Saint-Martin-la-Plaine (Loire) : Les lionceaux secourus bientôt en Afrique du Sud

Les lionceaux ont grandi. Ils pèsent désormais 60 kilos / © DR
Les lionceaux ont grandi. Ils pèsent désormais 60 kilos / © DR

Les quatre lionceaux qui avaient été secourus à l’automne 2018 ont grandi. A presque un an, après des soins à Tonga Terre d’accueil, dans la Loire, ils vont s’envoler jeudi pour l’Afrique du sud. Et rejoindre une réserve gérée par une association britannique.

Par Daniel Pajonk

L’affaire avait ému. Dans l’intervalle d’un mois, il y a un an, entre octobre et novembre 2018, quatre petits lions de quelques mois à peine avaient été retrouvés par les  service enquête de la fondation 30 millions d’amis.
Atterris dans la mini-réserve ligérienne de Tonga Terre d’Accueil, à Saint-Martin-la-Plaine (Loire), les bébés lions avaient été remis sur pieds. Et il y avait du travail. ! Les lionceaux étaient arrivés en mauvais état : une santé plus que fébrile, des membres abimés voire amputés pour l’un d’entre-deux, sans compter l'estomac plus que creux.
Durant l’année écoulée dans le centre de soins, nos quatre bébés ont appris à manger, à nouer une relation sociale, à grandir. Ils avaient été retirés à leurs mères avant la fin du sevrage. 
 
Les quatre lionceaux, désormais des ados, vont être dirigés vers une réserve de 3 hectares / © DR
Les quatre lionceaux, désormais des ados, vont être dirigés vers une réserve de 3 hectares / © DR

Vers une vie sud-africaine

Aujourd’hui, ce sont de vrais jeunes hommes et femmes qui vivent leur dernière journée dans le centre d’accueil. « En moyenne, ils pèsent une soixantaine de kilos et sont prêts pour vivre leur vie de lions », observe Arnauld Lhomme, le responsable des enquêtes de la Fondation 30 millions d’amis.
Jeudi, Dadou, Horus, Cervei et Shaujaa décolleront pour Johannesburg puis Elizabeth où les attend l’équipe d’une réserve battant pavillon britannique. C’est sous l’égide de Born Free, la fondation privée, que les quatre compères vont désormais passer le reste de leur vie, dans un parc de 3 hectares. Là, ils feront la connaissance de quatre autres lions retrouvés en France il y a une dizaine d’années. Rugissements de joie assurés.
« Ils resteront dépendants de l’homme mais pourront avoir une vie qui convient davantage à leurs modes de vie », souligne Arnault Lhomme. « Malheureusement, ils ne pourront jamais vivre une vraie vie de félins car ils n’ont pas été élevés par leurs parents, dans la nature sauvage. »

Le site d'hénergement à saturation
 
Les quatre félins seront acheminés depuis l'aéroport de St-Exupéry, via Londres. Ils voyageront dans des cages individuelles / © DR
Les quatre félins seront acheminés depuis l'aéroport de St-Exupéry, via Londres. Ils voyageront dans des cages individuelles / © DR


En l’espace de quelques semaines, les brigades d’intervention de 30 millions d’amis avaient été saisies de plusieurs situations de jeunes lionceaux en péril. Dadou avait été récupéré à Paris dans une voiture de luxe sur les Champs-Elysées. Il était mis en location pour des clips et des selfies. Horus était retrouvé au domicile d’un habitant du Val de Marne. Cervei avait été localisé dans l’arrière salle d’un garage de mécanique auto marseillais. Il avait à peine 3 semaines.  Et enfin, Shaujaa était abandonné et déposé, tel un petit Mowgli, devant les grilles du zoo d’Amnéville, en Moselle.  

Le départ des quatre félins vers l’Afrique du sud devrait aussi permettre de désengorger le centre d’accueil. Qui arrive à saturation depuis plusieurs semaines. Actuellement, il abrite et remets sur pieds 18 grands félins, principalement des tigres et des lions, ainsi qu’un petit félin, un serval. Parallèlement, le lieu d'hébergement d’urgence continue de recevoir des primates. Deux animaliers travaillent en permanence pour Tonga Terre d’accueil. A noter qu’un quatrième bâtiment a été aménagé sur le site pour accroître les capacités de prise en charge des animaux.

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