Avec BSF, la biologie aussi est sans frontières

Une bénévole de BSF Auvergne aux côtés de la technicienne de laboratoire, à Soaw au Burkina Faso. / © BSF Auvergne - Octobre 2016
Une bénévole de BSF Auvergne aux côtés de la technicienne de laboratoire, à Soaw au Burkina Faso. / © BSF Auvergne - Octobre 2016

Un simple microscope peut sauver des vies. Et Biologie Sans Frontières l'a bien compris. L'ONG veut faire progresser la biologie médicale de façon durable dans les pays en développement. Depuis 2014, elle compte une antenne en Auvergne, qui vient de concrétiser un projet phare au Burkina Faso.

Par Sandrine Montéro

C'est un laboratoire de proximité, avec une pièce technique et une salle de prélèvements, implanté dans un dispensaire à Soaw. Deux microscopes et du "consommable" pour faire des colorations et des examens de recherche. Ainsi qu'une technicienne recrutée et formée pour la circonstance...
Dans cette région enclavée du Burkina Faso où vivent 25 000 habitants, les pistes sont inondées et deviennent impraticables durant la saison des pluies. Impossible alors de se rendre dans le laboratoire le plus proche, situé à une soixantaine de kilomètres. Pourtant ici, le paludisme est omniprésent. Il représente 60 à 70% des consultations. Et la mortalité infantile est très élevée : 1 enfant sur 6 n'atteint pas ses 5 ans. Ce nouvel équipement va permettre de mieux traiter et diagnostiquer les maladies parasitaires.

Un projet phare au Burkina Faso


"Notre point fort, c'est le diagnostic précoce des maladies tropicales. Si on les diagnostique tôt, notamment le paludisme qui est la principale pathologie dans la zone où on intervient, on peut soigner et sauver des enfants", explique Françoise Rieu, co-fondatrice de l'antenne de BSF en Auvergne. "On peut diminuer la mortalité infantile simplement avec un microscope. Il y a d'autres méthodes, des tests de diagnostic rapide, mais qui ne sont pas aussi fiables", poursuit-elle.

Le laboratoire a vu le jour grâce à Biologie Sans Frontières, en partenariat avec une autre association H2O, qui intervient depuis plus de 10 ans dans la région de Soaw, pour notamment réhabiliter des puits. Un travail de longue haleine...
Après un audit en mars 2015, il a fallu procéder à l'électrification du dispensaire à l'aide de panneaux photovoltaïques, un projet récompensé par un prix de la COP 21 (6.400 euros), et pour lequel Electriciens Sans Frontières a aussi apporté son expertise. Une convention de partenariat a été signée avec la commune de Soaw, avant le recrutement cet été d'une technicienne, puis la mise en place du laboratoire courant octobre 2016.

"Ce qui m'a frappé, c'est l'investissement du personnel médical sur place", observe Marc Merciecca, bénévole à BSF. "Ils ne comptent pas leurs heures pour aider la population", observe ce technicien de laboratoire clermontois, qui vient de rentrer de mission. "Dans un premier temps, notre rôle a consisté à tout nettoyer, ranger, déballer le matériel qui avait été acheminé. Ca a été une étape de 2 jours avant les premiers essais de coloration et la formation d'Eulalie (ndlr, la technicienne)". L'aboutissement du projet phare de BSF Auvergne, même si l'association va encore assurer pendant un temps des missions d'évaluation et de suivi.

"Faire progresser la biologie médicale"


L'antenne est pourtant toute jeune. Elle a été créée en 2014 en Auvergne, alors que des équipements encore fonctionnels allaient être mis au rebut. Elle récupère et remet en état le matériel - de préférence robuste et peu sophistiqué - pour les pays en développement : microscopes, pipettes réglables, centrifugeuses, balances, agitateurs, étuves, autoclaves, etc.

"Le but, c'est de faire progresser la biologie médicale de façon durable. On ne va jamais intervenir dans l'urgence", souligne Françoise Rieu.
"On a des étapes d'intervention qui se terminent toujours par une mission de pérennisation. Après, sur place, les personnes doivent être capables de se prendre en charge de façon autonome", ajoute Télesphore Sime-Ngando, également co-fondateur de BSF Auvergne. Une démarche qui s'inscrit pleinement dans la devise de l'ONG fondée en 1992 à Lyon par des internes en biologie : "développer pour ne plus assister".

Pour poursuivre son activité, BSF Auvergne a besoin de dons, du matériel, mais aussi des moyens financiers et humains. Elle recherche notamment des techniciens bricoleurs et un nouveau local de stockage car l'espace actuel, mis à disposition gracieusement par la mairie de Volvic, est promis à la démolition.

Avec BSF, la biologie aussi est sans frontières
Depuis 2014, l'ONG a une antenne en Auvergne. Elle vient d'ouvrir un laboratoire de proximité au Burkina Faso. Intervenants : Marc Merciecca, technicien de laboratoire (CHU) et bénévole de Biologie Sans Frontières ; Images BSF ; Sylvie Lochu, pharmacien biologiste (clinique privée) et bénévole de BSF ; Robin Dambreville, étudiant en Mesures Physiques à l'IUT de Clermont-Ferrand ; Pauline Lopes, étudiante en Génie Biologique ; Patrick Burguet, technicien de laboratoire à la retraite et membre de l'équipe "matériel" de BSF ; Françoise Rieu, co-fondatrice de BSF Auvergne ; Télesphore Sime-Ngando, co-fondateur de BSF Auvergne - Sandrine Montero, Christian Darneuville, Brice Ordas

 

Sur le même sujet

Les + Lus