Le nouveau refuge de l'Aigle se visite au Salon du Bois à Grenoble-Alpexpo jusqu'au 6 avril. Il remplacera l'ancien, construit en 1910 sur une arête à plus de 3000 mètres d'altitude, pour abriter les alpinistes sous la Meije. Le nouveau est, comme l'ancien, construit en bois des Alpes.
Pour la première fois, il est possible de visiter en ville un refuge mythique des Alpes françaises. Un refuge réservé aux alpinistes en temps normal. Dans le cadre de la rénovation du refuge de l’Aigle, la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne (FFCAM) et la Filière Bois se sont unies pour monter, exposer et faire visiter lors du Salon du Bois de Grenoble le futur refuge qui sera construit l’été prochain à 3440 mètres d’altitude. Pour les bâtisseurs, il s'agit d'une répétition grandeur nature avant le chantier d'altitude. Là-haut, pas d'erreur possible !
Accroché à la montagne tel l'oiseau royal, le mythique refuge de l’Aigle abritait depuis 1910 les alpinistes de retour ou en partance vers les sommets de la prestigieuse Meije (Grand Pic, Doigt de Dieu ou Meije orientale), au cœur du Parc national des Écrins. Il avait fallu 142 jours à l'époque pour hisser là-haut ce bâtiment de 28 m2 seulement. Depuis, des générations d'alpinistes avaient rêvé, ronflé, s'étaient réfugiées, restaurées, entre ses parois de bois. Dans une pièce unique, où les lits cotoyaient les tables. Un refuge avec un grand R. Quand tout autour la vie ne tient qu'à un fil, qu'à un bout de corde. L'image de la fraternité. Au fil des ans, le bâtiment en bois avait subi les outrages du temps et des tempêtes.
Le projet conçu par l’Atelier 17C respecte le souhait de préserver tout ce qui pouvait l’être, et notamment « l’âme » du refuge, avec ses vieux bois et sa fameuse pièce unique. La forme de l’ensemble, son emprise dans le site, la structure en bois, les lits et le mobilier sont conservés. Il répond aux besoins d’aujourd’hui avec 30 places (contre 18 auparavant), un local de gardien moins précaire, des rangements, un approvisionnement en eau et en électricité, un sas, des toilettes respectueuses de la nature. Il garantit enfin la pérennité de la bâtisse en la confortant et en la protégeant sous une coque plus résistante.
Le Refuge de l’Aigle est l’un des refuges de la FFCAM construit en bois certifié Bois des Alpes. Le coût total des travaux de confortement du refuge de l’Aigle s’élève à 1,575 million €, financés à hauteur de 600 000 € par le Fonds national d'aménagement et de développement du territoire (FNADT), 244 000 € Le Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, 112 000 € par le Conseil Général des Hautes-Alpes, 38 000 € par l’Agence de l’Eau et 581 000 € par la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne (FFCAM), avec la contribution de la Fondation Petzl.
Grégory Lespinasse et Dominique Bourget l'ont visité pour vous
Le remontage du refuge de l’Aigle sur son site à 3 440 mètres d’altitude est prévu pour juin-juillet 2014 et sa mise en service au cours de l’été 2014.