Italie : l’école tout l’été, pour compenser les fermetures à répétitions et l’enseignement à distance défaillant

C’est peut-être d’une révolution scolaire dont va finir par accoucher le conflit qui oppose les familles et les enseignants italiens au gouvernement : l’école jusqu’en août !

Samedi dernier, Piazza Castello a Turin, la ènieme manifestation des enseignants et parents pour réclamer l'ouverture des écoles
Samedi dernier, Piazza Castello a Turin, la ènieme manifestation des enseignants et parents pour réclamer l'ouverture des écoles © lastampa.it

Du jamais vu au pays des vacances d’été à rallonge : l’école en juillet et août. Impensable avant la pandémie de Covid-19, la mesure est dans les cartons du nouveau ministre de l’éducation italien.

A Rome, Patrizio Bianchi ne prend pas même la peine de le nier. « Il s’agirait de créer une sorte de pont d’activités scolaires entre l’année scolaire passée et la prochaine », a expliqué le ministre qui a promis un catalogue de mesures précises en ce sens pour l’après Pâques.

Ecoles ouvertes jusqu’à fin juillet… et si possible, une bonne partie du mois d’août.

Mais déjà, certaines pages du catalogue ont évidemment fuité dans la presse.

En ce qui concerne la date officielle de la fin des cours, l’année scolaire 2020/2021 se terminerait ainsi, comme d’habitude vers la mi-juin, selon les régions. Ce qui n’empêcherait pas les établissements de rester ouverts jusqu’en août, pour permettre de mettre en place des ateliers, des laboratoires destinés à récupérer la socialisation perdues pendant les longs mois de fermeture en enseignement à distance (la DAD comme disent les italiens, pour Didattica a Distanza)

 

Sport, arts et théâtre au programme de l’été

Ces ateliers devraient concerner presque tous les niveaux d’étude : des écoles primaires à l’Université. Surtout ceux dédié aux sports, aux arts et spectacle, à la photo ou à la programmation informatique.

Il devrait être possible de mélanger les classes d’âges lors de ces ateliers afin de favoriser les contacts entre élèves. Un point qui resterait au libre choix de chaque établissement scolaire.

Un temps d’été qui pourrait également servir à proposer des cours de soutien. Car contrairement à l’an dernier où la fin de l’année étant intervenue le 9 mars lors du premier confinement, le passage en classe supérieure était garanti à tous pour l’année scolaire suivante, en juin prochain, tous les écoliers et étudiants italiens ne seront pas automatiquement promus.

Ce qui semble également certain, c’est le coût zéro garanti pour cette future école estivale italienne. Une obligation pour le nouveau gouvernement qui voit, comme l’ancien, continuer les manifestations de rue dans les principales villes de la péninsule pour réclamer la réouverture des écoles, à peine rouvertes en janvier dernier avant de refermer il y a deux semaines.

En une année de confinement, le télé enseignement (DAD en italien) est devenu la "bête noire" des élèves italiens
En une année de confinement, le télé enseignement (DAD en italien) est devenu la "bête noire" des élèves italiens © lombardianotizie.online

Le comité national “Priorità Scuola” continue, en effet, de mobiliser enseignants et parents pour réclamer la réouverture des écoles et des moyens pour un système scolaire globalement à bout de souffle, incapable d’assurer un suivi digne de ce nom grâce à l’enseignement à distance.

La réussite de cette école d’été dépend d’ailleurs plus largement du soutien des parents que de celui d’enseignants pour l’instant bien frileux. Le ministre de l’éducation de mario Draghi n’envisagerait d’ailleurs pas par hasard d’associer des volontaires à des enseignants qui seraient évidemment payé à part pour leurs prestations d’été.

Patrizio Bianchi et ses secrétaires d’Etat en charge de l’instruction publique seraient en train de « racler les fonds de tiroirs » en cet avant Pâques pour trouver comment financer cette « révolution scolaire » en marche !

 

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