Mort de Raphaël Géminiani à 99 ans, une légende du Tour de France

Raphaël Géminiani est mort ce vendredi 5 juillet à l’âge de 99 ans, a-t-on appris auprès d'un de ses amis, alors que le Tour du France bat son plein. Le coureur cycliste, né à Clermont-Ferrand, a marqué l’histoire du cyclisme et particulièrement celle de la Grande Boucle. Il a toujours été très attaché à son Auvergne natale.

C’est un grand nom du cyclisme qui vient de disparaître. Raphaël Géminiani est mort ce vendredi 5 juillet à l’âge de 99 ans, dans sa maison de retraite de Pont-du-Château, a-t-on appris auprès d'un de ses amis. « Le grand fusil », ainsi l’avait surnommé son aîné Louison Bobet, pour ses accélérations répétées. Raphaël Géminiani, fils d’immigrés, né à Clermont-Ferrand en 1925, avait participé à 12 Tours de France.

Sa dernière apparition publique remonte à l'année dernière, en 2023, dans cette vidéo de France 3 Auvergne, alors que le Tour de France allait débarquer au sommet du puy de Dôme.

Il était un inconditionnel du grand Fausto Coppi, champion intouchable sur la Grande Boucle de 1952. Cette année-là, Géminiani remporte une étape mémorable, dans les Pyrénées, à Bagnères-de-Bigorre. Le public français a vu en lui un possible vainqueur du Tour, deux ans auparavant, en 1950. Cette année-là, le Clermontois échoue au pied du podium, à plus d’une demi-heure de l’inaccessible Ferdi Kübler, mais il remporte deux étapes, dont la 19e, le 3 août, à Saint-Etienne. 

Cette vidéo fait le récit de cette prestigieuse victoire.

Un coureur en jaune


L’année suivante, c’est encore un Suisse qui dicte sa loi dans la Grande Boucle, Hugo Koblet. Mais cette fois, Géminiani termine deuxième, à 22 minutes du vainqueur final. Il est quand même heureux de s’être imposé chez lui, à Clermont-Ferrand, la veille du 14 juillet. Il finira par remporter au total 7 victoires d’étapes dans le Tour de France mais devra patienter jusqu’en 1958 pour revêtir enfin le maillot jaune. Sur cette édition, Géminiani le gardera quatre jours, sans pouvoir empêcher la victoire du grimpeur légendaire luxembourgeois Charly Gaul. 

Dans cette vidéo, on voit le coureur porter la fameuse tunique jaune.

Le coureur se souvenait alors : « J’avais toute l’équipe de France sur le paletot et ils me faisaient payer très cher mes écarts de langage. Je les avais tous contre moi. Il a fallu que je lâche Bobet d’un côté, Bauvin d’un autre, que je revienne sur Anquetil et que je le lâche, et puis je suis resté là. C’est là que Gaul a fait son festival ». 

Son amitié avec Fausto Coppi


Coppi, l’idole, est devenu un ami. En décembre 1959, les deux champions font un séjour en Afrique. Ils contractent la malaria, qui emportera le grand Fausto, le 2 janvier 1960. Géminiani lui, s’en sortira de justesse. A l’époque, encore alité, il déclarait : « Après 12 jours de fièvre, je crois que je me suis tiré d’un fâcheux pas. J’ai appris la mort de Fausto Coppi. Cette terrible chose m’a atterré. Cela m’a fait une crise nerveuse. Je ne m’imaginais pas une chose aussi horrible ».
A 35 ans, « le grand fusil » va raccrocher sans jamais avoir gagné un grand Tour de France. Il aura aussi brillé sur les Tours d’Espagne et d’Italie. Une nouvelle carrière l’attend, toujours dans le cyclisme. Après avoir eu Jacques Anquetil comme rival, il en sera le directeur sportif, au milieu des années 60. 

Le retour en Auvergne


Puis vient l’heure de la retraite, sur la Côte d’Azur tout d’abord, et en Auvergne finalement : l’heure est au retour aux sources. A l’époque, il indiquait : « Je finis là où j’ai commencé. La rivière Allier est pour moi tout un symbole, toute une jeunesse. Tout Clermont venait ici, pour se baigner à Cournon. L’Allier c’était pour nous la plage, là où on a appris à nager. Il n’y a pas plus attaché à l’Auvergne que moi. Je l’aime sous toutes ses formes car elle est variée, elle est riche. En plus, les Auvergnats sont sincères et sains. Plus je vais dans la vie et plus j’apprécie la nature. Car c’est le refuge qu’on peut avoir sur tout ce qu’il y a de mauvais dans la vie ». Tout ce qu’il y a eu de bon dans la vie de Raphaël Géminiani s’est trouvé dans le cyclisme, spécialement dans ce Tour de France qu’il n’a jamais gagné. Le champion rappelait en souriant : « Je donnerai 10 ans de ma vie pour en refaire un autre. Sûr. Si j’étais centenaire, je serai plus heureux avec 10 ans de moins et avec un Tour de plus ».

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