Italie : des militants anti-pass sanitaire s'en prennent à un bus français

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Écrit par Fabrice Liégard
Des militants anti-pass sont soupçonnés d'avoir immobilisé un bus pendant plusieurs dizaines de minutes à la frontière entre l'Italie et la France.
Des militants anti-pass sont soupçonnés d'avoir immobilisé un bus pendant plusieurs dizaines de minutes à la frontière entre l'Italie et la France. © Capture d'écran / La Stampa

La police soupçonne un groupe de militants anti-pass d'avoir immobilisé un bus et pris à partie son chauffeur à la frontière entre l'Italie et la France ce samedi. Il s'agit de la deuxième action de ce type en quelques jours.

Une dizaine de minutes de peur pour les passagers du bus Briançon-Oulx. Samedi 4 décembre, un commando masqué a immobilisé le véhicule qui effectuait la liaison entre les Hautes-Alpes et le Piémont. Les assaillants, issus du mouvement anti-pass sanitaire italien, s'en sont pris au chauffeur avant de taguer sur la carrosserie du véhicule : "Flic bus no Green pass", l'équivalent du pass sanitaire en Italie.

"Ca a été un quart d’heure de peur. On s’est senti séquestrés", a déclaré un passager auprès du quotidien La Stampa. Les faits se sont déroulés à la frontière italienne, provoquant la stupéfaction des passagers face à cette nouvelle opération "coup de poing" des milieux anti-pass italiens.

L'action revendiquée par les anarchistes italiens

C'est sur le petit kilomètre de route qui sépare la dernière station de ski française, Montgenèvre, de la première italienne, Claviere (Piémont), que le petit groupe d’activistes avait choisi d’opérer, le visage masqué. D’où la surprise des passagers et du chauffeur, rapidement immobilisé par un membre du commando. Pendant ce temps, un de ses complices taguait quelques mots sur le véhicule à la bombe de peinture noire, couleur des groupes anarchistes bien connus des forces de police françaises et italiennes.

Deuxième coup de main en une semaine

Deux jours plus tôt, une attaque similaire s’était produite en gare de Meana, plus bas dans la vallée de Suse. Là, c’est le même type de commando, capuches et masques sur le visage, qui a envahi la voie, étendu des chaînes sur les rails, fumigènes à la main, et déroulé une banderole. Là encore en opposition au pass sanitaire, document obligatoire depuis mardi en Italie pour prendre le train.

Le conducteur les a vus de loin et a eu le temps de freiner. Mais les passagers, presque tous des travailleurs pendulaires, sont restés bloqués en pleine campagne pendant une heure et demie.

"No border", "No Vax", "No pass" : même combat ?

Alors, que se passe-t-il à la frontière italienne ? La gendarmerie de Briançon, qui aurait saisi les vidéos de surveillance de l’autobus et celles des caméras situées sur le parcours du bus, a ouvert une enquête. La piste des anarchistes semblait, dès ce week-end, ne faire guère de doute étant donné la présence d’un noyau dur d’activistes sur ce point de passage vers la France, très emprunté par les migrants. Les "no border" manifestent régulièrement contre "l’occupation militaire de la frontière" par la police française qui repousse les candidats au passage en France.

Justement, samedi, il semble qu’une manifestation était en cours lors du passage du bus français. Tout un symbole pour les manifestants qui accusent régulièrement les chauffeurs de la compagnie de bus Resalp de "collaborer ouvertement avec les gardes-frontières".

Aujourd’hui, sur leurs sites, différents groupes anarchistes rendent compte du "coup de main". Ils expliquent que le chauffeur a tenté de forcer le passage devant le groupe de manifestants, justifiant du même coup une opération "commando" pas complètement préméditée.

Ces derniers faits laissent à penser qu’une sorte de synthèse pourrait être en train de s’opérer entre les "no vaccins, no vax" des grandes villes et les anarchistes "no border" des frontières alpines. En attendant d’en savoir plus, la compagnie de bus a suspendu son service de navette entre Briançon et la gare TGV de Oulx pour "motif de sécurité".

Elle transportait environ 200 passagers chaque jour entre France et Italie et, ironie du sort, avait déjà été contrainte de limiter fortement son service en raison du manque de chauffeurs munis de pass sanitaire.

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