Coronavirus & confinement : la garde à vue n'est pas un mythe, exemple dans la Loire

© France 3
© France 3

Partout en France, des personnes verbalisées ont déjà été placées en garde à vue pour "mise en danger de la vie d'autrui". Elles ne respectaient les règles de confinement. Deux cas sont relevés dans la Loire.   
 

Par FG


Un individu de 35 ans a été arrêté ce lundi 23 mars dans l'après-midi, alors qu'il se baladait dans le centre-ville du Chambon-Feugerolles. Sans attestation de déplacement dérogatoire, il s'est montré assez flou sur son motif de sortie. Il connaissait pourtant les règles puisqu'il avait déjà été contrôlé et verbalisé huit fois pour la même chose !

Cette fois, les policiers ont décidé de le placer en garde à vue pour "mise en danger de la vie d'autrui".

L'homme est bien connu de la Justice. Après une condamnation pour trafic de stupéfiants, il était en libération conditionnelle depuis 3 mois.  

Un autre individu de 19 ans a été interpellé à Saint-Chamond pour des faits similaires. Lui en était à sa 10e verbalisation !

Les deux contrevenants devaient passer en comparution immédiate ce mardi.  

Le procureur de la République de Saint-Etienne justifie sa décision: "S'agissant du délit de mise en danger d'autrui, habituellement utilisé pour la sécurité au travail ou sur la route, il est ici retenu à cause de leur persistance à refuser les règles de confinement. Ils prennent le risque de propager le virus qui peut être mortel même s'ils ne sont pas contaminés. Leur présence irrégulière sur la voie publique peut leur permettre d'attraper le virus et de le diffuser. De fait, le rappel opéré par plusieurs verbalisations antérieures sur les risques d'exposition d'autrui, la gravité de la crise sanitaire connue de tous ayant déjà causé plusieurs centaines de mort en France et plusieurs milliers dans le monde me semblent pouvoir être pris en considération par le tribunal."
 

D'autres cas

C'est en Seine-Saint-Denis et dans le Pas-de-Calais qu'ont eu lieu, jeudi dernier, les premières gardes à vue pour "mise en danger de la vie d'autrui". La plupart du temps, il s'agissait de personnes déjà verbalisées à plusieurs reprises pour non-respect des règles du confinement, et qui ne changeaient pas leur comportement.

Dans la foulée, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a estimé qu'il n'y a "pas de moindre respect dans certains endroits que dans certains autres". "Je ne veux pas qu'on commence à dire que, parce que ce sont des banlieues, avec des populations de telles ou telles origines, les gens ne respectent pas les règles."
 

Sur le même sujet

Les + Lus