A Clermont-Ferrand, elle met en relation parents et maîtres-nageurs afin de lutter contre les noyades en piscine privée

Depuis 3 mois, Emilie Ducher, entrepreneuse à Tallende, près de Clermont-Ferrand, a créé une nouvelle société. Elle propose de mettre en relation parents et maîtres-nageurs pour des séances d’apprentissage en piscines privées. Ces dernières sont la première cause de mortalité chez les 0-6 ans.
A Clermont-Ferrand, Emilie Ducher met en relation parents et maîtres-nageurs afin de lutter contre les noyades en piscine privées
A Clermont-Ferrand, Emilie Ducher met en relation parents et maîtres-nageurs afin de lutter contre les noyades en piscine privées © Emilie Ducher / Happy swim

Lutter contre le fléau des noyades en piscine privée, c’est l’objectif que vise Emilie Ducher. Cette entrepreneuse dans le domaine de la communication numérique, basée à Tallende, près de Clermont-Ferrand, a créé en mai dernier une toute nouvelle société, Happy swim. La chef d’entreprise explique son concept : « Il y a de la découverte du milieu aquatique, ce que le Ministère des sports appelle l’aisance aquatique, dès 3 ans. C’est savoir se sauver, apprendre à flotter, s’immerger la tête dans l’eau, sans paniquer. Il y a des cycles de 5 et 10 séances. Ce sont des bases pour donner à chaque enfant les moyens de se sauver. Tous les cours se font quasiment sans moyen de flottaison. Plus tard, une fois que les enfants ont les bases, on va commencer l’apprentissage de la natation dès 5 ans pour les filles et 6 ans pour les garçons, selon leur niveau. La différence vient du niveau de la motricité et les filles sont généralement plus matures dans ce domaine-là ».
 

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Un besoin personnel à l'origine du projet

Son idée est née d’un besoin qu’elle a ressenti pour protéger ses enfants. Emilie raconte : « Tout est né d’une demande personnelle. J’ai deux filles de 4 et 6 ans. L’année dernière, je cherchais une prestation chez moi, dans ma piscine, pour les sécuriser. Je me disais que si elles tombaient à l’eau, j’aimerais bien qu’elles sachent sortir de la piscine, sans paniquer, sans boire la tasse. Je n’ai pas trouvé. Après le deuxième confinement, j’ai commencé à un peu plus réfléchir au projet. En début d’année, je me suis lancée. Comme j’avais déjà une première entreprise, ça ne me faisait pas trop peur au niveau administratif. J’étais déjà rodée. La plus grosse difficulté était de trouver les maîtres-nageurs. Ca a été compliqué. Finalement, je m’appuie sur des maîtres-nageurs qui sont auto-entrepreneurs. Certains sont issus de Royatonic. J’ai une équipe de 5 maîtres-nageurs sur le Puy-de-Dôme et plus particulièrement sur la région de Clermont-Ferrand. Je ne veux pas qu’ils passent trop de temps en voiture ».

Une équipe de maîtres-nageurs

Emilie met ainsi en relation une équipe de maîtres-nageurs avec des parents et leur propose de faire venir des professionnels directement à domicile, pour ceux qui ont une piscine. Les statistiques montrent que son entreprise répond à un véritable besoin selon elle : « Les piscines privées sont la première cause de mortalité chez les 0-6 ans. Une étude du Ministère des sports est sortie en 2018, mise à jour, sur les noyades. Sur ce projet, j’ai contacté le Ministère. On a pu échanger à ce sujet car ce sont des initiatives privées qui les intéressent, en 2020 et 2021, très peu d’enfants ont pu aller en piscine pendant le temps scolaire. Il y a en France 3 millions de piscines. On peut même intervenir pour des piscines hors-sol ». Le chef d’entreprise poursuit : « On est très vigilant pour le recrutement. Les maîtres-nageurs sont tous diplômés. Ils sont couverts par une assurance. Ils cocoonent vraiment les enfants. Ca passe super bien. Ils expliquent bien aux parents comment se passe la séance ».

Des premiers retours positifs

Pour un apprentissage complet de la natation, il faut compter 10 séances de 40 minutes. Au-delà, les enfants fatiguent. Emilie semble satisfaite des débuts de Happy swim : « J’ai lancé l’entreprise fin mai. Les premiers retours sont positifs. J’en suis à une trentaine de réservations. J’ai aussi des adultes qui sont inscrits, d’environ 60 ans. Pour eux c’est 45 minutes la séance. J’imagine développer l’entreprise sur d’autres départements et de monter une sorte de franchise. L’idée est de pérenniser l’activité car c’est très saisonnier. Cela fonctionne de mai à septembre, quand on a la météo avec nous. Je diversifie aussi avec de l’aquagym, du bébé nageur, des anniversaires et de l’aquamassage ». Elle conclut : « Pour les tarifs, je ne prends que maximum 3 enfants par leçon. Pour un seul enfant par séance, cela coûte 45 euros la séance, mais le but est d’essayer de regrouper tout cela, avec un tarif dégressif : si on a 3 enfants et que l’on prend 10 séances, cela revient à 18,50 la séance ». L’idée est donc de mutualiser ces cours de natation. Emilie pense aussi proposer sa propre piscine pour des personnes qui n’ont pas la chance d’en posséder une, mais elle préfère limiter cette prestation, afin de ne pas créer de saturation des créneaux. Elle se sert de toute son expertise dans le domaine de la communication afin de mieux faire connaître son entreprise. Emilie verra dans quelques mois si son coup d’essai fonctionne.

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