VIDÉO. "On travaille au péril de notre vie, mais ce n'est pas le Far West" : découvrez le métier de pisteur artificier

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À l’approche de la saison hivernale, les domaines skiables commencent à se préparer à recevoir les premiers skieurs. Pour les accueillir en toute sécurité, les futurs pisteurs artificiers sont actuellement formés aux Deux-Alpes, en Isère. Des personnes indispensables pour ouvrir les pistes. ©Joane Meriot / FTV

À l’approche de la saison hivernale dans les Alpes, les domaines skiables commencent à se préparer à recevoir les premiers skieurs en montagne. Pour les accueillir en toute sécurité, les futurs pisteurs artificiers sont actuellement formés aux Deux-Alpes, en Isère. Des personnes indispensables pour ouvrir et sécuriser les pistes.

Quand on est pisteur, "on est rustique", décrit Olivier Sepret, formateur pisteur artificier. Faire ce métier, c'est travailler dans des conditions souvent extrêmes. Ce jour-là, les futurs artificiers se forment en situation réelle, aux Deux-Alpes, à 2600 mètres d’altitude, sous -5 degrés et avec des rafales de vent allant jusqu’à 90km/h.

L’hiver, les pisteurs artificiers déclenchent les avalanches pour sécuriser les pistes avant l’ouverture des domaines skiables. À quelques semaines de l'arrivée des premiers skieurs, de nouveaux apprentis sont en formation. "Ils apprennent la base, ce qu’est l’explosif, comment ils fonctionnent. Ils apprennent un volet nivologie, la procédure de cheminement et le déclenchement d’avalanches", explique Stéphane Bornet, directeur de l'ANENA (Association nationale étude neige et avalanches), l’organisme qui forme les prochains artificiers.

"C'est une formation qui permet d’ouvrir les domaines skiables à la clientèle"

Stéphane Bornet - directeur de l'ANENA (Association Nationale Etude Neige et Avalanches)

Par ailleurs, le directeur rappelle qu’ils servent à la sécurisation des pistes, des remontées et des chemins d’accès. En somme, "c'est une formation qui permet d’ouvrir les domaines skiables à la clientèle, de façon à ce que les gens puissent évoluer en sécurité", rappelant que le hors-piste, lui, n’est jamais sécurisé, il "reste un milieu vierge et sauvage".

L’objectif de l’exercice pratique du jour pour les futurs pisteurs artificiers : apprendre à poser un explosif, en toute sécurité. Olivier Sepret met en garde ses stagiaires. "On travaille au péril de notre vie comme tous les métiers de secours en montagne et de sécurisation. Mais ce n'est pas le Far West, ça se fait avec des règles. On respecte des protocoles. On est dans la conformité." Mais il admet : "Les avalanches, on ne cherche pas à les éviter, on cherche à les trouver."

Les stagiaires doivent déjà avoir une solide expérience de la montagne et du métier de pisteur secouriste. Seuls ceux qui ont au minimum deux ans dans le métier peuvent poursuivre cette spécialisation. Pour Silvia Palkova, qui travaille dans la station d’Aussois, en Savoie, venir se spécialiser dans ce domaine "est une continuité dans la vie" du métier. C’est la "variété" de celui-ci qui lui plait.

Un métier dans des conditions extrêmes

Une autre qualité est requise pour devenir pisteur artificier, précise Michel Peytthieu, l'un des formateurs : "Il faut rester calme quelles que soient les circonstances". Les conditions de déclenchement se font en grande majorité quand il neige ou quand il vient de neiger. "Les 3/4 du temps, il n’y a pas ni ciel bleu ni soleil. C’est vraiment dans des conditions de vent, de neige fraiche. Ce sont des conditions assez difficiles, mais courantes en montagne."

La spécialisation des pisteurs secouristes au métier d'artificier dure dix jours. Elle se divise en deux parties : la pratique et la théorie. À l’issue de ces deux semaines, les élèves passent un examen. Plus tard, ils devront se soumettre à un recyclage afin d’assurer les acquis.

Chaque année, ils sont plus d’une centaine à sortir diplômés de la formation. Ils sont au total 2000 pisteurs artificiers à exercer en France.

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