COVID : où, quand et comment se faire tester dans le Puy-de-Dôme

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Écrit par Catherine Lopes

La cinquième vague de l'épidémie de COVID frappe le Puy-de-Dôme comme tous les départements, sans exception. Mais se faire tester n’est pas facile. Alors qu'un nouveau protocole débute ce lundi 3 janvier, on vous explique pourquoi il est difficile de se faire tester dans le Puy-de-Dôme.

Si vous souhaitez vous faire tester, il faut prendre votre mal en patience, car vous n’êtes pas le seul à vouloir effectuer cette démarche. La vague Omicron déferle sur la France et n’épargne pas le Puy-de-Dôme. Pour la semaine glissante du 24  au 30 décembre, le taux d’incidence est de 1481,1 pour 100 000 habitants dans le département.

De nouvelles règles d'isolement

Avec les nouvelles règles d’isolement qui rentrent en vigueur, le nombre de personnes souhaitant se faire tester va peut-être lui aussi bondir. En effet, à partir du lundi 3 janvier, les consignes d'isolement évoluent. Les personnes positives au COVID et présentant un schéma vaccinal complet devront s'isoler pendant une durée de sept jours. Cet isolement pourra être levé au bout de cinq jours en cas de test antigénique ou PCR négatif. Cette sortie d'isolement sera possible à condition de ne plus présenter de signe clinique d'infection depuis 48 heures. Ceux qui ne sont pas vaccinés devront en revanche s'isoler dix jours, avec une sortie possible au bout de sept jours selon les mêmes conditions.

Les consignes pour les cas contact

De plus, il n'y aura plus de quarantaine pour les personnes cas contact qui disposent d'un schéma vaccinal complet, qui devront cependant strictement respecter les gestes barrières et faire des tests réguliers. Ainsi, il faudra toujours faire un premier test PCR ou un antigénique le jour où la contamination de la personne que vous avez vue vous est signalée. Il faudra ensuite pratiquer des autotests à J+2 et J+4, qui seront fournis gratuitement en pharmacie sur preuve du premier dépistage. Pour les non-vaccinés ou ceux n'ayant pas encore reçu leur dose de rappel (obligatoire pour un schéma vaccinal complet à partir du 15 janvier), il faudra s'isoler sept jours en tant que cas contact et obtenir un test négatif à l'issue de cette période pour pouvoir sortir de l'isolement. A noter que les enfants devront respecter les mêmes règles que les adultes vaccinés : sept jours d'isolement pour les cas positifs et trois tests consécutifs sans quarantaine s'ils sont cas contact.  

Des records battus

Dans le Puy-de-Dôme, selon l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, entre 45 000 et 50 000 tests sont effectués chaque semaine. Le laboratoire Gen-Bio est en première ligne pour procéder au dépistage du COVID. Thomas Duret, biologiste et directeur général de Gen-Bio, explique : « Dans le Puy-de-Dôme, on pratique 3 500 tests par jour. Depuis les fêtes, on ne fait que battre des records. Les demandes de tests n’ont fait que croître. On a connu un pic pour le 31 décembre avec près de 9 500 demandes sur tous nos laboratoires dont 5 500 sur le Puy-de-Dôme. On n’avait jamais pratiqué autant de tests depuis le début de l’épidémie ».

Un taux de positivité de 30 %

Il ajoute : « La positivité est aussi record, avec un taux de 30 %. Ce sont des gens avec des symptômes qui viennent se faire dépister, mais aussi des cas contact. On a aussi des confirmations de tests antigéniques ou autotests et c’est pour cela qu’il y a un biais de positivité qui est plus élevé. Ce sont des patients qui ont déjà été positifs en tests antigéniques ou autotests ».

"Cette vague est sans précédent"

En seulement quelques jours, le variant Omicron a pris le pas sur le variant Delta. Thomas Duret souligne : « Cette vague est sans précédent. On le voit au niveau national sur le nombre de contaminations et le taux de positivité. Il y a encore quelques contaminations dues au variant Delta. Le variant Omicron est majoritaire à 80 % ». Il confirme qu’il n’est pas simple d’obtenir un rendez-vous pour se faire tester : « C’est très difficile d’obtenir un créneau pour se faire dépister. Depuis la semaine dernière, il y a beaucoup d’attente. Les plages de rendez-vous ne sont quasiment plus disponibles. On garde quelques créneaux pour des urgences, du préopératoire, un contexte d’immunodépression, des formes sévères. Tous nos rendez-vous sur nos sites sont complets pour toute la semaine. On a des sites de prélèvement qui fonctionnent sans rendez-vous qui sont très sollicités. Cette saturation est liée à l’épidémie. Il y a beaucoup de personnes contaminées, beaucoup de personnes cas contacts donc la demande de tests est très forte. Il y a énormément de contaminations ».

Des tensions pour les prélèvements

Pour le directeur général de Gen-Bio, son laboratoire peut faire face à cette forte demande : « D’un point de vue technique, au niveau PCR on a les capacités pour répondre à la demande car on fonctionne en 24 h sur 24, 7 jours sur 7. C’est au niveau du prélèvement que c’est plus compliqué, il y a beaucoup d’attente et des rendez-vous qui sont saturés. Il faut savoir qu’il y a aussi les infirmières libérales qui prélèvent à domicile. On va faire le maximum pour répondre à la demande. Les équipes donnent tout chaque jour. Pour l’instant ça tient, mais jusqu’à un certain seuil. Le facteur limitant est vraiment la capacité de prélèvement ».

Des renforts de personnel

Afin de répondre à la demande, les équipes du laboratoire ont été renforcées. Thomas Duret précise : « C’est très difficile d’avoir du personnel pour les prélèvements. On a des salariés qui étaient là depuis longtemps mais qui commencent à être épuisés. Il y a une rotation importante. On a fait appel à des étudiants en pharmacie et en médecine pour prêter main forte. Avec une telle incidence et un tel taux de positivité, ça reste encore insuffisant à l’heure actuelle ». A Clermont-Ferrand, le laboratoire Gen-Bio des Salins propose des tests sans rendez-vous : l’attente y est d’une à deux heures.

Des difficultés dans les pharmacies

Les délais peuvent aussi être longs dans les pharmacies. Nicolas Verdier, président des pharmaciens du Puy-de-Dôme, indique : « Les difficultés sont apparues entre Noël et jour de l’An. Les médecins étaient en vacances, tous comme les infirmiers. Les laboratoires d’analyses avaient aussi du personnel en vacances. Les pharmacies sont restées ouvertes mais ça a bouchonné un peu. Il y avait un peu d’irritation au niveau des patients car ils n’aiment pas bien attendre. Certaines pharmacies étaient ouvertes ce dimanche. Je suis passé hier devant la pharmacie de Clermont-Ferrand qui est dans la montée du puy de Dôme. Je ne sais pas combien de personnes attendaient dehors mais il y en avait beaucoup ».

"On fera face. On n’a pas le choix"

Selon Nicolas Verdier, les pharmacies sont prêtes à répondre à une forte demande : « On fera face. On n’a pas le choix. Il faut tester, isoler, tracer. C’est notre mot d’ordre. On s’attend à ce que les pharmacies soient prises d’assaut dans les prochains jours. On est en première ligne. On ressent très bien ce qu’ont vécu nos confrères et consœurs dans les hôpitaux ». Il enchaîne : « Dans mon officine, on pratique en 30 et 60 tests par jour. Cela demande une certaine organisation. On pratique cela sur rendez-vous. Il y a une personne au téléphone qui s’en charge. Il y a une personne dédiée à faire les tests tous les jours. On nous demande aussi de vacciner. Il faut en parallèle ouvrir des créneaux de vaccination. Quand on vaccine, on ne teste pas, pour ne pas croiser les flux ». Le pharmacien regrette cependant le manque d’information qui concerne la gratuité des autotests : « On n’a pas d’informations sur la prise en charge de la sécurité sociale. Le principe serait que les gens présentent un test positif. Ils repartent avec deux autotests pris en charge par la sécurité sociale. Ils font le test à J+2 et à J+4 ».

Des pharmacies en quête de stocks d'autotests

Le pharmacien rappelle les difficultés des officines pour se fournir en autotests : « Mon souci est que j’ai des boîtes de 5 autotests dans ma pharmacie. On est obligés de déstocker, de faire des photocopies de notices, de noter les numéros de lots. Mais on pourra faire face. Dans le Puy-de-Dôme, notre souci est que nos fournisseurs ont été pillés par les grandes surfaces qui n’avaient jusque-là pas le droit d’en vendre. Désormais elles le peuvent, donc c’est un peu tendu d’avoir des commandes pour les prochains jours mais on va essayer de trouver des fournisseurs pour les autotests assez rapidement ».

Par ailleurs, la liste des laboratoires, pharmacies et centres de dépistage du département est disponible en ligne.

Voici quelques centres de dépistage dans le département :

. Centre Covid Ambert allée des sports 63600 Ambert
. lbm Gen-Bio Clermont-Ferrand Gravanches 8 r Jacqueline Auriol 63000 Clermont-Ferrand
. Dépistage covid - hôpital Gabriel Montpied – CHU 63 58 r Montalembert 63003 Clermont-Ferrand cedex 1  
. lbm Daux 2 place du général De Gaulle 63500 Issoire
. lbm Gen-Bio Riom av de Châtel-Guyon 63200 Riom