Le "Mois Sans Alcool" démarre en Auvergne

Ne pas boire d'alcool pendant le mois de janvier : le "Dry January", défi venu d'Angleterre, commence en France et en Auvergne. D'abord porté puis abandonné par Santé Publique France, le projet est désormais soutenu par une trentaine d'associations, dont la Fédération Addiction.

Le défi "Dry January" arrive en France et en Auvergne.
Le défi "Dry January" arrive en France et en Auvergne. © FRED TANNEAU / AFP
Pratiqué depuis 6 ans en Angleterre, le "Dry January", ou Mois Sans Alcool, fait son arrivée en France et en Auvergne. Trente jours sans consommer de boissons alcoolisées après les fêtes de fin d'année, un défi à destination du grand public, qui se veut porteur d'un dialogue sur la place de l'alcool dans nos vies. "C'est surtout destiné aux personnes qui n'ont pas de problèmes de dépendance importants, il s'agit de s'interroger sur nos réelles envies de boire et les verres que l'on boit pour répondre à des injonctions sociales. Ce sont ces verres là que l'on souhaite réduire", explique Nathalie Latour, déléguée générale de Fédération Addiction.

Un défi pour les jeunes auvergnats

Sur le modèle des challenges véhiculés par les réseaux sociaux, ce Dry January touche majoritairement une population de moins de 34 ans, une aubaine pour la région Auvergne où la consommation d'alcool chez les jeunes dépasse la moyenne nationale, selon les chiffres de l'Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies. " Les jeunes de 17 ans de la région Auvergne-Rhône-Alpes se distinguent quasi systématiquement du reste de la France par une consommation d’alcool plus importante et des prévalences d’épisodes d’ivresse et d’alcoolisation ponctuelle importante au-dessus de la moyenne. Ainsi, ils sont 15 % à être usagers réguliers d’alcool, contre 12,2 % sur l’ensemble du territoire. De même, ils sont plus nombreux à déclarer des ivresses ou des API que sur le reste du territoire (25 % d’API répétées contre 21,8 % au niveau métropolitain)", dénombre l'OFDT dans un rapport.

Plus de 3000 participants

Pour mettre en place ce challenge, un partenariat d'une trentaine d'associations spécialisées dans les addictions s'est associé avec le Royaume-Uni pour récupérer des visuels, créer un site internet et des comptes sur les réseaux sociaux. Sur le site, il est possible de s'inscrire afin de s'entraider entre participants au challenge, mais aussi de recevoir chaque jour par mail des conseils et des encouragements pour réussir ce défi. Les inscriptions ont ouvert le 14 décembre dernier. Pour ce deuxième jour, le site compte environ 3 500 participants, un taux encourageant selon Nathalie Latour : " En Angleterre, ils étaient 4 000 au début et maintenant ils sont 4 millions, et on voit les résultats : après le défi, les participants réduisent leur consommation d'alcool."

L'Etat se désengage de la campagne

Si le projet semble porter ses fruits Outre-Manche, l'État, par le biais du Ministère de la Santé, a annulé sa participation à cette campagne, selon Nathalie Latour : " Santé publique France s'était associée à la préparation de cette campagne, ça représentait pour nous des moyens démultipliés en terme de budget, de supports, de visuels, de publicité. Puis le 20 novembre, on nous a annoncé que l'Etat se désengageait du projet." La fédération décide alors de reprendre cette campagne à son compte, avec un peu d'amertume : " C'est intolérable. Le 14 novembre, le président a rencontré des viticulteurs et a décidé que cette campagn,e n'aurait pas lieu. C'est injuste, nous sommes conscients des enjeux économiques derrière mais le but n'est pas d'interdire la vente d'alcool mais de trouver un équilibre entre plaisir et gestion des risques."
 
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