caméras de vidéo-surveillance, à l'intérieur, comme à l'extérieur, "pour éviter les intrusions, et surveiller les animaux", un dispositif qui devrait coûter au bas mot, plus de 5000 euros.

"L'avantage, c'est qu'on pourra plus facilement veiller les bêtes qui sont sur le point de mettre bas", conclut Alexandra, avec un sourire dans la voix et qui sur la page Facebook de la Ferme a remercié chaleureusement "tous ceux qui les ont soutenus et les soutiennent encore".

Un élan de solidarité s'est créé pour lancer une cagnotte solidaire en ligne sur Leetchi : " Nous créons cette cagnotte", écrit son initiatrice, non dans le but de remplacer les porcelets volés car malheureusement la bêtise humaine est difficilement réparable... mais plutôt pour les aider financièrement à renforcer la sécurité de leur porcherie pour ne plus subir de tels actes. Ces personnes qui aiment leur métier et qui mettent tout leur cœur pour satisfaire au mieux leurs clients ne méritent pas d’être volés ! 

Publiée par Ferme PIERY Raphael & Alexandra sur Lundi 5 avril 2021

 

Vous pouvez leur apporter votre soutieICI, sur le site Leetchi.

 

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