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Cultura, Fnac, Leclerc : y a-t-il trop d’enseignes culturelles à Clermont-Ferrand ?

Le 90e point de vente de l’enseigne Cultura va ouvrir ses portes le 15 mai à Aubière, dans l’agglomération clermontoise. Un espace de 2 400 m2. / © K. Tir / France 3 Auvergne
Le 90e point de vente de l’enseigne Cultura va ouvrir ses portes le 15 mai à Aubière, dans l’agglomération clermontoise. Un espace de 2 400 m2. / © K. Tir / France 3 Auvergne

Après la Fnac et Leclerc, c’est au tour de l’enseigne Cultura de faire son entrée dans le paysage culturel de l’agglomération de Clermont-Ferrand, mercredi 15 mai. Une arrivée qui inquiète les librairies indépendantes. Y a-t-il trop d’enseignes culturelles à Clermont-Ferrand ?

Par Aurélie Albert

Le 90e point de vente de l’enseigne Cultura va ouvrir ses portes le 15 mai à Aubière, dans l’agglomération clermontoise. Un espace de 2 400 m2 avec une librairie de plus de 35 000 références, une offre vidéo, de la musique, du gaming, des jeux éducatifs, de la papeterie, des beaux-arts, une académie musicale pour apprendre un instrument, etc. Des animations seront également proposées comme des showcases, des rencontres avec des auteurs, des démonstrations et des tests de produits. 
 

« Est-ce que les grands noms de la littérature voudront venir sur le parking d’Auchan ? »

Un éventail culturel qui n’est pas du goût de tout le monde dans l’agglomération clermontoise. A la librairie les Volcans basée dans le centre de Clermont-Ferrand, cette arrivée inquiète. « On ne peut pas s’en réjouir : on avait déjà deux espaces culturels avec Leclerc, à la Pardieu et au Brezet, explique Olivier Cueilhe, responsable communication politique événementielle à la librairie et salarié coopérateur. Il y avait déjà un potentiel conséquent. D’autant que l’on a le sentiment qu’ils s’inspirent de nous en voulant organiser des événements et des dédicaces »
 

Une mauvaise nouvelle pour la coopérative qui a survécu en 2014 grâce à la mobilisation des clients, des salariés et des élus et qui chaque année, depuis sa réouverture, propose plus de 400 animations. 
« On est déçus, ajoute Olivier Cueilhe. On se bat pour préserver un tissu local intra-muros. Nous ne savons pas comment les choses vont évoluer. Même si beaucoup de clients nous soutiennent, il y a le quotidien et la praticité. Après nous ne savons pas non plus si des grands noms comme Hubert Reeves, Guillaume Musso, Douglas Kennedy et d’autres, voudront venir sur le parking d’Auchan, à Aubière ».
 
 

Que le meilleur gagne ! 

Du côté des espaces culturels Leclerc, l’arrivée de Cultura n’inquiète pas. « Il y a de la place pour tout le monde. Que le meilleur gagne. La pluralité de l’offre, c’est bon pour les clients. La compétition, c’est quelque chose de sain, pour offrir le meilleur aux clients, évoque un porte-parole des centres Leclerc. Nous, on va continuer ce qu’on sait faire et on s’adaptera. C’est le client qui compte, c’est lui qui vote tous les jours. Nous, on développera autre chose »

L'enseigne Fnac, quant à elle, n'a pas souhaité s'exprimer sur ces « affaires concurrentielles »
 

Chacun sa clientèle

Du point de vue de la direction de Cultura, cette ouverture est une opportunité pour chacun. Son directeur, Stéphane Cascarino, n’est pas un novice en la matière (passage à la Fnac de Clermont-Ferrand ou encore dans un espace Leclerc à Saint-Etienne). « C’est un secteur qui a un réel potentiel, commence le nouveau directeur. On va offrir une gamme différente et on va compléter une offre déjà existante. On est différent de la librairie les Volcans, on ne s’adresse pas aux mêmes personnes. Par exemple toute la partie universitaire, je ne l’ai pas. On est sur des marchés différents ».
Autour de la question évènementielle : « ce n’est pas nouveau, c’est un geste métier dans l’univers de la librairie, de la musique avec les showcases ». Il ajoute : « chacun aura sa place. Et généralement l’arrivée d’un concurrent nous oblige à nous dépasser. Je peux entendre les craintes, mais je les trouve disproportionnées par rapport à la réalité. Finalement, ce sont les clients qui décideront »
 

Un projet qui n'avait pas fait l'unanimité

Une implantation qui avait divisé les élus de l’agglomération clermontoise. Le 8 décembre 2016, devant la Commission départementale d’aménagement commercial, le représentant de l’agglomération, Olivier Bianchi, avait voté contre le projet d’installation. De l’autre côté, le maire d’Aubière, Christian Sinsard, avait émis un avis favorable. Le contexte était alors différent : l’installation du fast-food, Burger King, n’était pas encore acté et faisait l’objet de polémiques. 
 

Lorsque l’implantation du Burger King a été actée par la préfète du Puy-de-Dôme, le maire d’Aubière avait ensuite envoyé un courrier à la Commission et avait changé d’avis sur le projet de Cultura. Il affirmait alors que ce nouveau projet pourrait surcharger les voies de circulation et nuire à la circulation dans le secteur. 
Malgré les craintes et les revirements de situation, la Commission nationale d’aménagement commerciale a rendu, en procédure d’appel, un avis favorable à l’implantation du Cultura. Le maire de Clermont-Ferrand avait alors évoqué son regret dans un communiqué : « cette décision est néfaste, car il en va de l’équilibre fragile entre les librairies/papeteries indépendantes de centre-ville et les grandes surfaces de produits culturels installées en périphérie ».

Après toutes ces péripéties, Cultura verra bien le jour dans la zone industrielle d’Aubière, le 15 mai. 31 salariés ont été employés sur le site dont 23 en CDI. 

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