Pour ses 90 ans, le Grenoblois Georges Burggraf relève un nouveau défi sportif en gravissant l'Alpe d'Huez à vélo

Georges Burggraf a gravi l'Alpe d'Huez à 90 ans jeudi 10 octobre. / © Aurore Dupont - France 3 Alpes
Georges Burggraf a gravi l'Alpe d'Huez à 90 ans jeudi 10 octobre. / © Aurore Dupont - France 3 Alpes

Une vie d'exploits. Une vie de records. Une vie passée à repousser les limites du corps. C’est la vie de Georges Burggraf. A 90 ans, le Grenoblois s’est offert l’ascension des 21 lacets mythiques de l’Alpe d’Huez ce jeudi.

Par Cécile Mathy avec Aurore Dupont

"Impérial, extraordinaire, impressionnant" : les superlatifs fusent pour saluer la performance de Georges Burggraf à l’arrivée à l’Alpe d’Huez. Le cycliste a choisi de gravir la Mecque du vélo pour fêter ses 90 ans ce jeudi 10 octobre, six mois après son anniversaire. "J’ai jamais douté mais je suis content d’avoir réussi. Je suis monté à mon rythme", confie-t-il à l’assemblée de ses amis du club Asta, exhibant sa machine "sans assistance électrique !".
 

 A mon âge, on ne court plus après les records


Le Grenoblois, qui "ne court plus après les records", aura mis 2h12 pour réaliser l’ascension de 14 km à 7,9% de moyenne. Georges était "tout à gauche" dans la première partie pour ne pas flancher dans les pentes à 14% qui mènent au village de la Garde. "Ensuite c’est plus roulant, on monte à 10%", explique-t-il. Tous les cyclistes amateurs qui se sont un jour attaqué à un col apprécieront...

Aurélien Barbe, 33 ans, est l’un d’entre eux. Il a doublé le nonagénaire sur la route et ne cache pas son admiration : "c’est vraiment chouette d’arriver en haut à cet âge-là. Il faut bien se connaître soi-même, se dépasser, avoir l’expérience de la vie, tout ça, je pense qu’il a dû en user, pour arriver en haut de ce col parce que vraiment c’est chouette. C’est beau".
 

Mais Georges Burggraf est loin d’être un retraité comme les autres. Le papy - qui n’en a pas l’air - a roulé près de 3.000 kilomètres cette saison pour se mettre en jambes. Col de Portes, col du Murier, entre autres, ont émaillé sa préparation. Le Grenoblois n’a rien laissé au hasard car il est loin d’en être à son coup d’essai. "Quand on le connait, on s’attend à ce qu’il fasse des choses comme ça. C’est quelqu’un qui a toujours fait des trucs impossibles", commente Josiane Brun, une amie, au terme de son ascension du jour.
 
Le grenoblois Georges Burggraf dans les lacets de l'Alpe d'Huez / © Aurore Dupont - France 3 Alpes
Le grenoblois Georges Burggraf dans les lacets de l'Alpe d'Huez / © Aurore Dupont - France 3 Alpes
 
 

Une vie de touche-à-tout


Et si le vélo est devenu sa monture de prédilection, ce fils d’un marchand de cycles a longtemps chevauché des grosses cylindrées. Dès 1947, il inscrit son nom au palmarès du championnat du monde d’endurance : troisième du Bol d’Or en 100 cc, puis 68 victoires sur deux roues jusqu’en 1956. Il sera ensuite pilote de Formule 1 chez A. Gordini et pilote officiel de rallye chez Porsche.

A près de 40 ans, il devient moniteur de ski et se met au bobsleigh. Et comme il ne fait rien à moitié, il sera sélectionné pour les Jeux Olympiques d’hiver à Grenoble en 1968. Dans les années 1970, il délaisse la montagne pour se consacrer à la mer et devenir plongeur professionnel. Bref, à l'âge de la retraite, Georges Burggraf a tout fait.
 
Portrait de Georges Burggraf en 1997
Retour sur la carrière sportive exceptionnelle du Grenoblois Georges Burggraf. Un reportage de 1997 - France 3 Alpes

Mais pas question d'en rester là et de raccrocher la bécane. Au contraire. Il se lance de nouveaux défis. Il fête ses 60 ans en traversant l’arche du pont des Sablons sur une moto trial. En 1995, il devient recordman du monde des 100 km en départ arrêté. Il a alors 66 ans.

Ce jeudi 10 octobre, il s'attaquait à l'Alpe d'Huez pour la troisième fois. "Je suis très content. Je crois que tous mes défis m’ont apporté de la satisfaction. Celui-là particulièrement parce que je pense que c’est le dernier".

Difficile de le croire, au vu de son palmarès. "On ne sait jamais de quoi demain sera fait", conclut celui que tout le monde surnomme "Jo". De quoi rêver à un nouveau challenge... pour ses 95 ans.
 

 

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