« Nous ne serons pas la génération sacrifiée » : à Clermont-Ferrand, les étudiants se mobilisent

Mardi 16 mars, une quarantaine d’étudiants se sont rassemblés devant la présidence de l’Université Clermont Auvergne, à Clermont-Ferrand. A l’appel du syndicat étudiant UNEF, ils s’insurgent contre « la précarité de la jeunesse ».

Mardi 16 mars, à 10 heures, une quarantaine d’étudiants se sont donné rendez-vous à Clermont-Ferrand devant la présidence de l’Université Clermont Auvergne.  Cette mobilisation intervient dans le cadre d’un mouvement national, initié par le syndicat étudiant UNEF. « Nous ne serons pas la génération sacrifiée » tel était le mot d’ordre du rassemblement. Les étudiants se sont mobilisés afin de s’insurger contre « la précarité de la jeunesse ». Myke Fustier, président de l’UNEF Auvergne, indique : « Nous dénonçons la précarité de la jeunesse, que ce soit pour les lycéens, les étudiants, les jeunes travailleurs ou les mineurs isolés. On a tous des conditions de vie qui sont globalement similaires, on est tous oubliés par le gouvernement actuellement. Notre quotidien c’est galérer pour se loger, pour se nourrir, pour se soigner. Aujourd’hui on saute des repas, on est en décrochage scolaire pour beaucoup avec le distanciel ».
 

De nombreuses revendications

Pour le syndicat étudiant, la liste des revendications est longue. Parmi elles, la mise en place de mesures financières rapides pour venir en aide aux étudiants. Paco Bellouche, membre de l’UNEF, explique : « On demande aujourd’hui l’augmentation des bourses, l’augmentation des bénéficiaires de ces bourses, l’amélioration de la qualité de la restauration universitaire. On demande aussi à ce qu’il y ait l’ouverture du RSA aux jeunes entre 18 et 25 ans. Ce sont des jeunes qui se retrouvent aujourd’hui sans formation, sans travail et sans revenus, qui doivent dépendre de leurs parents ».

Lutter contre la fracture numérique

Pour le syndicat étudiant, il faut lutter prioritairement contre la fracture numérique. Myke Fustier souligne : « Par rapport au décrochage, on demande l’accès à des clés 4G pour les étudiants. On a déjà poussé et on a été entendus pour des ordinateurs qui sont maintenant à disposition, même s’il n’y en a pas forcément assez. Le problème principal vis-à-vis de la fracture numérique est la question de la connexion 4G. Selon une enquête qu’on a menée en septembre dernier, environ 11 % des étudiants n’ont pas accès à une connexion Internet stable. Parmi ceux qui y ont accès, 20 % ne le font que par la 3G ou la 4G. Ca ne peut pas être stable quand on a des cours en visio toute la semaine ».
 

On demande un retour en présentiel à la fac

Le syndicat exige aussi un assouplissement des contraintes sanitaires et plaide pour un retour en présentiel des cours. « On demande un retour en présentiel à la fac mais ça nécessite des moyens pour que ça soit fait dans de bonnes conditions sanitaires. L’objectif n’est pas de mettre les gens en danger. On exige plus de moyens pour les services de santé universitaires, notamment les services psy » précise le président de l’UNEF Auvergne. Le rassemblement a eu lieu devant la présidence de l’Université Clermont Auvergne. Tout un symbole, pour Myke Fustier : « Ce n’est pas ici qu’absolument tout se décide. Il y a beaucoup de décisions qui sont prises au niveau gouvernemental. Mais le président de l’université peut agir, avec les instances centrales, notamment pour des adaptations pour un retour en présentiel, pour le prêt d’ordinateurs et de clés 4G ». Après ce rassemblement, le cortège d’étudiants a pris la direction de la Comédie de Clermont-Ferrand. La scène nationale est occupée depuis la veille par des intermittents. Les étudiants ont tenu à leur apporter leur soutien et à leur montrer la nécessité de « la convergence des luttes ».