Clermont-Ferrand : ces éleveurs qui ont parlé à Emmanuel Macron

Emmanuel Macron au Sommet de l'Elevage, vendredi 4 octobre, à la Grande Halle d'Auvergne. / © D.Cros/France 3 Auvergne
Emmanuel Macron au Sommet de l'Elevage, vendredi 4 octobre, à la Grande Halle d'Auvergne. / © D.Cros/France 3 Auvergne

Vendredi 4 octobre, Emmanuel Macron s’est rendu au Sommet de l’élevage, à la Grande Halle d’Auvergne à Clermont-Ferrand. Il est allé à la rencontre des éleveurs qui lui ont parlé de leur métier et des difficultés qu’ils rencontrent.
 

Par D.Cros

Le président de la République, Emmanuel Macron, est en visite à Clermont-Ferrand vendredi 4 octobre. Il s’est rendu dans la matinée au Sommet de l’élevage à la Grande Halle d’Auvergne. Il a arpenté les allées du salon et a pris le temps de discuter avec les visiteurs et les éleveurs.

Les agriculteurs ont dit être contents de le voir mais ont rappelé que le contexte actuel est difficile, entre la sécheresse, les prix bas et les accords commerciaux.

Le CETA en ligne de mire

A peine arrivé, Emmanuel Macron est interpellé par des éleveurs. Ils mettent en avant la qualité de leurs produits. Tous sont remontés depuis l’accord économique et commercial global entre l'Union européenne et le Canada (CETA).

"Aujourd’hui en France, on fait des produits de qualité. On nous en demande encore plus. Et à côté, on ouvre la porte à une alimentation et à des produits avec une traçabilité toute approximative" explique Benjamin Dupin après avoir parlé au Président de la République. "C’est honteux de voter des lois comme ça" ajoute un éleveur à ses côtés.
Emmanuel Macron dans les allées discutant avec les éleveurs. / © D.Cros/France 3 Auvergne
Emmanuel Macron dans les allées discutant avec les éleveurs. / © D.Cros/France 3 Auvergne

Olivier Varlet, éleveur de Blondes d’Aquitaine dans l’Oise arrête lui aussi Emmanuel Macron lorsqu’il passe à ses côtés : "Je lui ai demandé que l’on n’importe pas des produits qui ne respectent pas la législation française. On veut que les pays qui exportent vers la France aient les mêmes règles. Sinon c’est de la concurrence déloyale".

"On nous dit on ne pourra pas nourrir les Français, ce n’est pas vrai. On n’est pas obligé de manger de la viande tous les jours. On peut en manger de temps en temps. Je pense que les Français sont capables de le faire sans aller chercher de la viande à l’extérieur"
déclare Robert Peuch, éleveur dans l’Aude.  

Une reconnaissance de leur métier

"Nous attendons la même chose que nos parents et grands-parents que l’on reconnaisse notre travail" s’exclame un éleveur. Benjamin Dupin, éleveur dans le Lot-et-Garonne ajoute : "On nous met pansement sur pansement sans vraiment s’attaquer aux problèmes. On ne reviendra pas sur la mondialisation mais nous avons du talent et des productions de qualité. Il faut mettre l’accent dessus".

Tous évoquent avec Emmanuel Macron les difficultés de leur métier et abordent la question des salaires. Matthieu Grant, éleveur en Normandie dit : "On a un métier très dur. Nous faisons énormément d’heures, nous n’avons pas de week-end et de vacances. Et nous avons des salaires qui ne correspondent pas". Puis il ajoute : "On est capable de faire de la qualité, on peut encore faire mieux mais la qualité ça se paie".

Hommage à Jacques Chirac

Les agriculteurs ont évoqué à de nombreuses reprises Jacques Chirac, qui a été Président de la République de 1995 à 2007. Décédé le 26 septembre à l’âge de 86 ans, il bénéficiait d’une grande côte de popularité auprès des agriculteurs.

"Jacques Chirac n’a pas fait tout de bon. Il a été critiqué mais c’était quelqu’un qui nous aimait et qui faisait que la société nous aime aussi. Ce que j’attends de Monsieur Macron c’est que la société le suive et qu’ils disent ensemble que notre profession est honorable, qu’il faut l’aimer" explique Joël Sillac, éleveur dans les Landes. Il conclut en ajoutant : "C'est au chef de file de dire que notre profession nourrit les Français et qu’il faut la respecter".

Les éleveurs et agriculteurs ont rappelé que leur quotidien n’est pas simple. Un agriculteur se suicide tous les deux jours en France. En trois ans, le nombre de passages à l'acte a été multiplié par trois. 

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