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Pompes Funèbres de l'agglomération de Grenoble: une gestion pointée par la Chambre régionale des comptes

© France 3 Alpes
© France 3 Alpes

Une direction grassement rémunérée, un budget de communication et des frais de bouche en constante progression... la Chambre régionale des comptes n'est pas tendre avec les Pompes Funèbres Intercommunales de Grenoble. La Métro, actionnaire majoritaire, exerce peu son droit de contrôle. 

Par Franck Grassaud

Créée en 1988 à l'initiative de  la communauté d'agglomération de Grenoble Alpes Métropole (La Métro) , la Société d'Economie Mixte des Pompes Funèbres Intercommunales dispose de 90% de parts de marché des services funèbres dans le secteur. Une performance favorisée par la maîtrise du crématorium intercommunal et d'une chambre funéraire, dont "la capacité et le niveau de prestations n'a pas d'équivalent sur ce territoire", reconnaît la Chambre régionale des comptes.

Les magistrats ont examiné la gestion et les comptes de 2008 à 2012

Communication, frais de bouche, rénovation, rémunérations... des observations en série

Ainsi on apprend que cette SEM dégage un résultat annuel d'exploitation qui a oscillé entre 295.000 et 535.000 euros depuis 2008. "Bien que satisfaisant", relève la Chambre, "ce résultat intervient après la prise en compte de nombreuses charges indirectes sous la forme de frais de communication (392.000 euros en 2011-2012), frais de bouche et déplacements (53.000 et 44.000 au cours de ce même exercice), ainsi que des interventions techniques dans les logements de fonction (118.000 pour leur rénovation en 2010-2011), dont deux sont attachés au contrat de travail de directeurs généraux. En outre, le résultat d’exploitation serait supérieur de 66 % (+400.000 euros environ), si la rémunération de la direction générale était restée stable sur la période" (lire notre encadré ci-dessous). 

De surcroît, les magistrats trouvent que le conseil d'administration en fait un peu trop à sa guise, alors que la société est détenue à 79,43% par la communauté d'agglomération. 

Exemple, la Métro a délégué la fixation des prix des articles funéraires au conseil d'administration, ce qui n'est pas jugé "normal". Autre exemple, en dépit de la 'bonne affaire' que représente le crématorium, c'est la collectivité qui a dû assumer le financement "des travaux de mise aux normes du dispositif des filtrations des fumées, d'un montant de 585.000 euros". Comble de l'histoire, "la maîtrise des travaux a été confiée aux PFI sans mise en concurrence".

La Chambre régionale des comptes invite donc la Métro à renforcer son contrôle

Salaires et avantages

Aucune rémunération n'est versée aux administrateurs de la Société, président inclus. Mais ce dernier disposait toutefois d'un véhicule de fonction, en vertu d'une délibération de la Métro qui lui avait attribué. Problème, le président en question avait participé à cette délibération "en votant à la fois en son nom propre et pour le compte d’un autre conseiller communautaire qui lui avait donné pouvoir", "ce qui est irrégulier (...) et susceptible de constituer un délit de prise illégale d'intérêts", relève la Chambre. 

Une direction très bien payée
Le coût salarial de la directrice générale, charges sociales et avantages en nature inclus, s'est élevé à 373.200 euros au cours de l'exercice 2011-2012! Hors cotisations patronales, la rémunération de la directrice générale s'est établie à 249.300 euros. Soit un salaire mensuel brut de 20.775 euros! 

Le coût salarial des deux directeurs généraux délégués, calculé suivant des modalités identiques, s'est élevé à 323.600 euros pour l'un et 152.300 euros pour l'autre. 

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