Manifestation anti corrida à Clermont-Ferrand : « Torturer un animal à mort pendant 20 minutes, c’est la honte de la France »

Le samedi 19 novembre, les opposants à la corrida sont appelés à se rassembler à Clermont-Ferrand à l’appel d’organisations de défense de la cause animale. Elles dénoncent des « abattoirs à ciel ouvert ».

C'est un rassemblement unitaire organisé partout en France le samedi 19 novembre et dimanche 20 novembre à l'initiative du CRAC Europe, le Comité Radicalement Anti Corrida, du parti Animaliste, Europe écologie les Verts, L 214, One Voice mais également d'autres associations locales et nationales. A Clermont-Ferrand également, les opposants à la corrida sont appelés à se rassembler samedi. Laurent Miolane, délégué départemental du CRAC dans le Puy-de-Dôme, explique : "L'objectif est d'informer la population qu'en ce moment, il y a des choses importantes qui se passent à l'Assemblée Nationale et notamment au sujet de l'interdiction de la corrida, qui sera débattue le 24 novembre à l'Assemblée. Muriel Arnal, fondatrice de One Voice, est bien évidemment pour l'interdiction de la corrida : "On veut montrer que dans toutes les villes et dans toutes les régions, les Français ont cette ambition. C'est une exception à la législation qui protège les animaux. On mettrait fin à cette exception. Ce n’est pas un grand bouleversement. On a des textes qui protègent les animaux des actes de cruauté, à l'exception de la corrida et des combats de coq. C'est, somme toute, extrêmement logique et ça aurait dû être fait depuis très longtemps. »

"C'est une atrocité pour l'animal"

Pour Laurent Miolane, la corrida est une atrocité : "On nous explique avec les sondages que 75% de la population est opposé à la corrida dans toute la France et pourtant, on voit que cette tradition perdure, bien qu’elle soit néfaste autant pour le bien-être animal que pour l'image de la France. Ce n'est pas une tradition qu'il faut défendre, bien au contraire. C'est un abattoir à ciel ouvert. C'est une tradition qu'il faut enterrer. C'est une atrocité pour l'animal, on a besoin de torturer et de tuer un animal pour satisfaire le public, uniquement pour un loisir. C'est une tradition que les gens n'acceptent plus. C’était accepté il y a quelques années mais maintenant, la population, et notamment les jeunes, se désintéressent totalement de ce loisir. Muriel Arnal a vu, elle aussi, les mentalités changer. Pour elle, abolir la corrida est la suite logique de l’évolution de la société : “L'évolution de la société est très claire, ça ne concerne pas que la France, ça concerne le monde entier. On voit que la planète va mal. Les générations d'aujourd'hui n'ont plus envie de voir souffrir les animaux. C'est toujours trop tard. Mais là, maintenant, il faut le faire. 

"On parle de l'abolition de la corrida, pas l'abolition de la tauromachie"

Laurent Miolane ajoute : "Tous les ans, il y a, à peu près, 800 à 1 000 veaux et taureaux qui sont sacrifiés dans les arènes françaises. Il n'y a pas que les taureaux, il y a aussi les chevaux. Lors d'une corrida montée, des chevaux sont blessés ou tués par les armes blanches des toreros, ou peuvent être éventrés avec les cornes des taureaux. On n’en parle jamais mais ça existe. » Il a bon espoir que les débats aboutissent à une abolition : “C’est la pratique qui a le plus de chances d'être abolie, avant la vivisection sur les animaux, avant la fermeture des abattoirs, avant les tests cosmétologiques sur les animaux ou les animaux sauvages dans les cirques .Cette pratique a pourtant ses adeptes qui défendent une tradition, un argument balayé par Muriel Arnal : "On parle de l'abolition de la corrida, pas l'abolition de la tauromachie. La course camarguaise, toutes nos traditions françaises ne sont pas touchées par cette réforme. Cette proposition de loi ne touche que la tradition espagnole, alors je ne vois pas l'argument. Pour les gens qui parlent toujours de tradition, et bien, c'est un retour à la tradition française.” 

Une loi "symbolique"

Muriel Arnal ajoute : "Ce qui pose problème, c'est la cruauté scénarisée, montée en spectacle sur des animaux qui sont extrêmement pacifiques et qui n'ont rien à faire dans une arène. Il faut protéger aussi les enfants de ces spectacles. Symboliquement, c'est important, ce n'est peut-être pas beaucoup d'animaux, mais symboliquement c'est essentiel. La corrida touche tout le monde, on a tous eu l'occasion de visiter les villes taurines. Les gens n'ont plus envie de voir de corrida en France et à Clermont-Ferrand, les gens sont Français aussi. Et c'est leur pays." Si, à Clermont-Ferrand, il n'y a pas de tradition ancrée de tauromachie, Laurent Miolane l'assure, les Auvergnats sont tout aussi concernés : “Les Clermontois, avec l’A75, peuvent aller facilement dans les villes du Sud. On est à 3 heures de Béziers et il y a des corridas à Béziers. C'est aussi pour sensibiliser la population, pour que ces gens-là n'aillent pas voir des corridas dans le Sud de la France. On leur explique que le taureau ne va pas courir dans l'arène et retourner paisiblement dans son pré. La dernière corrida en Auvergne a eu lieu il y a une trentaine d'années, c'était à Vichy. Elle a eu lieu en 1991. Vous voyez, ce n'est pas si vieux que ça.” Pour lui, il est indispensable de mettre fin à cette pratique qui dessert aussi bien, selon lui, la cause animale que l’image du pays : « Torturer un animal à mort pendant 20 minutes, c’est la honte de la France ».

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