Législatives 2022. Dans le Puy-de-Dôme, "la coalition de la NUPES a parfaitement produit ses effets”

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Carton plein pour la NUPES dans le Puy-de-Dôme, la coalition de gauche arrive en tête dans les 5 circonscriptions au 1er tour des élections législatives du 12 juin. Un politologue analyse les résultats et les duels à venir.

La NUPES rafle tout dans les 5 circonscriptions du Puy-de-Dôme : le rassemblement de la gauche arrive en tête dans le département au 1er tour des élections législatives. Les candidats de la majorité présidentielle se maintiennent dans la majorité des circonscriptions. Le politologue et président de l’université Clermont-Auvergne Mathias Bernard analyse le 1er tour.  

La gauche fait-elle un retour dans le Puy-de-Dôme ?  

Mathias Bernard : “Dans le Puy-de-Dôme, on peut dire effectivement que la coalition de la NUPES a parfaitement produit ses effets. Nous sommes dans un département qui, jusqu'en 2017, avait une représentation parlementaire qui était très majoritairement à gauche. On retrouve évidemment ce soir dans les 5 circonscriptions les candidats de la NUPES qui sont en tête, avec bien sûr, dans certains cas, des ballottages plus favorables que d'autres." 

Ces candidats NUPES sont-ils dans une position favorable ?  

Mathias Bernard : “Que ce soit André Chassaigne, dans sa circonscription de Thiers-Ambert ou la députée sortante Christine Pirès-Beaune, ils sont en ballottage très favorable. Ce n’est peut-être pas forcément l'étiquette NUPES qui explique cette position. C'est également leur travail de député sortant. Ils faisaient figure de favoris. On a également Marianne Maximi dans la première circonscription du Puy-de-Dôme qui est, on peut aussi le dire, en ballottage favorable. Dans les circonscriptions d'Issoire et Clermont-Montagne, là, on est sur un jeu beaucoup plus ouvert. Dans la circonscription de Clermont-Montagne, la 3ème, il y a une bonne résistance de la députée sortante Laurence Vichnievsky qui est finalement, parmi les sortants et les candidats de la majorité sortante, sans doute celle qui arrive le mieux à tirer son épingle du jeu et qui n'a que 2 points de retard derrière le candidat Europe Ecologie les Verts et sans doute davantage de réserve de voix. Ces circonscriptions sont plutôt dans une situation qui est quand même relativement ouverte.”  

Ce 1er tour est-il également un revers pour Les Républicains ?  

Mathias Bernard : “Dans la circonscription d’Issoire, ce qui est peut-être le plus frappant, au-delà du fait qu'on a un duel NUPES et majorité présidentielle, c'est quand même l'effacement de la candidate des Républicains, qui était pourtant une élue locale et une conseillère régionale plutôt bien implantée localement. Le parti les Républicains avait d'ailleurs été finaliste lors des législatives 2017 dans la circonscription et là elle arrive seulement en 4ème position et c'est une surprise dans cette circonscription que de voir ce faible score du parti, alors même que, par exemple ce parti tient la ville d’Issoire qui est la principale ville de de cette circonscription.” 

Constate-t-on un clivage entre territoires ruraux et urbanisés ? 

Mathias Bernard : “La logique des circonscriptions fait qu’on a un panachage. Il n’y a aucune circonscription qui est 100% clermontoise. La ville de Clermont est répartie sur 3 des circonscriptions. On voit bien quand même, dans la circonscription de Thiers-Ambert, le score très important d'André Chassaigne, qui est dans cette position de défense de la ruralité et le score aussi important du challenger Rassemblement national. À eux 2, ils font quasiment 70% des voix autour d'une ligne protestataire, antilibérale. Il y a quand même une particularité qu’on retrouve dans ces législatives : des cultures politiques traditionnelles. Dans la 3e circonscription du Puy-de-Dôme qui était celle de Valéry Giscard d'Estaing puis de Louis Giscard d'Estaing, on a une candidate MoDem qui risque de bien s'en sortir. Dans d’autres circonscriptions qui sont culturellement plus à gauche, ce sont les candidats de la NUPES qui sont en position favorable. On a plutôt un retour à des cultures politiques traditionnelles.” 

A quoi peut-on s’attendre pour le second tour ? 

Mathias Bernard : “On est dans un contexte politique où les reports de voix ne sont pas du tout automatiques puisqu'on a une tripartition du paysage politique entre une gauche qui est dominé par la NUPES, le centre incarné par la majorité présidentielle et puis la droite et le Rassemblement national. On pourrait penser que les candidats de la majorité présidentielle sont les mieux positionnés parce qu'ils peuvent, contre un candidat NUPES, rassembler l'électorat de droite. Mais ce n’est pas si évident que ça, et c'est l'angle d'attaque des candidats NUPES, c'est de faire du 2ème tour un référendum : pour ou contre Emmanuel Macron. Là, l’anti-macronisme, quelque chose qui dépasse le clivage droite-gauche, peut capter les candidats qui sont opposés à la majorité présidentielle, que ce soit dans le Puy-de-Dôme avec les candidats NUPES ou dans la Haute-Loire et le Cantal, les candidats Les Républicains par exemple.” 

Avec un taux d’abstention qui s’échelonne entre 45 et 53% dans le département, rien n’est joué pour le second tour, qui opposera : 

  • 1ère circonscription : la candidate NUPES Marianne Maximi (34,50%) et la candidate Ensemble Valérie Thomas (27,33%) 
  • 2ème circonscription : la députée sortante Christine Pirès-Beaune (NUP) (41,84%) et la candidate Ensemble Karina Monnet (18,81%) 
  • 3ème circonscription : Nicolas Bonnet (NUP) avec 30,10% des suffrages et Laurence Vichnievsky (ENS) avec 28,30% 
  • 4ème circonscription : la candidate NUPES Valérie Goléo (30,73%) face à la candidate Ensemble Delphine Lingemann (25,46%) 
  • 5ème circonscription : le député sortant André Chassaigne (NUP) obtient 49,13% des suffrages, face à Brigitte Carletto (RN) avec 19,06% 

Les résultats complets sont à retrouver ici.   

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