Comment la Métropole de Clermont-Ferrand veut associer ses habitants à la végétalisation de leurs rues

Clermont Auvergne Métropole invite ses habitants à investir leurs rues et à les cultiver en leur délivrant des permis de végétaliser. Une opération de verdissement à but écologique lancée au printemps 2021 qui permet d’apporter une réponse aux enjeux énergétiques et écologiques.

Les mains dans la terre, premières plantations le long d'un mur dans les rues de Clermont-Ferrand
Les mains dans la terre, premières plantations le long d'un mur dans les rues de Clermont-Ferrand © Ville de Clermont-Ferrand

Désormais dans l’agglomération de Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme, les habitants peuvent demander l’autorisation de faire pousser des plantes dans les rues et les espaces publics. Ils deviennent alors les auxiliaires des services des espaces verts.

Aux abords du musée Lecoq à Clermont-Ferrand, un trottoir en cours de végétalisation.
Aux abords du musée Lecoq à Clermont-Ferrand, un trottoir en cours de végétalisation. © Ville de Clermont-Ferrand

"Une ville très végétalisée prend plus de temps à entretenir car par exemple devoir ramasser les déchets sur de telles surfaces c’est long et contraignant. Soit on multiplie les agents et c’est un coût qui explose, soit on confie cette végétalisation aux habitants. Si chacun prend un peu sa part, ce n’est pas grand-chose. C’est un service d’intérêt général auquel tout le monde peut participer" explique Nicolas Bonnet, conseiller délégué à Clermont Auvergne Métropole et adjoint au Maire de Clermont-Ferrand en charge de la nature en ville.

"L’idée c’est de rendre un espace public de proximité plus agréable. Cela permet d’entretenir des petits lots de terre qu’on a  trop souvent maltraités en les recouvrant par des revêtements très étanches, l’exemple type c’est le pied des arbres, recouverts de grilles ou pire par des matières qui ne laissent pas passer l’eau, or en ville un arbre a besoin de cette ouverture pour la capter".

Une quinzaine de projets déjà engagés

Chaque année, deux campagnes seront organisées au printemps et à l’automne, car il n’est pas question de planter n’importe quoi n’importe où : il faut d’abord imaginer son projet avec éventuellement des photos et des dessins, puis sa faisabilité sera examinée notamment pour vérifier qu’il n’y a pas en sous-sol des réseaux d’eau, de gaz ou d’électricité. Après avoir accepté la charte, une autorisation d’occupation (à titre gratuit) du domaine public est accordée pour 3 ans.  

"Déjà une quinzaine de projets ont été approuvés dans les deux tiers des 21 communes de la métropole, bien évidemment plus souvent en ville qu’en zone pavillonnaire où chacun s’occupe de son jardin et où la verdure ne manque pas. Mais reprendre une petite bande de terre le long d’un mur et faire des plantations au pied de la façade d’un immeuble peut apporter un changement" précise Nicolas Bonnet.

Pour les gros travaux, les agents des services techniques peuvent apporter une assistance.
Pour les gros travaux, les agents des services techniques peuvent apporter une assistance. © Julie BOUTON - Bouton Production

Si les services techniques peuvent intervenir pour les premiers travaux, de son côté le titulaire du permis de végétaliser s’engage à respecter une démarche respectueuse de l’environnement : recourir au désherbage manuel, pratiquer un jardinage écologique sans engrais de synthèse et de produits phytosanitaires, arroser, tailler les végétaux et nettoyer la zone plantée… Il y a une liste de plantes conseillées : des espèces locales, des plantes vivaces ou peu consommatrices en eau, et d’autres interdites, qu’elles soient épineuses, urticantes, allergènes, invasives ou illicites. "Et le plus souvent on privilégie les plantations en pleine terre car cela demande moins d’arrosage et il ne faut pas de matériel lourd" indique Nicolas Bonnet.

Des habitants acteurs de la transition écologique

Des projets sont déjà en cours de réalisation à l’initiative de particuliers ou d’associations de commerçants ou de quartier, notamment place du Sauvage ou place du Mazet dans le cœur historique de Clermont-Ferrand. "Notre association a pour but d’améliorer la qualité de vie. On avait commencé l’année dernière à le faire sans véritable organisation, mais on très vite vu que cela créait une dynamique dans le quartier, les gens en ont parlé, se sont arrêtés pour regarder et même nous ont offert des plantes. On a profité de l’opération de la métropole  pour monter le projet cette année, six tours d’arbres et 3 bacs ont été installés par les services techniques qui nous ont livré de la terre et des plantes" raconte la présidente de l’association Les gens du Mazet Marine Vidal. "Ça incite au lien social tout en intrigant mais les gens apprécient que l’on prenne soin de l’espace public. Et puis avec le réchauffement climatique, la place est très chaude en été et les plantes font du bien".

"Cela demande un peu d’entretien qu’assurent la dizaine de bénévoles : de l’arrosage, du nettoyage et puis un peu de pédagogie avec les propriétaires de chiens. Mais le résultat ne tarde pas, très vite on a vu plus d’oiseaux, des coccinelles et les abeilles sont revenues butiner".

Pour avoir la main verte, même en ville

Semer et faire pousser des plantes en ville n’est pas chose facile, l’environnement urbain a ses propres caractéristiques parfois peu propices à l’épanouissement des végétaux. Voici les conseils de Bertrand Diot, technicien au service Techniques Végétales à Clermont Auvergne Métropole : "Un jardinier urbain doit être très attentif à la végétation et à son évolution qui peut être très rapide, notamment en veillant à l’arrosage car en ville on a peu de substrat. L’enrobé absorbe beaucoup la chaleur surtout au départ de la plantation, aussi il est préférable d’arroser le matin pour plus de fraicheur et moins d’évaporation. C’est aussi pourquoi il faut avoir une couverture végétale maximale, ne pas avoir peur de densifier les plantations, ce qui permettra de repousser les adventices, les «mauvaises herbes ». On peut aussi conseiller de faire des semis très variés avec des mélanges de fleurs et penser aux bulbes pour avoir un fleurissement tout au long de la belle saison".

Pour le tuteurage et la taille : "Il ne faut pas hésiter à demander conseil aux techniciens des espaces verts de sa commune".

Enfin sa dernière recommandation : "Ne pas succomber au coup de cœur en jardinerie et se jeter sur  les plantes les plus attractives qui auront du mal à trouver leur place en ville mais bien se renseigner auprès des vendeurs".

La démarche à suivre

Pour participer aux prochaines campagnes des Permis de Végétaliser, il faut se rendre du 19 avril au 30 mai 2021 sur le site de Clermont Auvergne Métropole, rubrique Préserver, recycler… On y trouve le règlement des Permis de Végétaliser, la liste des plantes recommandées et le formulaire d’inscription.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
nature environnement écologie transition énergétique énergie