Loi "sécurité globale" : plus de 1 000 manifestants à Clermont-Ferrand et au Puy-en-Velay

Ils étaient plus de 800 manifestants samedi 28 novembre, selon la préfecture, à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme ; et près de 350 au Puy-en-Velay, en Haute-Loire. Tous sont venus s'opposer à la proposition de loi "sécurité globale" du gouvernement. 
Près de 350 personnes sont venues manifester dans les rues du Puy-en-Velay, en Haute-Loire, contre la proposition de loi "sécurité globale".
Près de 350 personnes sont venues manifester dans les rues du Puy-en-Velay, en Haute-Loire, contre la proposition de loi "sécurité globale". © G.Rivollier / FTV
Il s'agit de la deuxième mobilisation à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme, contre la proposition de loi sur la "sécurité globale", et elle prend de l'ampleur dans la capitale auvergnate, mais aussi au Puy-en-Velay, en Haute-Loire. Ils étaient plus de 1 000 à Clermont-Ferrand selon les syndicats, et plus de 700 selon les chiffres de la préfecture du département. Au Puy-en-Velay, selon le comptage des journalistes, ils étaient près de 350 manifestants. 
 

"Liberté d'informer : we will rec you"

Tous sont venus dénoncer la proposition de loi "sécurité globale" du gouvernement. Pour les manifestants, cette loi est liberticide. "Cette loi part du principe de protéger les policiers plutôt que la population, ce n'est pas normal, ça n'a aucun sens, les rôles sont inversés", s'indigne une manifestante à Clermont-Ferrand. À côté d'elle, une autre manifestante porte une pancarte "liberté d'informer : we will rec you", comprendre "nous vous enregistrerons". 

C'est bien le principal problème : celui de l'article 24 de cette loi. Il sanctionne d'un an de prison et de 45 000 euros d'amende la diffusion du visage ou de tout élément d'identification des membres des forces de l'ordre en opération, dans un but malveillant. 
 

"Sans préjudice du droit d’informer, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but manifeste qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification, autre que son numéro d’identification individuel, d’un agent de la police nationale, d’un militaire de la gendarmerie nationale ou d’un agent de police municipale, lorsque ces personnels agissent dans le cadre d’une opération de police".

Article 24 de la proposition de loi de "sécurité globale" 

Plus de 800 manifestants étaient présents samedi 28 novembre devant la préfecture du Puy-de-Dôme, à Clermont-Ferrand.
Plus de 800 manifestants étaient présents samedi 28 novembre devant la préfecture du Puy-de-Dôme, à Clermont-Ferrand. © C. Da Silva / FTV

 

"Elle limite le droit d'informer et le droit d'être informé"

"Nous demandons le retrait de la proposition de loi "sécurité globale". On ne veut pas que le mot sécurité remplace le mot liberté. C'est une loi liberticide. Elle limite le droit d'informer et le droit d'être informé", insiste un manifestant. 

La proposition de loi et 178 amendements ont été adoptés par l'Assemblée nationale en première lecture le 24 novembre par 388 voix pour et 104 voix contre. Elle sera examinée par le Sénat en janvier 2021. 
 

"On va vers un Etat policier si cette loi est maintenue"

Ces manifestations ont pris de l'ampleur, alors que samedi 21 novembre, ils étaient 200 à se mobiliser. Ce samedi, elles ont pris une autre dimension après la diffusion des images du producteur de musique roué de coups par des policiers."J'ai été très choquée par les images qui ont défilé sur les migrants et ce producteur qui a été tabassé, ça va trop loin sous le prétexte de la sécurité. On ne peut plus accepter ça. Il faut des solutions, mais celles proposées par Darmanin ne me conviennent pas", réagit une manifestante. 
 
Bouleversés, choqués, les manifestants s'indignent contre ces événements. Les images des migrants expulsés par les forces de l'ordre aussi étaient dans les esprits. "L'article 24, c'est le droit des journalistes, c'est le droit de la presse, c'est la vision des gens sur ce qui se passe et sur la police. Si on supprime ce seul droit-là, il n'y aura plus de possibilités de faire sanctionner les dérives policières. C'est déjà compliqué, là si on n'a plus moyen de preuve, si les gens ne peuvent plus utiliser le seul droit qui leur reste qui est le droit de filmer, c'est l'impunité totale, et ce sont les libertés publiques qui sont fondamentalement en jeu. On va vers un Etat policier si cette loi est maintenue", détaille l'avocat Jean-Louis Borie. 

Quelques heures, auparavant, de nouvelles vidéos ont été révélées par le média Loopsider. Une vidéo montrant cette fois le producteur de musique qui se fait rouer de coups à l'extérieur du studio de musique parisien. 
 
De nouvelles manifestations sont prévues samedi 5 décembre à Clermont-Ferrand, place de Jaude. 
 
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