Des solutions alternatives face au manque de gynécologues dans le Puy-de-Dôme

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Écrit par AA avec Laurence Laborie

En Auvergne, les gynécologues sont peu nombreux, il est donc difficile de prendre un rendez-vous. Mais d'autres solutions sont possibles comme voir un médecin généraliste ou alors une sage-femme. Un centre de santé pluriprofessionnel à orientation gynécologique a été ouvert à Clermont-Ferrand.

En France, selon un rapport du Sénat, 13 départements n’auraient aucun gynécologue médical, surtout dans le milieu rural, c’est le cas en Corrèze et dans la Creuse. Sandy vient justement de la Creuse, elle habite près d’Aubusson. Pour voir son gynécologue, elle se rend dans un hôpital privé de Beaumont, situé à 90 kilomètres de chez elle. « On n’a pas le choix de faire de la route pour trouver un praticien. Quand on en a un, on essaye de le garder », explique la jeune femme.

En France 60 % des femmes ont, au moins une fois, renoncé à faire des examens gynécologiques parce qu’elles ne pouvaient pas avoir de rendez-vous

Jean-Valère Deffarges, gynécologue-obstétricien à la Châtaigneraie et délégué régional du Syngof (syndicat des gynécologues et obstétriciens de France)

Manque de praticiens, délais allongés : pour avoir un rendez-vous avec un gynécologue, il faut parfois attendre six mois voire un an, de quoi décourager certaines femmes. Pour le docteur Jean-Valère Deffarges, gynécologue-obstétricien à la Châtaigneraie et délégué régional du Syngof (syndicat des gynécologues et obstétriciens de France), le suivi gynécologique représente 30 % de son activité. « Il faut savoir qu’en France 60 % des femmes ont, au moins une fois, renoncé à faire des examens gynécologiques parce qu’elles ne pouvaient pas avoir de rendez-vous. Et il faut savoir qu’une femme sur deux ne réalise pas ses dépistages habituels comme les frottis ou les mammographies. C’est pour ça que c’est important d’avoir des praticiens de proximité », insiste le médecin.

Les sages-femmes comme substitution au gynécologue médical

Heureusement, il existe des solutions. Lorsqu’il n’y a pas de pathologie, les sages-femmes peuvent se substituer au gynécologue médical. Leurs missions se sont élargies ces dernières années : prévention, dépistage, contraception ou encore pratique des IVG médicamenteuses. Mais on ne le sait pas toujours. « L’image de la sage-femme, c’est l’image de la femme qui pratique un accouchement. Il faut qu’on arrive à dépasser cette image. On peut suivre une patiente de 15 ans à 80 ans finalement », explique Pascale Ressouche, sage-femme et coordinatrice régionale dans l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes. Audrey est l’une des patientes de Pascale Ressouche qui la suit depuis son premier accouchement. « Avant, j’étais toujours suivie par un gynécologue, et c’est devenu compliqué quand on est venus s’installer ici de trouver un gynéco. Du coup, la sage-femme a été une bonne alternative et je suis très contente de ce choix », évoque la jeune maman. En 1992, le Puy-de-Dôme comptait trois sages-femmes libérales, aujourd’hui, elles sont 85.

Un centre de santé pluriprofessionnel à orientation gynécologique

Face à ce manque de gynécologues dans l’agglomération clermontoise, depuis mardi 7 juin, un nouveau centre a ouvert ses portes au planning familial de Clermont-Ferrand. Il s’agit d’un centre de santé pluriprofessionnel à orientation gynécologique. « Jusqu’à maintenant, on accueillait deux après-midi par semaine des jeunes mineurs ou des adultes sans couvertures sociales pour les questions gynécologiques, explique Laetitia Gisclard, co-directrice du centre. On avait beaucoup de demandes et on ne pouvait pas répondre à toutes. Tous les jours, on avait des demandes de personnes majeures pour des consultations gynécologiques. Elles ne trouvaient pas de gynécologues, car certains ne prenaient pas de nouvelles patientes ou le rendez-vous était trop tardif. Il fallait proposer quelque chose aux femmes ».


Il s’agit d’un troisième espace au planning familial, avec l’espace de vie affective relationnelle et sexuelle, et le centre de planification familiale. Il y a neuf salariés : une secrétaire médicale, une sage-femme, un médecin gynécologique et un autre médecin. Très rapidement, le centre a été pris d’assaut. Des rendez-vous ont déjà été pris jusqu’au mois de juillet. D’ici l’été, il sera aussi possible de réaliser des IVG médicamenteuses.
Dans un an, le planning familial devrait déménager dans le centre Gisèle Halimi et donc s’agrandir, d’autres médecins devraient alors être recrutés.