Olivier Bianchi n'apprécie pas l'article de Télérama sur Clermont-Ferrand

Pour son numéro du 7 au 13 octobre, le magazine Télérama a réalisé un dossier sur la candidature de Clermont-Ferrand pour devenir capitale européenne de la culture. Le produit final n'a pas plu au maire de la ville, Olivier Bianchi. / © V.P./Canva
Pour son numéro du 7 au 13 octobre, le magazine Télérama a réalisé un dossier sur la candidature de Clermont-Ferrand pour devenir capitale européenne de la culture. Le produit final n'a pas plu au maire de la ville, Olivier Bianchi. / © V.P./Canva

Candidate pour être capitale européenne de la culture en 2028, Clermont-Ferrand a fait l'objet d'un dossier dans le magazine Télérama. Interrogé dans l'article principal, le maire Olivier Bianchi n'a pas aimé le ton employé pour décrire sa ville. Il l'a fait savoir dans une lettre ouverte.

Par Valentin Pasquier

Bien que Clermont-Ferrand se présente pour être capitale de la culture en 2028, cette aventure est aujourd'hui plus que jamais d'actualité. Dès le vendredi 6 octobre, la métropole clermontoise inaugure Effervescences, un programme qui fédèrera plusieurs "rendez-vous artistiques et festifs" pour célébrer la culture de la ville candidate, qui s'étalera jusqu'en 2021, peu avant la clotûre du dépôt des candidatures.

Preuve de l'importance de l'initiative, le magazine culturel Télérama a consacré un dossier de trois pages et sa une sur la ville auvergnate. L'article principal comporte les témoignages de Cécile Finot, directrice d'Effervescence, d'Olivier Bianchi, maire PS de Clermont-Ferrand et de nombreux acteurs culturels clermontois, retranscrits par la plume du journaliste Luc Le Chatelier, spécialisé sur les questions d'architecture et d'urbanisme.





Un article qui fait preuve de "mépris" selon l'élu



Mais le résultat final ne plaît pas du tout à Olivier Bianchi. Mardi 3 octobre, le premier édile s'est étonné du ton employé par le journaliste, trop méprisant, à son goût, à l'encontre de la ville. "Vous rejouez l'énième version de l'élite parisienne qui a le monopole du bon goût quand la Province (sic) n'est que misère, ennui et désolation architecturale," fulmine le maire dans une lettre ouverte qu'il a publié le lendemain sur le réseau social Twitter.




Dans son texte, l'élu socialiste martèle sa fierté d'être clermontois, insiste sur les points forts de la ville dans le domaine de la culture. "Alors Clermont-Ferrand serait donc cette terre austère et poussiéreuse? (...) Quelle ville a fait le choix de bouillonner la culture lors des Effervescences? Quelle ville a reçu le label ville apprenante de l'UNESCO? Quelle ville a un tiers de sa population âgée de moins de 25 ans? (...) Quelle ville a la chance de sa développer au pied d'un patrimoine naturel exceptionnel et envoûtant comme la chaîne des puys?" Le maire, qui reproche au journaliste de ne pas avoir séjourné davantage à Clermont-Ferrand pour s'imprégner de la beauté de la ville, a ensuite publié une série de photos promotionnelles sur Twitter, réunies sous le mot-dièse "#çacestmaville".




... qui se révèle plutôt nuancé



La plainte d'Olivier Bianchi concerne la dernière partie du reportage, où Télérama fait part du travail encore à réaliser d'ici 2028, notamment du côté de l'espace public. L'auteur de l'article dénonce le manque de place offerte aux cyclistes ("Hors du centre ancien, le piéton se sent bien vulnérable"), le réseau de transports en commun ("la seule ligne de tram (...) ne passe même pas par la gare!") et à la verdure dans la capitale auvergnate ("à part le poussiéreux jardin Lecoq (...) la biodiversité se réduit à des vasques de pétunias sous perfusion accrochées aux lampadaires!"). Cette dernière critique est mesurée : pas vraiment verte, la ville profite tout de même de sa "proximité quasi immédiate de la montagne et à peine plus loin de deux parcs naturels régionaux".

Avant d'émettre ces remarques, le journaliste de Télérama évoque quasiment tous les points forts présentés par Olivier Bianchi dans sa lettre ouverte. Il souligne l'initiative ambitieuse du maire, tout en rappelant que "la ville ne part pas de rienCôté culture, elle peut s'enorgueillir de belles réussites". Le journaliste énumère, entre autres, la prospérité de la Comédie de Clermont-Ferrand, l'affluence considérable et "l'excellence" de la programmation du Festival du court-métrage, avant de glorifier la Coopérative de mai, "devenue au fil des ans un des places fortes du rock français et des musiques actuelles".

Entre éloge et critique, l'article - titré "Puy de culture"- se révèle plutôt nuancé. En tout cas, pas de quoi remettre en question la candidature de Clermont-Ferrand comme capitale européenne de la culture, comme le furent Lille en 2004 et Marseille en 2013.

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