À deux ans des Jeux olympiques à Paris, je me suis lancé un défi : celui de tester le maximum de jeux. Et on commence avec le tir à l’arc, direction le centre régional de Riom, dans le Puy-de-Dôme. C’est un jeune champion de 17 ans qui sera mon professeur du jour.

La saison n’a pas encore tout à fait repris au centre régional de tir à l’arc de Riom, dans le Puy-de-Dôme. Les grands espaces de tir sont encore vides, seuls les panneaux sur lesquels on met les cibles n’ont pas bougé et attendent patiemment leurs archers. 
Il faut dire que la saison 2021-2022 s’est terminée tard. Du 15 au 24 juillet dernier, le club accueillait les Championnats de France de tir à l’arc extérieur. 162 des meilleurs archers français se sont déplacés. Dans le lot, il y avait Flavien Bonnet—Ognier, âgé de 17 ans. Il est arrivé à la troisième place en équipe adulte, en double mixte et en équipe jeunes, et 9e en individuel. C’est lui qui a été mon professeur du jour.

Un tir de précision 

Avant de commencer, nous avons installé les cibles sur les panneaux : une sur celui de 10 mètres et une autre sur celui de 60 mètres. Bien sûr, celle de 10 mètres était pour moi, c’est la distance qui est prévue pour les débutants. Avant chaque séance de tir à l’arc, et comme dans tous les sports, on doit s’échauffer : la tête, les épaules, les coudes, et les poignets. Les choses sérieuses peuvent maintenant commencer. « Tout d’abord, on va devoir savoir si tu es droitière ou gauchère, évoque Flavien. On a un exercice très simple pour le savoir. Il faut que tu mettes tes deux mains en triangle, tu regardes à travers le trou que forment tes mains et tu vises ma tête. Du coup, là, je peux voir que tu es droitière parce que je vois ton œil droit ». J’aurai donc un arc de droitière et un arc de débutant, bien entendu. Flavien m’explique que pour commencer nous allons faire de l’arc « primitif », à l’instinct, donc nous n’utiliserons pas le viseur.


Pour les novices et avant de commencer à tirer, il faut connaître quelques règles de sécurité : il faut vérifier qu'il n'y a personne dans la zone de tir et on ne doit pas mettre la flèche sur l’arc tant que nos deux pieds ne sont pas à cheval sur la ligne du pas de tir.
« Pour mettre la flèche, tu remarques qu’il y a deux plumes de la même couleur et une de couleur différente, c’est la plume coq. Cette plume coq, tu dois la mettre face à toi. On prend les trois doigts, l’index, le majeur et l’annulaire et tu tires la corde jusqu’au niveau de ton œil ». Bien évidemment, il faut viser le centre de la cible qui est en jaune. La posture est particulière : vous l’avez sûrement remarqué si vous avez déjà vu des compétitions de tir à l’arc, mais pour tirer, on doit se tenir de profil. Une position qu’il faut travailler régulièrement pour être à l'aise. 

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Une nouvelle saison de "J'ai testé pour vous" commence. Cette année on a décidé de tester le tir à l'arc au centre régional de Riom. ©Reportage : Aurélie Albert, Jean-Loup Blanchon, Laurent Janin, et Sébastien Bonnetot

Un tir détendu

Après avoir suivi toutes les indications de Flavien, je tire dans la cible et dans le cercle rouge (ce qui n’est pas si mal pour un début). J’ai même réussi à atteindre la zone centrale de la cible, à savoir la couleur jaune. « Pour être un bon archer, il faut être calme, m’explique Flavien. C’est un sport qui demande beaucoup de concentration du coup, il faut être détendu. Avant, je ne l’étais pas du tout, et je le suis devenu avec le tir à l’arc. Pour tirer, souvent, on est en apnée, comme les snipers. Quand on respire, on a tendance à bouger légèrement du coup, on bloque la respiration au moment de tirer et après, on relâche. Tu fermes l’œil gauche et avec ton œil droit, tu mets la pointe de ta flèche dans le jaune ».
Flavien a commencé le tir à l’arc il y a 11 ans, à l’âge de 6 ans, dans le centre régional de Riom. « J’ai découvert le tir à l’arc dans le centre-ville de Riom, il y avait une animation, j’ai essayé et j’ai tout de suite accroché. Ce qui me plaît dans le tir à l’arc, c’est qu’il faut être précis. Il y a des longues distances. J’aime bien tout l’aspect compétition aussi qui peut être sur plusieurs jours. Il y a le côté mécanique avec l’arc : il faut le régler, en prendre soin. C’est un critère de performance ».

Un tir de compétition

Les Archers Riomois ont été créés en 1979. Il fait partie des plus grands clubs Français selon la Fédération française de Tir à l’arc. Il compte près de 200 licenciés. Le club accueille régulièrement des championnats, du niveau départemental au niveau international. À son actif, le club a obtenu près de 40 titres de champion de France, 26 médailles internationales, et 9 Riomois ont été sélectionnés en équipe de France. Historiquement, le tir à l’arc était essentiellement utilisé dans la chasse et dans la guerre. Il a été introduit dans les Jeux olympiques en 1900 jusqu’en 1920. Après une longue interruption, il a été réintroduit en 1972.
Flavien fait de la compétition depuis 8 ans et il a tout le matériel nécessaire, à commencer par son arc de compétition dont il prend bien soin. Il est bien loin de mon arc de débutant et il n’a pas le même poids non plus. Chaque arc est adapté à son propriétaire. « Lorsque je tire avec mon arc de compétition, c’est comme si je tirais une flèche de 20 kg. C’est pour ça que l’on a différents accessoires sur l’arc comme la « stable », un grand tube qu’il n’y a pas sur les arcs de débutant. Elle permet de stabiliser l’arc, et d’absorber toutes les vibrations de l’arc ». J'ai quand même voulu essayer de tirer avec son arc de compétition : un échec. 


Siham une jeune archère du club âgée de 14 ans, nous a rejoint. Elle a amené son arc de compétition, auquel elle ajoute des accessoires de protection : un à l’épaule et un autre à l’avant-bras. En compétition extérieure, les jeunes m’expliquent qu’ils peuvent tirer 72 flèches, ce qui leur fait un score sur 720. Tous les deux me font une petite démonstration de tir à 60 mètres. Rien à voir avec ma prestation à 10 mètres… Mais je ne me suis pas laissé démonter, je leur ai même lancé un défi : la flèche la plus proche du centre gagne. Évidemment, ce fut un nouvel échec. Ce fut Flavien le grand vainqueur qui a atteint le centre de la cible.


Pour s’améliorer, comme dans tous les sports, il faut s’entraîner tous les jours. Tout le monde peut s’y mettre à partir de 6 ans. Flavien, lui, va continuer les compétitions, mais devrait bientôt devenir entraîneur dans le club de Riom.