A Clermont-Ferrand, mobilisation contre la fin de la trêve hivernale : « Ce sont 20 personnes qui demain sont menacées d’être mises à la rue »

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Écrit par S.B avec Valérie Riffard

Une trentaine de manifestants se sont rassemblés place de Jaude à Clermont-Ferrand ce samedi 2 avril pour protester contre la fin de la trêve hivernale. Ils réclament l’accès au logement pour tous et souhaitent interpeller les candidats à l’élection présidentielle.

A Clermont-Ferrand, ils étaient une trentaine à manifester contre la fin de la trêve hivernale ce samedi 2 avril, sur la place de Jaude. La trêve hivernale s'applique du 1er novembre au 31 mars de l'année suivante. Durant cette période, l'expulsion du locataire de son logement ne peut pas avoir lieu, elle est reportée, définit le site Service Public. Depuis le 1er avril, les expulsions sont donc à nouveau autorisées, ce qui scandalise Alain Bidet, manifestant et trésorier de l’association DAL (Droit au Logement) : « Ce que signifie la fin de la trêve hivernale, c’est la fin d’un moratoire qui évite les mesures d’expulsion pour un certain nombre de personnes qui sont logées et qui vivent des situations de précarité. Elles sont, pour certaines, sous le coup de mesures d’expulsion et donc elles sont expulsables à partir d’aujourd’hui. Ça veut dire que demain, ces personnes peuvent se retrouver sans logement, à la rue, avec les conséquences que l’on connaît ».

Une vingtaine de dossiers suivis de près

S’il n’a pas d’idée précise sur le nombre de personnes concernées par des mesures d’expulsion dans le Puy-de-Dôme, Alain Bidet explique que le DAL suit 20 dossiers, dont les procédures d’expulsion sont très avancées : « Ce sont 20 personnes qui demain sont menacées d’être mises à la rue. Le DAL mène des actions en justice pour les accompagner dans leur procédure de recours. L’une des  caractéristiques des personnes concernées, c’est qu’elles sont bien souvent dans des situations de détresse, de précarité, et n’ont pas toujours les moyens humains et matériels d’opérer et de faire valoir leurs droits. Le travail du DAL est une goutte d’eau par rapport à la situation de paupérisation que l’on vit particulièrement ces dernières années avec la crise sanitaire. Un grand nombre de familles nous sollicitent car elles sont en grande difficulté pour assumer les charges liées à leur logement. Effectivement, il y a une vingtaine de dossiers dont l’issue est dramatique et puis il y a tous les autres que le DAL accompagne de manière préventive pour qu’ils ne se retrouvent pas, in fine, dans cette situation. »

Réquisitionner les logements vides

Alain Bidet et les autres manifestants militent pour la réquisition des logements vides : « Les recensements que l’on a font état de 1 200 logements sur le Puy-de-Dôme. C’est une situation qui ne date pas d’aujourd’hui, celle du mal-logement ou du non-logement, elle est connue et pour autant, les politiques publiques n’ont pas permis de mettre en place les solutions adéquates. Ce qu’on dit, c’est qu’il y a un certain nombre de logements qui sont vides. Soit auprès des logements sociaux, soit auprès des bailleurs publics, soit auprès des bailleurs privés, il faut faire valoir ce droit universel et simple. Pour toute existence, une des conditions premières, c’est d’avoir de quoi se loger. La précarité qui est mise en œuvre lorsque les personnes se retrouvent à la rue, c’est ensuite toutes les autres précarités qui s’enchaînent : c’est l’impossibilité d’accéder aux soins, de suivre et de poursuivre ses démarches administratives et de faire valoir ses droits, c’est l’incapacité qu’ont les personnes à pouvoir s’insérer dans la société et à vivre dignement. »

Interpeller les candidats 

Par ces actions, ils souhaitent interpeller les candidats à quelques jours de l’élection présidentielle : « On a vu un candidat qui ne savait même pas ce qu’était la trêve hivernale. On est à quelques jours d’une échéance majeure et, à travers cette mobilisation aujourd’hui, on souhaite interpeller les candidats. Tous n’ont pas le même positionnement mais nous, ce que l’on défend, c’est un droit inconditionnel au logement. Nous en avons les moyens. Le « quoi qu’il en coûte », il faut qu’il se dirige vers ceux qui en ont besoin », indique Alain Bidet.

Depuis ce vendredi 1er avril, EDF ne coupera plus l'électricité de ses abonnés mauvais payeurs malgré la fin de la trêve hivernale. Une décision prise par l'opérateur en novembre dernier.

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