Municipales 2020 : pourquoi le RN peine-t-il à monter des listes dans les Alpes du nord ?

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse à Gavignac (Gironde). / © GEORGES GOBET / AFP
La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse à Gavignac (Gironde). / © GEORGES GOBET / AFP

Le Rassemblement national fait face à une difficulté récurrente : trouver assez de militants prêts à s'engager en vue des élections municipales. On compte une quinzaine de listes étiquetées par le parti en Isère, Savoie et Haute-Savoie.

Par France 3 Alpes

Malgré de bons scores aux élections européennes, pas si simple pour le Rassemblement national (RN) de s'implanter localement en vue des municipales. Le parti de Marine Le Pen avait rassemblé près de 20% des voix dans les départements alpins lors du dernier scrutin européen. Mais en vue des élections municipales, l'équation est plus difficile à résoudre.

Les listes RN ne sont pas légion dans les Alpes du nord avant l'appel aux urnes des 15 et 22 mars. On en compte sept en Haute-Savoie, trois en Savoie et six vont être déposées en Isère. Pourquoi un tel écart ? Pour Alexis Jolly, responsable départemental du parti en Isère et candidat à Echirolles, c'est le "maillage territorial" qui pêche.
 
Municipales 2020 : pourquoi le RN a-t-il tant de mal à monter des listes dans les Alpes du nord ?

 

Trouver des "pépites"


"Il faut bien comprendre qu'il y a une différence entre les scores qu'on peut réaliser dans les différents scrutins, notamment aux Européennes, et le fait de trouver des candidats, des personnes qui se sentent capables, qui puissent réunir une équipe, créer un projet et assumer une élection municipale qui est un travail de longue haleine", a-t-il affirmé sur le plateau de France 3 Alpes vendredi 21 février.

Le RN, qui se définit comme "le 1er parti de France" après être arrivé en têtes aux élections européennes, rassemble une part conséquente des suffrages. Mais il peine à trouver des "pépites", ces militants qui pourraient "porter les idées du Rassemblement national dans les communes", reconnaît le responsable de la fédération iséroise.

A Aix-les-Bains (Savoie), le candidat soutenu par le parti, Christian Derenty, a jeté l'éponge faute de colistières suffisantes pour boucler sa liste, ont annoncé nos confrères de France Bleu Pays de Savoie. Pour pallier ce manque de militants prêts à s'engager, le RN rassemble ses forces autour des bastions qu'il peut décrocher.

 

Priorité aux bastions


En novembre 2019, le vice-président du Rassemblement national Jordan Bardella avait tenu un meeting à Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) pour soutenir la candidate du parti, Marie Dauchy. Un terrain favorable pour le RN puisqu'il a viré en tête aux élections européennes dans cette commune, ancien bastion industriel aujourd'hui sur le déclin.
 

"Les Français connaissent nos mesures dans les villes que nous gérons depuis 2014. On a su notamment ramener la sécurité, baisser la fiscalité et faire en sorte qu'on vive mieux dans ces communes en développant les petits commerces, le soutien aux artisans", vantait Jordan Bardella. Car la marque de fabrique des candidats RN, c'est bien leur étiquette assumée.

Alors que les listes sans étiquette se multiplient avant les municipales, le parti de Marine Le Pen assume. "Nous avons des candidats qui s'affichent parce que nous sommes fiers de notre étiquette, nous la portons haut et fort", ajoute Alexis Jolly, espérant en tirer partie pour "guider certains électeurs dans les communes où il y a différentes listes de droite".

Malgré ces difficultés récurrentes à monter des listes RN, le candidat Echirollois se dit "confiant" à l'approche du scrutin, notamment dans sa commune. "Vu l'ampleur de la campagne que je mène, c'est-à-dire une campagne XXL dans tous les termes, l'objectif c'est de tirer un trait sur les 75 ans de communisme", espère-t-il pour cette commune qui n'a connu que des maires communistes depuis la seconde guerre mondiale.

 

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