Clermont-Ferrand : un père attaque l'État pour “inaction” après avoir été privé de sa fille pendant 10 ans

La justice ne reconnait pas d'inaction de la part de l'Etat dans l'affaire Xavier Couderc. / © LOIC VENANCE / AFP
La justice ne reconnait pas d'inaction de la part de l'Etat dans l'affaire Xavier Couderc. / © LOIC VENANCE / AFP

L'attente de Xavier Couderc, un père de famille de Clermont-Ferrand, aura duré dix ans. Dix ans sans voir sa fille Christine, emmenée par sa mère en République Tchèque à l'âge de sept ans. Aujourd'hui réunis, père et fille entendent faire "rendre des comptes" à la justice française.

Par Solenne Barlot

L'affaire commence lorsque Xavier Couderc, routier clermontois, se sépare de sa compagne en 2003. Il voit cette dernière partir en République Tchèque avec leur fille de sept ans, dont elle a obtenu la garde. Le père de famille souhaite tout de même exercer son droit de visite. Il se rend sur place plusieurs fois sans pour autant parvenir à voir son enfant. En 2008, la fillette est enlevée par sa mère. Xavier Couderc perd sa trace. Commence alors une longue bataille judiciaire. En tout, 58 plaintes seront déposées pour non présentation d'enfant puis enlèvement, entre Prague et la France.

Dix ans de combat et 58 plaintes

En 2012, soit neuf ans après le début de la procédure, un juge d'instruction lance finalement un mandat d'arrêt international contre l'ancienne compagne du Clermontois. Xavier finit par retrouver sa fille Christine au Venezuela grâce à un détective privé qui réussit à obtenir l'adresse de l'adolescente. Ils commencent à s'écrire, jusqu'à ce qu'elle exprime le souhait de revenir vivre en France. Désormais étudiante en Master, Christine vit près de son père à Clermont-Ferrand. La mère a, quant-à-elle, été incarcérée un an au Venezuela suite au mandat d'arrêt international émis à son encontre puis condamnée à 200 jours-amende pour non-présentation d'enfant et enlèvement par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand.

"Inaction" et "humiliations" de l'Etat

Mais, pour Xavier Couderc, le combat ne s'arrête pas là. Il entend faire valoir une "faute lourde" de l'État pour son "inaction" face aux nombreuses plaintes et démarches, jamais suivies d'effet. Le Tribunal de Grande Instance de Paris a reconnu la faute lourde commise par le procureur de la République à l'encontre de Xavier Couderc. Selon Maître Anne-Laure Lebert, avocate de Xavier Couderc depuis un an et demi, son client aurait subi des humiliations de la part du procureur :"Il lui disait d'arrêter de les harceler, que sa fille était perdue, qu'elle n'était peut-être même pas sa fille".  Sur un million d'euros demandés en réparation du préjudice moral lié à la séparation prolongée avec sa fille, il n'a obtenu que 10 000 euros de dommages et intérêts. Insuffisant pour l'avocate puisque la justice n'a pas reconnu son inaction. "Ils ont considéré que la justice française n'était pas compétente pour traiter les plaintes de mon client puisque Catherine a été enlevée en République Tchèque et non en France", regrette Maître Lebert. Xavier Couderc aurait affirmé vouloir faire appel de cette décision. La date du procès en appel devrait être fixée courant 2020.
 

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