Mission Kerguelen pour les chercheurs de l’Université Savoie Mont-Blanc

La calotte Cook et le lac Chamonix, aux Kerguelen, où les chercheurs français effectueront leurs prélèvements / © Institut Polaire français
La calotte Cook et le lac Chamonix, aux Kerguelen, où les chercheurs français effectueront leurs prélèvements / © Institut Polaire français

Quatre scientifiques du laboratoire Edytem partent à l’autre bout de la terre, début novembre, pour reconstituer les climats du passé. Ils vont passer un mois sur les îles Kerguelen, dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises.
 

Par Cécile Mathy

Dans ce sanctuaire de la biodiversité où règnent les éléphants de mer et les manchots, les quatre chercheurs du laboratoire Environnements, Dynamiques et Territoires de Montagne (Edytem) partent explorer les relations entre les changements climatiques et l’érosion dans une zone quasiment vierge d’activité humaine. Ils espèrent ainsi comprendre les variations de grands ensembles climatiques et retracer –entre autres- l’évolution de la limite des zones polaires et subpolaires.

Un mois de prèlèvements sur lacs

Pendant un mois, ils seront seuls dans l’immensité des paysages des terres australes avec quatre scientifiques norvégiens du Bjerkness Center de Bergen. Seuls sur des barges de quelques mètres de long pour effectuer des prélèvements au fond des lacs des îles Kerguelen. Leur objectif : récupérer des sédiments couvrant 10 à 15 000 ans d’histoire climatique.

Ils vont procéder par carottage, autrement dit, ils vont enfoncer un tube en plastique à 15 mètres de fond sous trois lacs situés près de la calotte glaciaire Cook, dans le nord-ouest de Grande Terre, sur l’île principale de l’archipel. 
 

Des conditions climatiques difficiles

Pour ces hommes et ces femmes, la mission s’annonce ardue. Les températures sont relativement clémentes, avec une moyenne de 4,5 °C, mais l’archipel est particulièrement exposé aux vents catabatiques : de grosses perturbations qui descendent le long des pentes des glaciers et qui peuvent atteindre 150 à 200 km/h.

Lors d’une précédente expédition, en 2014, la barge depuis laquelle étaient effectués les carottages avait chaviré, avec à son bord, une bonne partie du matériel scientifique utile à la mission.
 
Mission edytem aux Kerguelen en 2014
En 2014, des chercheurs de l'Edytem s'étaient déjà rendus aux Kerguelen.


Cette fois, les chercheurs franco-norvégiens seront logés dans de petites cabanes de bois, réalisées grâce au soutien de l’Institut Polaire Paul-Emile Victor. Une vie spartiate les attend sur l’île. Mais dès le 8 novembre, l’aventure débutera sur l’eau. Ils devront s’adapter aux oscillations du Marion Dufresne qui les emmènera de la Réunion aux Kerguelen. Pendant quinze jours, ils navigueront dans l’Océan indien sur le navire ravitailleur des TAAF. C’est également à bord du Marion Dufresne qu’ils fêteront Noël et le Jour de l’An.
 
C'est dans ces petites cabanes de bois que les scientifiques vont séjourner / © Institut Polaire français
C'est dans ces petites cabanes de bois que les scientifiques vont séjourner / © Institut Polaire français

Une mission suivie en temps réel par des collégiens de Chambéry


Charline Giguet Covex, Fabien Arnaud, Philip Deline et Ludovic Ravanel, basés au Bourget-du-Lac, pourront compter tout au long de leur périple sur le soutien des trois classes de 5e du collège Jules Ferry de Chambéry. Les élèves leur ont d’ailleurs offert une mascotte à emmener dans leurs paquetages, lors d'une présentation de la mission.
 
Cette mascotte offerte par les collégiens de Chambéry accompagnera les chercheurs sur les îles Kerguelen / © Collège Jules Ferry - Laboratoire Edytem, Université Savoie Mont Blanc
Cette mascotte offerte par les collégiens de Chambéry accompagnera les chercheurs sur les îles Kerguelen / © Collège Jules Ferry - Laboratoire Edytem, Université Savoie Mont Blanc

Les collégiens vont ainsi se familiariser avec le monde de la recherche et visiter le laboratoire de l’Edytem.
Leur retour, début janvier, sera donc très attendu en Savoie. Les prélèvements qu'ils ramèneront dans leurs bagages seront étudiés à Chambéry.

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