Clermont-Ferrand : “Le philosophe Michel Serres rendait le savoir accessible à tous”

Michel Serres est décédé, samedi 1er juin, à l’âge de 88 ans. / © MaxPPP/Alexandre Marchi
Michel Serres est décédé, samedi 1er juin, à l’âge de 88 ans. / © MaxPPP/Alexandre Marchi

Philosophe et académicien, Michel Serres était connu pour son infatigable optimiste et son insatiable curiosité. Il est décédé, samedi 1er juin, à l’âge de 88 ans. Il a notamment enseigné pendant dix ans à l'université de Clermont-Ferrand. 

Par D.Cros

Philosophe, écrivain et historien des sciences, Michel Serres est décédé, samedi 1er juin, à l’âge de 88 ans. Mondialement connu, il est l’auteur de plus de 80 ouvrages. Il a également participé à de nombreuses émissions de radio et de télévision.

Une vie de touche-à tout et une vie de voyageur. Il est également passé à Clermont-Ferrand, où il a enseigné pendant 10 ans, dans les années 60.

Un homme optimiste


"Par rapport à la majorité de penseurs, il a toujours gardé l’espoir en l’Histoire du monde, de l’Homme, des sociétés et des techniques" explique Christian Godin professeur émérite de l’Université de Clermont-Ferrand. Il a enseigné la Philosophie de 1999 à 2016 et a rencontré à trois reprises Michel Serres.

Dans son best-seller Petite Poucette notamment Michel Serres évoque le monde qui a changé et le fait que les jeunes doivent de tout réinventer. Il se réjouit que les jeunes accèdent à la communication avec des téléphones et des tablettes. "Il a un optimisme technologique qui tranche littéralement avec les autres philosophes" souligne Christian Godin.

Selon lui, c’était un homme enthousiaste aux antipodes des philosophes grincheux, tristes et désespérés. 

Un homme médiatique


Michel Serres a intégré l’École normale supérieur et obtenu l’agrégation de philosophie, à 25 ans. Il a commencé sa carrière de façon classique, à Clermont-Ferrand où il enseigné pendant dix ans puis à Paris. Il a réalisé de nombreux travaux académiques en s’adressant à ses Pairs. Puis il a enseigné aux Etats-Unis.

A la fin des années 70, il s’est tourné vers la philosophie médiatique. Il est alors connu au-delà du cercle des spécialistes. "Il a changé de mode d’écriture et de mode de pensée" explique Christian Godin.

Dans les années 80, Michel Serres écrit des analyses plus conceptuelles. Il utilise des mythes, des images et fait des comparaisons. "Dans La légende des anges, il compare les avions à des anges" explique Christian Godin pour illustrer son propos. Puis il ajoute : "Les anges sont des messagers entre les hommes et Dieu et les avions décollent de la terre pour aller dans le ciel. Les anges comme les avions sont des intermédiaires".

Sur les réseaux sociaux, les hommages affluent pour lui rendre hommage. Politiques, intellectuels et artistes saluent son savoir  et son humanisme. 

 

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