Sur la route du Tour de France, en camping-car, entre Bourg d'Oisans et l'Alpe d'Huez

Quand le Le Tour de France arrive à Bourg-d'Oisans, la commune passe de 3000 à 10 000 habitants... et devient la capitale incontestée du camping car. Problème : elle ne dispose que d 'une seule aire de service pour vidanger les eaux sales des camping caristes et le périple peut virer à la galère

© France 3 Alpes
A quelques heures du passage des coureurs du Tour de France, Bourg-d'Oisans est envahi par les camping-cars. Pas une seule aire de chaînage n'a échappé à leur assaut. Parkings, bords de routes, chaque espace est investi.

Les campings affichent complet depuis des mois, et les plus avisés se sont installés dans les virages de l'Alpe depuis au moins 15 jours.
 
C'est la trentième fois en 66 ans que le Tour passe par Bourg-d'Oisans. La situation n'est pas inédite mais le voyage n'est pas un long fleuve tranquille, surtout à l'arrivée, quand les amateurs de vélos découvrent qu'il n'existe qu'une seule station pour pouvoir vidanger leurs eaux usées.

Près d'un million de personnes sont attendues demain jeudi 19 juillet sur le parcours entre Bourg d'Oisans et l'Alpe...
 











 
Tour de France 1952, la "première" de l'Alpe d'Huez
Le Tour revient jeudi pour la 30e fois à l'Alpe d'Huez, 66 ans après la "première" gagnée par Fausto Coppi, loin de l'ébullition qui entoure désormais cette arrivée emblématique. 

 L'histoire, et tant pis pour la légende, rappelle que la première arrivée fut moyennement concluante. A l'exemple des difficultés liées à son lancement, rappelle Fred Tane, l'historien de la station. 

 Le mérite de l'avoir imaginée en revient à un artisan de Bourg d'Oisans, Jean Barbaglia. A force de voir la route aux 21 virages serpenter dans la montagne, il se persuade que l'ascension se prête à une course de vélo et convainc deux amis hôteliers de l'Alpe d'Huez. L'un des deux, Georges Rajon, contacte l'organisation du Tour pour une arrivée au sommet, la première dans l'histoire de la course créée près d'un demi-siècle plus tôt. 

 "Pour réussir l'opération, Georges Rajon avait demandé aux hôteliers de la station de mettre la main à la poche", raconte Fred Tane. Pour une somme qui équivaut à 46.083 euros actuels. 

  L'éclatante démonstration de Coppi, le futur vainqueur cette année-là, éclipse aujourd'hui l'étape qui fut jugée décevante. Il faudra d'ailleurs attendre 24 ans pour que le Tour revienne à l'Alpe d'Huez. Presque par accident. La ville de Grenoble, qui devait être ville-étape, s'était décommandée et la station reçut une étape fondatrice. 

  La victoire de Joop Zoetemelk, le premier des huit succès d'un coureur des Pays-Bas, allait faire connaître l'Alpe d'Huez dans tout le pays d'Orange et transformer l'ascension en "montagne des Néerlandais". 

  Georges Rajon, encore lui, était alors aux commandes des opérations sportives de la station. C'est lui qui, inspiré par ce qu'il avait vu dans un col de Slovénie, eut l'idée de numéroter les 21 virages par des panneaux mentionnant diverses informations (altitude, pente, etc). 

  Chaque vainqueur de l'étape de l'Alpe a son nom inscrit sur un panneau. Sauf Lance Armstrong, tombé dans les oubliettes de l'histoire du cyclisme. 
 
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