“Silence, on lit” : un collège de Pontcharra (Isère) instaure un quart d'heure de lecture quotidien pour ses élèves

Un collège de Pontcharra impose un quart d'heure de lecture quotidien à ses élèves. / © Y.G. / France 3 Alpes
Un collège de Pontcharra impose un quart d'heure de lecture quotidien à ses élèves. / © Y.G. / France 3 Alpes

Chaque jour, élèves et enseignants d'un collège de Pontcharra interrompent leurs activités pour un quart d'heure de "lecture plaisir". L'objectif : faire de l'apprentissage de la langue une priorité.

Par M.D. avec Gilles Ragris

Au collège Marcel Chêne de Pontcharra (Isère), il y a la vie normale, entre le foot de midi, le chahut dans le hall et les leçons de français. Et puis, soudain, à 14h22 pile chaque jour, tout s'arrête. Tout le monde s'empare d'un livre et c'est parti pour 15 minutes de lecture obligatoire.

Les cours s'interrompent en plein milieu, élèves, enseignants et même monsieur le proviseur se prêtent au jeu. L'expérience a débuté en 2019 comme dans de nombreux établissements. Mais ici, elle est étendue désormais à tous les jours de cours pour "faire de la maîtrise de la langue une priorité", explique l'établissement.

"L'objectif c'est que ça soit vraiment de la lecture plaisir, l'opposé des lectures imposées en classe, donc qu'ils puissent lire des mangas, des magazines, des BD, des livres documentaires, des fictions... Ils ont vraiment le choix à partir du moment où ils lisent et que c'est pour leur plaisir", assure Estelle Bonnin, professeure documentaliste au collège Marcel Chêne.

 

"Maintenant, je lis tous les soirs"


Et les élèves semblent y prendre plaisir. "Avant je ne lisais pas beaucoup voire pas du tout, et quand on a commencé à faire ça, j'ai commencé à lire de plus en plus. Maintenant, je lis tous les soirs", témoigne Juliette, élève de 6ème. "Quand on lit un livre, les mots on peut les retenir donc on pourra les réécrire quand on fait une dictée par exemple, ou dans la vie de tous les jours", ajoute Lilie, une autre élève du collège.

Pour l'établissement, ce dispositif est un "moyen de lutter contre l’illettrisme, l’exclusion, le repli identitaire et la violence". Silence complet donc, sauf au CDI où la lecture est faite à haute voix pour les enfants qui ont besoin d'aide.

Alors, que du positif, vraiment, quel que soit le livre ? "Si c'est un livre qu'on aime bien, ça va nous permettre d'oublier un peu le collège, le travail et tout. Mais si c'est un livre qu'on aime moins, c'est un peu du travail en plus mais c'est bien quand même", nuance Elie, élève de 3ème. Une fois le quart d'heure de lecture passé, tout le monde lâche son bouquin, les discussions se font de nouveau entendre et la vie reprend doucement son cours.
 
Isère : un collège de Pontcharra instaure un quart d'heure de lecture quotidien pour ses élèves

 

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