Axelle Rouchon, une blogueuse aventurière en situation de handicap sans limites

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Âgée de 23 ans, Axelle Rouchon, originaire de Clermont-Ferrand, est une passionnée de voyages et d’expériences en tout genre. Son seul obstacle est son handicap. Mais il est loin de l'arrêter. La jeune fille nous raconte son quotidien et nous donne une leçon de vie.

Elle s’appelle Axelle Rouchon et est âgée de 23 ans. Comme beaucoup de jeunes de son âge, la jeune femme est sur les réseaux sociaux. À la différence que cette clermontoise a décidé de raconter sa vie, ses voyages et son optimisme malgré son handicap. « Je suis atteinte d’une maladie génétique amyotrophie spinale infantile qui atrophie mes muscles inférieurs. C’est un gène qui est défectueux dans la moelle épinière et ça atrophie les muscles. J’ai une motricité plus faible que les autres. Au début, ma maladie était moins forte, je pouvais un peu marcher jusqu’à mes 12 ans. La maladie peut atteindre tout le corps ».

Je voulais montrer l’accessibilité des lieux pour les personnes en situation de handicap et créer des repères.

Axelle Rouchon, blogueuse

Mais ce n’est pas sa maladie qui va l’arrêter. Actuellement CDD dans le milieu du tourisme, elle a créé un blog. « Je suis passionnée de randonnées du coup, je voulais montrer l’accessibilité des lieux pour les personnes en situation de handicap et créer des repères. Je leur donne des conseils pour les rassurer et mieux appréhender les endroits », explique Axelle. Elle explique qu’elle possède deux fauteuils roulants, un fauteuil électrique et un fauteuil manuel. C’est ce dernier qu’elle prend pour ses voyages, car il est plus léger. Depuis quelque temps, elle a installé un petit équipement sur le fauteuil : une free wheel, une petite roue qui se fixe à l’avant du fauteuil. Ce qui permet de mieux supporter le sable, les pavés, etc.

Des obstacles à franchir

Malgré tout, il y a des lieux où l’accessibilité est plus compliquée pour Axelle. « Avec mon copain, on a fait le lac Pavin, mais c’était très difficile, il y avait des obstacles, mon copain a dû pousser le fauteuil au-dessus des rochers. Mais on a réussi à le faire. Par contre, je n’ai pas pu faire la vallée des saints à Issoire. Ça a été dur pour moi, je n’ai pas pu y accéder à cause de grandes montées et c’était étroit ». Des chemins de randonnée étroits, des escaliers pour accéder aux églises ou aux châteaux, il y a quelques obstacles qu'Axelle note sur son blog. « Les pavés, c’est très problématique dans les villes. Mon accompagnateur était obligé de pousser sur les roues arrière du fauteuil pour rouler sur les pavés. On a fait un temple bouddhiste à Biollet, dans le Puy-de-Dôme, il y avait une rampe, mais la porte d'accès était fermée du coup on a du grimper les marches pour trouver un autre accès », raconte la jeune fille. Elle ne peut pas aller non plus au temple de Mercure en haut du puy de Dôme à cause des escaliers, mais c’est loin d’entacher son optimisme, « C’est déjà super de pouvoir accéder au sommet d’un puy et d’avoir une vue sur tous les autres puys ».

Des avancées dans le milieu du tourisme et du handicap

Elle souligne aussi les lieux qui sont adaptés aux personnes en situation de handicap. « Il y avait le volcan de Lemptégy, c’était vraiment super. Il y a une partie de la visite qui se fait avec un petit train. Il a le label « Tourisme et handicap ». Il y a aussi le musée de Gergovie qui est très bien aménagé et qui est accessible à tout le monde. Le parc du PAL a fait des aménagements impressionnants. Même s’il n’y a pas d’attractions pour les personnes en situation de handicap, ce n’est pas grave, on peut quand même se balader dans le parc ».

Avec ma maladie, c’est un combat au quotidien.

Axelle Rouchon, blogueuse

Son tempérament de battante l’aide à dépasser ses limites. « Avec ma maladie, c’est un combat au quotidien. Le monde du handicap ce n'est que de la frustration. Mais j’ai envie de vivre le mieux possible. J’aimerais montrer que peu importe nos difficultés, on peut les dépasser ».

Elle aimerait aussi changer le regard que la société porte sur le handicap qui, selon elle, est trop négative et médicale. « Cette image n’est pas réelle. Ça reste une contrainte, mais il faudrait que ce soit plus optimiste. On a des envies et des goûts comme tout le monde. J’aimerais qu’on s’intéresse à mes envies et pas que à mon handicap ».

La route est encore longue pour Axelle, mais rien ne lui fait peur, elle est sans limites (comme le nom de son blog).