Mois sans tabac : 5 conseils pour arrêter de fumer

Près d’un quart des Français fument quotidiennement / © Benjamin DERVEAUX / MAXPPP
Près d’un quart des Français fument quotidiennement / © Benjamin DERVEAUX / MAXPPP

Novembre, c’est le mois sans tabac. Cette drogue, licite, tue 76 000 personnes chaque année en France. Si le nombre de fumeurs a baissé de 12% dans notre pays ces deux dernières années, près de 12 millions de Français sont encore accros à la cigarette. Voici 5 conseils pour arrêter.
 

Par Julien Teiller

Près d’un quart des Français fument quotidiennement, mais chaque fumeur est un cas particulier, avec ses besoins et ses habitudes. Le processus d’arrêt doit donc être adapté à chacun. Voici toutefois cinq conseils du Dr Audrey Schmitt, addictologue au CHU de Clermont-Ferrand pour vous aider à stopper la cigarette.
 

Bien préparer son processus d’arrêt



Une fois prise la décision d’arrêter de fumer, mettez toute les chances de votre côté pour y parvenir. Pour réussir, votre projet doit être bien préparé.
Fixez-vous une date précise. Cela peut être le 1er novembre, début du mois sans tabac, ou une date qui vous est personnellement symbolique.
Changez vos habitudes. La cigarette est souvent liée à des rituels ou à des moments précis de la journée (avec le café du matin, après le déjeuner…). En modifiant votre routine, vous pouvez perdre le réflexe de sortir une cigarette. Cela vaut aussi pour les lieux que vous fréquentez. Même si les lieux publics, les bars et restaurants sont désormais non-fumeurs, certains endroits restent associés à votre consommation de tabac. Moins les fréquenter, c’est éviter d’être tenté.

Parlez-en à votre entourage. Si votre famille et vos amis, fumeurs ou non, sont au courant de votre projet, ils pourront vous soutenir dans les périodes de souffrance liées au manque, ou vous aider en cas de baisse de motivation. Vous pouvez prendre aussi la décision d’arrêter à plusieurs, le challenge est plus motivant s’il est partagé avec d’autres.
 

En parler avec un professionnel de santé



Informez vos proches, mais parlez en aussi avec un pharmacien, ou un médecin. Les professionnels de santé sauront aider et conseiller le fumeur désireux d’arrêter. Votre généraliste peut également vous prescrire des substituts nicotiniques, qui peuvent être efficaces lorsque le manque se fait sentir.
Il est aussi possible de se tourner vers un tabacologue, spécialisé dans l’accompagnement de fumeurs vers l’arrêt du tabac. Ils sont souvent un recours pour des fumeurs ayant échoué dans une précédente tentative d’arrêt. Tout le monde peut consulter un tabacologue, y compris les mineurs.
 

Utiliser un outil d’aide au sevrage



Chaque fumeur est un cas particulier. Certains parviendront à stopper net, sans utiliser de substitut. Mais pour soulager le manque de nicotine, la substance addictive contenue dans le tabac, il existe de nombreux palliatifs : patchs, pastilles, inhalateurs de nicotine… Depuis mai 2018 et la mise en œuvre du plan « Priorité prévention » de la ministre de la santé Agnès Buzyn, certains de ces produits sont remboursés, sur ordonnance.
 

Pratiquer des activités



Lorsque l’on arrête le tabac, les effets positifs sont immédiats. Hausse du tonus, meilleure respiration, et aussi économies (en 2020, le paquet de cigarettes coûtera 10 euros). Le monoxyde de carbone, lié à la combustion du tabac que vous inhalez, disparaît de l’organisme au bout de 24 heures.
Lors de la pratique d’un exercice physique, vous ressentirez immédiatement les bénéfices de votre arrêt de la cigarette. Le sport est donc excellent pour vous motiver, mais il permet aussi de ne plus penser à l’envie de fumer.
C’est aussi valable pour beaucoup d’autres activités. Lire, ou écouter de la musique vous feront oublier temporairement l’envie d’allumer une cigarette.
 

Chaque jour, se féliciter



« Tout le monde peut arrêter de fumer, même les personnes les plus dépendantes », assure Audrey Schmitt, addictologue au CHU de Clermont-Ferrand.
Mais pour surmonter le manque et ses symptômes, la motivation doit être très solide. Alors après chaque jour passé sans fumer, n’hésitez pas à vous féliciter. Ces encouragements, qui peuvent aussi venir de l’entourage, sont précieux.

 

La cigarette électronique : une aide pour dire stop à la cigarette ?

« L’important, c’est de quitter le tabac », explique l’addictologue Audrey Schmitt. Les nombreuses maladies liées à la consommation de tabac (cancers, maladies cardio-vasculaires, pathologies buccales…) sont liées à la combustion du tabac, et aux substances nocives inhalées par le fumeur.
Pour l’addictologue, la cigarette électronique peut être utilisée comme un moyen d’arrêter de fumer, ou de réduire sa consommation. « On ne la prescrit pas, car ce n’est pas un médicament, mais on ne la déconseille pas aux anciens fumeurs qui l’utilisent déjà lorsqu’ils viennent consulter », poursuit-elle.
Neuf Français sur 10 connaissent la « vapoteuse », et on estime à plus d’un million le nombre de Français qui l’utilisent. Rappelons que l’e-cigarette produit de la vapeur en chauffant des liquides composés de propylène glycol ou de glycérol, qui peuvent contenir de la nicotine. « Dans l’idéal, mieux vaut ne rien prendre », confirme Audrey Schmitt. Même si les effets nocifs de la cigarette électronique sont encore méconnus, les liquides vendus en France dans les boutiques spécialisées ou chez les buralistes sont normés et vérifiés, et on ne dénombre à ce jour en France aucun décès lié à l’e-cigarette.

 

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