La Montagne, le journal régional, fête ses 100 ans

Le journal La Montagne fête cette année à son siège de Clermont-Ferrand ses 100 ans d'existence. Un siècle de reportages, d'informations, d'analyses. Et depuis quelques années, le quotidien régional se réinvente pour conserver son lectorat. Il s'est modernisé et ne se cantonne plus au papier.
 
Le journal régional La Montagne, dont le siège est à Clermont-Ferrand, fête cette année ses 100 ans.
Le journal régional La Montagne, dont le siège est à Clermont-Ferrand, fête cette année ses 100 ans. © Maxime Van Oudendycke / France 3 Auvergne
Il y a 100 ans, à Clermont-Ferrand, Alexandre Varenne fondait le journal régional La Montagne. En dix ans, les ventes du journal papier sont passées de presque 190 000 exemplaires à moins de 150 000 en 2018. Une lente érosion qui se poursuit encore aujourd'hui. Signe qui ne trompe pas, dans les kiosques, les acheteurs du quotidien régional se font de plus en plus rares. L’un deux déclare : « Je lis l’application sur mon portable. C’est plus pratique et on a l’essentiel des infos. Tout simplement ». Une autre ajoute : « Je ne lis pas le journal. J’ai les informations sur La Montagne Facebook ». Une cliente de kiosque poursuit : « Mes parents le prenaient tout le temps, donc c’était une habitude. Maintenant non. C’est parti comme le reste ».

Le poids d'Internet

Dorénavant Internet est devenu le support par excellence pour toucher les lecteurs. Chaque matin, les cadres du journal font le point sur les audiences des articles en ligne. L'avènement des réseaux et de l'information instantanée ont poussé le journal centenaire à revoir ses méthodes de travail. Depuis 2006, fini la sacro-sainte heure de bouclage. Maintenant de nouveaux articles sont mis en ligne tout au long de la journée. Gilles Lalloz, directeur des éditions du Puy-de-Dôme, explique : « Le ton a évolué. Les formats ont évolué avec tout ce qui est support digital, pour Internet, pour les réseaux sociaux, avec une belle place à l’image, qui existe dans le journal. Mais là on peut développer beaucoup plus. On a fait ce week-end des formats énormément en images, que ce soit sur le festival Ailes et Volcans ou sur l’autoroute A75. Il y a toute une écriture liée à ces contenus qui a évolué pour être en phase avec ce qu’attendent nos lecteurs ».

Une rédaction dotée d'un service vidéo

Aujourd'hui La Montagne ne se cantonne plus aux écrits. La rédaction dispose d'un service vidéo pour réaliser des reportages. Mais aussi pour proposer de nouveaux formats conçus spécialement pour le web. Stéphanie Delannes, journaliste vidéaste, explique : « On s’est dit que l’on avait plein de commentaires, parfois pertinents, parfois un peu moins. On voulait faire quelque chose de cette matière. On s’est dit que l’on allait reprendre ces commentaires, nous-même les commenter et apporter une petite analyse sur des sujets de société ».

Des projets qui se sont multipliés

Paradoxe de l'ère numérique, alors que le journal se vend moins, La Montagne touche davantage de public. Au mois d'août, son site web a enregistré plus de 6 200 000 visites. Pas question pour autant d'abandonner le papier. Au contraire, les projets se sont multipliés ces dernières années. Sandrine Thomas, directrice des rédactions du groupe Centre France, affirme : « La Montagne, c’est aussi un groupe et une diversification, on s’est expertisé, entre guillemets, avec notamment un focus sur l’économie où vous avez les pages des mardis de l’éco. On a lancé un magazine, La Montagne Entreprendre, qui est un bimestriel ». Pour survivre, La Montagne a dû se réorganiser, revoir ses méthodes de travail et se relancer à la conquête d'un lectorat. A cent ans, le journal semble s'être offert une nouvelle jeunesse.


 
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