Législatives 2022 - REPLAY - Hôpital public, sécurité, pouvoir d'achat : le débat sur la 1ère circonscription de la Loire

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Dissidence à gauche, cafouillage à droite, abandon dans le camp RN. Dans la 1ère circonscription de la Loire, à Saint-Etienne Nord, c'est une campagne des législatives mouvementée. Onze candidats sont en compétition pour obtenir le siège de député. Quatre d'entre eux sont sur le plateau de France 3 Rhône-Alpes pour débattre ce mercredi 8 juin 2022.

Les 12 et 19 juin, les Ligériens doivent élire leurs députés dans les six circonscriptions du département. La 1ère circonscription, dite de Saint-Etienne Nord, s'étend sur six communes. Outre le nord et l'hyper centre de Saint-Etienne, ce territoire comprend une partie de la couronne stéphanoise avec Roche-la-Molière, Saint-Genest-Lerpt, Saint-Jean-Bonnefonds et Villars. En 2017, cette circonscription, qui avait résisté à la vague Macron, était restée à gauche. Cette circonscription va-t-elle tomber dans l'escarcelle de la majorité présidentielle en 2022 ? Comment va-t-on voter dans cette circonscription urbaine où 20% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté?

Voir ou revoir le débat animé par la journaliste Claire Exbrayat, de France 3 Loire et Dominique Goubatian, journaliste à La Tribune - Le Progrès.

Les invités du débat

  • Pierrick Courbon (divers gauche)
  • Laetitia Copin (Nupes)
  • Quentin Bataillon (Renaissance )
  • Marie Simon (RN)

La candidate Alexia Ostyn (UDI/LR) a été invitée sur le plateau de France 3 mais elle n'a pas souhaité participer au débat.

Ce qu'il faut retenir du débat

  • L'hôpital public et l'accès à la santé

Le sujet de la santé et de l'accès aux soins est un des sujets majeurs sur ce territoire. C'est dans cette première circonscription de la Loire qu'est implanté l'Hôpital Nord de Saint-Etienne. Et la situation de l’hôpital fait consensus parmi les quatre candidats en plateau : l’hôpital est à bout, les soignants n'en peuvent plus, le personnel est en souffrance depuis plusieurs années et la crise sanitaire Covid a aggravé la situation. Une nouvelle mission "flash" doit être mise en place prochainement sur l'hôpital. 

Pour le candidat de la majorité présidentielle, Quentin Bataillon, "sur l'hôpital, il faut avoir beaucoup d'humilité, beaucoup d'erreurs ont été faites par les gouvernements successifs, de droite ou de gauche (...). Le Ségur a permis des investissements massifs, historiques pour l'hôpital, celui de Saint-Etienne en profite. Il permet de passer 600 CDD en CDI. Il y a eu également revalorisation des salaires. Certes il y a des oubliés, ça ne va pas assez loin, c'était un rattrapage essentiel." Pour le candidat Renaissance, il faut aller plus loin, sans "oublier les milliards investis par le Ségur". Quentin Bataillon s'engage à rouvrir le sujet de la TAA (tarification à l'activité), suppression ou modification.

Une réponse insuffisante selon les candidats présents en plateau. A commencer par Pierrick Courbon, qui souhaite "un plan Marshall pour l'hôpital". "La mission flash annoncée le président de la République, il avait fait la même en 2019". Le candidat assène le chiffre de "13 000 suppressions de lits, sous le quinquennat précédent". "On était dans une logique de rentabilité financière à l'hôpital où il fallait faire des économies, aujourd'hui l'hôpital est à bout de souffle, nos soignants sont essorés...", poursuit le candidat de gauche. La  priorité est selon lui au recrutement massif pour compenser la pénurie de 80 à 100 000 soignants. " Pour évoquer les solutions immédiates, il y a aussi la question des 15 000 soignants mis à pied pour leur opposition au pass vaccinal (...) On a des soignants qui sont disponibles et prêts à travailler à l'hôpital. Il faut arrêter de tergiverser...", explique le candidat sur cette question. Autre sujet épineux dans la 1ère circonscription selon Pierrick Courbon : la désertification médicale. "Elle concerne aussi le centre-ville de Saint-Etienne, en particulier dans les secteurs de côte-chaude, grand clos, le golf, on a un trou de 10 000 habitants. On n’a plus un médecin". Le candidat entend soutenir les centres de soins municipaux et départementaux.  

Réaction ironique de Laetitia Copin, candidate NUPES : "Quand on parle de l’hôpital on a l’impression que tout le monde est de gauche ! Clairement, il faut une rupture et non discuter des détails ! Il faut une rupture claire  (...) Il faut juste élire quelqu'un qui a envie de changer". A l'unisson, sur le plateau  : "pour faire quoi ?". "Des lits supplémentaires, des médecins recrutés par l'Etat, des lois qui obligent les médecins à aller dans les déserts médicaux. On paye 9 à 11 ans les études des futurs médecins. Ce sont des études gratuites, c'est normal qu'ils rendent quelque chose à l'Etat," énumère la candidate. "On peut parler de 100 000 lits, on parle de petites aides. Moi je ne suis pas en faveur des aides. Soit les salaires montent, soit on arrête de faire la charité !" s'indigne Laetitia Copin.

Concernant le sujet de l'hôpital, la candidate du RN, Marie Simon est sur la même longueur d'ondes que la candidate NUPES : "il faut rajouter des lits, augmenter de manière conséquente les salaires. Une enquête flash menée par le Président, ça me fait doucement rire. Il sait déjà ce qui se passe à l'hôpital. Comme disait mon voisin (Pierrick Courbon), il veut gagner du temps ! Si si on ne donne pas les moyens à l'hôpital, ça met la population en danger !" 

Evoquant la question de la réorganisation de l'hôpital, Quentin Bataillon reprend la parole pour défendre la mission flash voulue par Emmanuel Macron et ajoute : "n'oublions pas les milliards investis par le Ségur, c'est historique !"

Pour Marie Simon, la candidate RN, les efforts consentis par le gouvernement ne peuvent compenser la situation catastrophique du secteur de la santé. "Ça fait des années que j'entends les infirmières et les médecins tirer la sonnette d'alarme, et aucun gouvernement ne bouge". Quentin Bataillon réplique :" je peux difficilement être comptable de décennies d'erreurs. Aujourd'hui, la majorité renverse la tendance, investie des milliards dans les hôpitaux, veut revoir la structure de la santé sur les territoires". Pierrick Courbon réagit : "le bilan avec Emmanuel Macron, c'est 13 000 lits supprimés et le Ségur n'est pas une prise de conscience mais une réponse à la colère des soignants qui se sont sentis méprisés durant 2 ans de Covid !"  Et en guise de conclusion : "le Ségur est une réponse à la colère des soignants. C’est 183 euros de prime, ça compense tout juste l’inflation galopante que subissent l'ensemble de nos concitoyens, c’est largement insuffisant." 

  • Comment empêcher la fermeture des services publics ?

Pour Laetitia Copin, il faut "commencer par arrêter de privatiser le service public", et elle pointe du doigt la numérisation des services : "on numérise, on éloigne avec la fracture numérique". 

La solution selon la candidate RN Marie Simon passe aussi par l'arrêt de la privatisation des services publics. "Il faut aussi remettre du personnel dans les administrations et élargir les plages horaires, pas souvent compatibles avec les actifs". La candidate RN pointe aussi du doigt la fracture numérique qui touche notamment les seniors. 

Pierrick Courbon fait un constat : "le recul des services publics dans notre circonscription, c'est une réalité. On a fermé 4 bureaux de postes lors du précédent mandat sur la circonscription, et il faut aujourd'hui se battre pour éviter d'autres fermetures. Les services publics ne cessent de reculer dans nos quartiers. Il faut arrêter de les démembrer, de les démanteler et d'appliquer une logique de rentabilité financière sur ces services". 

Pour le candidat de la majorité présidentielle, Quentin Bataillon, il faut davantage de Maisons France Service et plus de personnels dans ces structures. Elles sont au nombre de 2 sur la première circonscription de la Loire. Elles sont 14 sur la Loire. "Si on a des services publics à Saint-Etienne, on a pas besoin de ces Maisons France Service, elles doivent être en périphérie. A Saint-Etienne on a juste besoin des services publics", rétorque Laetitia Copin. "Il faut une grande consultation au niveau de la circonscription pour recenser les anomalies et dysfonctionnements liés aux démarches administratives elles-mêmes, afin de les corriger à la racine," réplique Quentin Bataillon. 

  • La sécurité

Ce thème est aussi une préoccupation majeure dans la circonscription. Police de sécurité du quotidien, arrivée de policiers supplémentaires sur Saint-Etienne... Qu'en pensent les candidats ? Quentin Bataillon annonce la couleur : "on ne peut pas dire que la circonscription a été oubliée. L'engagement du ministre de l'Intérieur est clair, c'est 120 policiers supplémentaires dont 50 qui sont déjà arrivés. (...) L'objectif aujourd'hui c'est de doubler la présence des policiers. Le rôle du député c'est de veiller que cette présence soit effective partout et pour tous, notamment la nuit et dans les transports".

Des moyens humains supplémentaires, Marie Simon, candidate RN, est d'accord mais elle ajoute : "il faut plus de policiers mais il faut surtout leur donner plus de pouvoir. De là-haut, il y a l'ordre de ne pas intervenir pour ne pas créer des émeutes." 

Laetitia Copin, candidate NUPES, ne laisse pas passer : "Un ordre de là-haut? c'est qui ? Le ministère de l'Intérieur dit qu'il ne faut pas intervenir ? C'est ce que vous dîtes", et se tournant vers son voisin : "Monsieur Bataillon, faites quelque-chose ! ". Le candidat de la majorité présidentielle enchaîne et s'adresse à Marie Simon : "est-ce-que vous avez la preuve que le Ministre de l'Intérieur dit ça ?". La candidate RN : "Mais tout le monde le sait!". "Ce qui est essentiel pour nos forces de l'ordre c'est déjà de les respecter, de les accompagner", répond Quentin Bataillon.

Laetitia Copin sur la sécurité : "On est pour la police de proximité. Sortir de chez soi en sécurité, c’est juste normal. Il y a aussi la sécurité intérieure, de type violences conjugales ou intrafamiliales. Là aussi, il faut mettre les moyens et il faut de la formation."

Pierrick Courbon : "la sécurité est un sujet majeur dans la 1ère circonscription et qui revêt des réalités différentes. A Villars, on parle davantage de cambriolages et d'atteintes aux biens. Sur Saint-Etienne, on est plus sur de l'occupation anxiogène de l'espace public et du trafic de stupéfiants qui pourri la vie des gens et nuit au cadre de vie." Quelles solutions selon le candidat? "Il faut se battre pour préserver nos services de proximité et nos commissariats de proximité". Et le candidat évoque les projets de commissariat du quartier de Jacquard ou encore la construction d'une caserne gendarmerie dans le quartier du Soleil. Pour le candidat, il faut aussi "renforcer les moyens de la justice, pour qu'elle soit plus efficace et plus rapide". "Je crois aussi en la question de la réparation et notamment aux Travaux d'Intérêt Général pour les petits délits". 

  • Le pouvoir d'achat et les retraites

Face à la hausse du coût de la vie, Pierrick Courbon propose un blocage des prix de première nécessité et des hausses des salaires. "Dans la circonscription, beaucoup de nos concitoyens ne s'en sortent plus face à l'inflation galopante. On est à plus de 5%. Inédit depuis plus de 30 ans. Le gouvernement procrastine. On ne sait pas ce qu'il y aura dans la loi annoncée pour l'été". Parmi les propositions du candidat : convoquer une "grande conférence sur les salaires", et en urgence, procéder à "l'indexation des retraites sur l'inflation dans l'immédiat". Sur le blocage des produits alimentaires de première nécessité, Pierrick Courbon s'explique : "On est victime de spéculation sur un certain nombre de produits, notamment sur le blé, ce n'est pas forcément une pénurie.(...) L’année prochaine, il y aura toujours l'inflation mais il n’y aura plus d'élections, donc il n'y aura plus les chèques de M. Macron. Il faut des réponses pérennes. Ce que demandent nos concitoyens, c'est simplement de pouvoir vivre dignement de leur travail, il veulent pas l'aumône, ils veulent avoir un travail rémunérateur d'où la nécessité urgente d’augmenter les salaires".

Des propos sur les salaires auxquels souscrit la candidate RN Marie Simon. Dans la ligne de Marine Le Pen, la candidate milite aussi en faveur d'une baisse de la TVA à 5,5% "sur l'énergie, le gaz et le carburant". Elle est également favorable à une suppression de la TVA sur une centaine de produits alimentaires et d'hygiène de première nécessité. 

"Mais comment baisser la TVA sur l'essence sans quitter l'Union Européenne ?" Quentin Bataillon jette un pavé dans la mare. "Je ne sais pas", répond la candidate RN.

Sur les propos de Pierrick Courbon : "mais pourquoi il n'est pas avec nous alors qu'on pense la même chose?", s'interroge la candidate NUPES.

Sur les attaques de la politique gouvernementale en matière de lutte contre l'inflation, Quentin Bataillon répond : "Emmanuel Macron agit pour le pouvoir d’achat des Français depuis 2017. La suppression de la taxe d'habitation, qu'est ce que c'est si ce n'est du pouvoir d'achat en plus ! Le 100% santé ! (...) Le gouvernement a fait le choix des chèques, c'est pour aider les plus modestes, c'est une question de justice sociale".

Pour comprendre les enjeux 

Division à gauche et dissidence 

Cette circonscription est détenue depuis 2007 par la gauche. Pour ces législatives 2022, le député sortant PS puis Génération S, Régis Juanico ne se représente pas. Il est cependant suppléant de son ancien assistant parlementaire, Pierrick Courbon.  Ce dernier aimerait succéder à son mentor qui, après trois mandats et une promesse d'arrêter la politique, est pourtant revenu le soutenir en étant son suppléant. Pierrick Courbon non investi par la Nupes, s'est mis en congé du PS et a choisi la voie de la dissidence. Pierrick Courbon et Régis Juanico collaborent depuis 2009. 

Pierrick Courbon, adoubé par le député sortant, le duo joue aujourd'hui la carte de l'ancrage local. 

Car Pierrick Courbon est également élu départemental et municipal : élu d'opposition au conseil municipal de Saint-Etienne depuis 2014, conseil départemental sur le canton de Saint-Etienne 3 depuis 2015. 

Malgré cet ancrage local très fort, le binôme Courbon-Juanico devra affronter l'écologiste Laetitia Copin qui a obtenu l'investiture de la liste d'union de la gauche (Nupes) sur la circonscription. La candidate  fait partie d'Europe Ecologie Les Verts depuis une quinzaine d'années. Avant même les résultats de la présidentielle, elle était pressentie pour être la candidate EELV dans la 2e circonscription de la Loire. C'était avant l'union des forces de gauche. Pour le duo Courbon-Juanico, la déclinaison en région de l'accord d'appareils politiques s'est faîte "en dépit du bon sens" et des réalités locales. "Il y a une candidature qui émane du terrain, c'est la mienne," a déclaré Pierrick Courbon lors du débat. De son côté, Laetitia se défend d'être "parachutée".

La candidate investie par la coalition Nupes parviendra-t-elle à faire le poids face au tandem dissident ? Cette division à gauche peut-elle bénéficier à la majorité présidentielle ?

Majorité présidentielle : jeune mais expérimenté

Cette division à gauche ravit le jeune candidat de la majorité présidentielle,  Quentin Bataillon. Il entend conquérir sous la bannière "Ensemble ! Majorité présidentielle", la première circonscription de la Loire. Un candidat jeune mais déjà expérimenté en politique et qui ne manque pas d’ambition. Il peut espérer tirer son épingle du jeu. A 28 ans, il a été conseiller municipal de Feurs, de 2014 à 2021. Il a également été le collaborateur de Françoise Grossetête (députée européenne) conseiller du ministre de la Culture, Franck Riester ou encore secrétaire général pour le groupe Agir, à l’Assemblée nationale. Il a également conduit la liste de la majorité présidentielle dans la Loire lors des dernières élections régionales.

Après la visite de certains ministres à Saint-Etienne comme Bruno Le Maire, Quentin Bataillon a obtenu le soutien d'anciens élus stéphanois.

Droite et Centre : cafouillage et parachutage 

En accord avec Les Républicains, la circonscription de Saint-Etienne Nord était réservée à l'UDI. Mais le candidat pressenti, Gilles Artigues, ancien député de 2002 à 2007, a jeté l'éponge. Fin mai, ce dernier a également démissionner de son poste de 1er adjoint de Saint-Etienne. Il reste cependant adjoint au maire et vice-président de Saint-Etienne Métropole.

La coalition LR-UDI a finalement choisi d'investir Alexia Ostyn pour remplacer l'adjoint à la ville de Saint-Etienne qui a préféré renoncer à mener campagne. La jeune candidate, encartée depuis 5 ans à l'UDI, est inconnue du grand public. Originaire de Limoges, elle réside en région parisienne et connaît très peu le secteur. Son suppléant, Aubin Fernex-Compeyron, est un étudiant de 22 ans. Ce duo particulièrement jeune traduit la volonté du président UDI de la Loire de renouveler les effectifs.

Candidate de dernière minute dans le camp RN

La candidate Joëlle Beraud s'est désistée  après avoir été victime, selon elle, de propos désobligeants.  C'est finalement Marie Simon, 55 ans, qui a été désignée pour porter les couleurs du RN lors de cette campagne. Même si elle a adhéré au Front National dès 1992, cette course à la députation est une première pour elle. Appliquée, cette habitante de Saint-Chamond reprend les grandes lignes du programme de son parti. Elle fait campagne sur les thèmes de la sécurité, du pouvoir d'achat.

Les 11 candidats en lice dans la 1ère circonscription de la Loire : 

  • Quentin Bataillon, 28 ans, candidat majorité présidentielle, Ensemble !
  • Pierrick Courbon, 36 ans, candidat divers gauche
  • Laeticia Copin, 50 ans, candidate Nupes / EELV
  • Alexia Ostyn, 27 ans, candidate UDI/LR
  • Romain Brossard, candidat Lutte Ouvrière
  • Marie Simon, 55 ans, candidate RN
  • Samia Dussart, 47 ans, candidate Reconquête 
  • Pascale Fedinger, 64 ans, candidate PRG (parti radical de gauche)
  • Anne-Audrey Perrin-Patural, 46 ans, divers centre
  • Frédérique Colombet, 59 ans, écologiste
  • Yakup Harmanci, divers

1ère circonscription de la Loire : quelques chiffres

C'est une circonscription urbaine qui compte 114 369 habitants selon le dernier recensement de l'INSEE. En 2022, 64 077 personnes sont inscrites sur les listes électorales de la circonscription. C'est une circonscription urbaine.  En 2019, plus de 20% de la population de la circonscription avait un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté (14,5% en France métropolitaine). Le pourcentage de logements vacants s'élevait à 10,6% contre 8,2% sur le reste du territoire national.

Pour se rendre à leur travail, plus de 69 % des résidents utilisent une voiture, alors que 10,4 % se déplacent principalement à pied ou à vélo. Ces modes doux sont adoptés par 8,4 % des actifs en emploi au niveau national. Les questions de transports et de pouvoir d'achat seront donc des enjeux majeurs de ces élections sur ce territoire.

Comment a-t-on voté à la dernière présidentielle ?

Au premier tour de l'élection présidentielle, dans la première circonscription de la Loire, les électeurs se sont majoritairement prononcés en faveur de Jean-Luc Mélenchon (28,7%), le président sortant Emmanuel Macron arrivait en 2e position avec 26,1% des voix, suivi de Marine Le Pen (20,4%) et loin derrière, d'Eric Zemmour (7,3%). Le candidat des Verts n'avait pas passé la barre des 5% dans cette circonscription. Au deuxième tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron a obtenu près de 63 % des voix dans cette circonscription. 

Retour sur les législatives passées

En 2007, Régis Juanico, candidat PS, en ballottage très défavorable à l'issue du 1er tour, avec un écart de plus de 14 points, avait réussi à remporter la 1ère circonscription de la Loire en battant la candidate de l'UMP Françoise Grossetête. Il a conservé la circonscription de Saint-Etienne nord jusqu'en 2022, soit durant 3 mandats. En 2012, il s'était largement imposé devant le candidat de l'union MoDem - UMP Gilles Artigues, avec plus de 15 points d'écart au 2e tour. Le candidat de droite avait fait mieux qu'en 2007 mais pas assez pour battre le député sortant. 

En 2017, la 1ère circonscription de la Loire avait échappé de justesse à la vague macroniste. La candidate marcheuse, Magalie Viallon, en ballottage favorable à l'issue du 1er tour, avait été devancée d'une très courte tête au deuxième tour des législatives. Distancée de 23 voix seulement, elle n'était pas parvenue à transformer l'essai pour ravir la circonscription à la gauche. Parti avec plus de 4400 voix de retard, Régis Juanico avait été crédité de 50,5% des voix devant Magalie Viallon de 49,5% des voix. Le candidat socialiste, auteur d'une spectaculaire remontada, avait bénéficié d'un meilleur report de voix. Et pour l'anecdote, il avait également reçu à l'époque le soutien de Jean-Luc Mélenchon en personne. 

Retrouvez le débat aussi sur l'antenne de France 3 Loire ce mercredi 8 juin, à 17h45.

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