Le chanteur -M- retrouve la route des tournées en débutant les 8 et 9 avril sur la scène de la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme. L’occasion d’entendre en concert plusieurs chansons de son nouvel album, dont son titre phare intitulé lui aussi « Rêvalité ».
Après une coupure et des reports imposés par la crise sanitaire et le Covid 19, le chanteur -M- (Matthieu Chedid, le fils de Louis Chedid) remonte sur scène. Il a choisi de débuter sa tournée à la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme, labéllisée Scène de musiques actuelles pour y jouer en public plusieurs des nouvelles chansons de son album « Rêvalité » ; un nom que portent à la fois l’album, une chanson et le clip emblématique de ce retour qui a été offert en ligne aux fans le 17 mars 2022 à 0 heures.
-M- après Clermont-Ferrand enchaînera avec une tournée en France de 13 dates qui le conduira aux Folies Bergères à Paris du 4 au 22 mai, puis aux Nuits de Fourvière à Lyon les 20, 21 et 22 juin avant une tournée dans les Zéniths en septembre.
A la veille de son premier spectacle, il a répondu aux questions de Valérie Mathieu pour la rubrique hebdomadaire « Par Ici Les Sorties », consacrée aux spectacles et aux rendez-vous culturels en Auvergne.
Débuter la tournée à la Coopérative de Mai, c’est un porte-bonheur ?
"Je crois que la première fois, c’était en 2000 dans le club avec Didier Veillault. Ça part toujours de l’âme des gens qui créent un lieu, une identité, une équipe et j’ai toujours adoré venir ici depuis la première fois. Et ça a été effectivement presque un porte-bonheur le fait de commencer ces aventures ici, c’est quelque chose qui m’inspire. Là on voulait repartir dans des salles moins grandes. Didier Veillault, c’est un être à part pour moi car il a une sensibilité, un goût, on a une culture en commun, culture musicale en tout cas, on a aussi Alain Bashung en commun. Tout cela fait que je me sens à la maison".
Pourquoi débuter la tournée ainsi avant les Zéniths et les autres salles ?
"C’est l’idée de revivre des moments un peu uniques avec le public, c’est-à-dire que là, je vais pouvoir pour la première fois chanter des nouvelles chansons de cet album, en tous cas la moitié de l’album à ce public qui va découvrir ces chansons et j’aime bien cette idée-là de moments précieux. C’est une démarche : les gens sont venus jusqu’à moi et vont entendre des chansons avant mon oncle, avant des gens de ma famille… Donc il y a une intimité qui se crée et qui est rare de nos jours. Aujourd’hui on est impatients, on a tout à l’instant-même où on a une idée, une pensée, un oubli. On va tout de suite chercher l’information. Là j’aime bien cette idée que même avant les journalistes, le public va découvrir les chansons de ce nouvel album et en plus évidemment un groupe extraordinaire et plein de surprises. J’ai besoin de retrouver ces moments-là.
J’aurais pu faire la même chose dans un Zénith, mais c’est l’idée de repartir dans des lieux plus intimes. C’est une façon de reprendre possession des lieux parce que ça fait quand même 2 ans et demi que je n’ai pas joué. Ce n’est pas des petites salles d’ailleurs car c’est grand ici, mais c’est des lieux différents, des endroits différents. Et c’est vrai que quand je reviens à la Coopérative de Mai, c’est aussi en pensant à mes débuts, à mon histoire d’avant, et sans être nostalgique, c’est un peu un retour aux sources".
Le nouvel album et ce titre « Rêvalité », c’est le rêve, la réalité, les mettre ensemble, les dissocier ?
"C’est l’idée qu’on est dans un monde qui oppose beaucoup de choses tout le temps. Ma grand-mère dirait que c’est la pleine réalité, c’est-à-dire pourquoi opposer le rêve et la réalité, pourquoi ne pas comprendre que c’est la même chose. On vit autant dans nos rêves que dans sa réalité ; on a chacun une vision et une réalité différentes. On voit bien ce que ça peut donner comme atrocités dans le monde parfois, que chacun a une réalité opposée. Et j’ai tendance à dire que c’est la pleine réalité. « Rêvalité » c’est unir ces deux mondes et de n’en faire qu’un parce que je crois beaucoup à l’unité des choses. Et pourquoi violet aussi ? Parce que c’est très enfantin. Je fais ça toujours avec un regard très enfantin, je ne me prends pas très au sérieux heureusement mais j’associe la réalité au rouge, c’est le sang, c’est la vie, c’est l’émotion. J’associe le rêve au bleu qui est quelque chose de lunaire, un peu nébuleux et donc la rêvalité est violette évidement puisque c’est l’association des deux".
D’où la -M- mobile violette ?
"Oui, c’est un retour à tous mes flashs d’enfance à travers les superhéros, notamment Superman. Et puis j’ai la chance en tant qu’artiste de rêver ma vie, de vivre mes rêves, beaucoup. Donc ça marche bien dans le monde de l’art et dans le monde de l’enfance aussi.
Et de les partager surtout, tout le monde n’a pas ce pouvoir de partager. Oui, de diffuser ces bonnes ondes, la musique c’est des vibrations et j’ai très envie de les diffuser et de tirer si possible les gens vers le haut parce que la musique peut quand même nous alléger la vie".
On vous a connu rock, funk, afrique et là c’est plus disco…
"Quand je pense à des choses, elles me viennent comme ça, enfin après un travail avec les musiciens, mais je ne cherche pas forcément à faire du disco ou du funk. Je me dis : voilà, c’est un truc d’énergie. Je suis libre à ce niveau-là. Je ne suis pas inquiété par les modes, je ne sais pas trop ce qui passe à la radio. Je suis parfois d’ailleurs très heureux de m’entendre à la radio avec des morceaux qui sont totalement à côté de la plaque au niveau du style musical, de ce qu’on entend aujourd’hui et ça me rassure de voir que l’on peut encore, parce que c’est plus du -M- que du reggae ou du rock. C’est comme quand j’écoutais les Rita Mitsouko, Serge Gainsbourg ou Alain Bashung, c’est l’âme de l’artiste qui dépasse le style musical".
Dans cette tournée, ça va être un mélange entre « Rêvalité » et les chansons que tout le monde connaît ?
"Je fais des concerts pour faire du bien aux gens donc je suis très conscient de la madeleine de Proust. Quand on fait une chanson qui existe depuis 20 ans, je sais qu’elle appartient à des moments de vie, des rencontres, des situations, des émotions et donc évidement, j’ai très envie de faire vivre ça aux gens".