PORTRAIT. A Clermont-Ferrand, la photo animalière pour passion

Plusieurs fois par semaine, tout près de chez lui, sur les hauteurs de Royat (Puy-de-Dôme), muni de son appareil et de son téléobjectif, Jean-Marc Mossang part à « la chasse » à l’image. Toujours, entre…chien et loup. / © J. Doumeng / France 3 Auvergne
Plusieurs fois par semaine, tout près de chez lui, sur les hauteurs de Royat (Puy-de-Dôme), muni de son appareil et de son téléobjectif, Jean-Marc Mossang part à « la chasse » à l’image. Toujours, entre…chien et loup. / © J. Doumeng / France 3 Auvergne

Depuis plus de 40 ans, Jean-Marc Mossang, un septuagénaire de Royat, près de Clermont-Ferrand, est un adepte de la  photo animalière. Il nous parle de sa passion. Portrait. 

Par Jérôme Doumeng

Il y a plus de quarante ans, Jean-Marc Mossang se prenait de passion pour la photo animalière. Aujourd’hui, à 71 ans, ce jeune retraité ne déroge jamais à ses petites habitudes. Plusieurs fois par semaine, tout près de chez lui, sur les hauteurs de Royat, près de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), muni de son appareil et de son téléobjectif, il part à « la chasse » à l’image. Toujours, entre…chien et loup.

« J’ai un défaut : je ne suis pas patient »


Treillis militaire, chaussures de rando, et sacoche en bandoulière : la panoplie complète du parfait photographe animalier. Tel se présente à la nature, à chacune de ses sorties, ce grand amoureux des animaux sauvages. « Le plaisir est immédiat, dès que je sors de chez moi. Je vis mon rêve, celui d’être dans la nature. Même si je ne vois pas d’animaux, ce n’est pas bien grave. Et même si je n’arrive pas à les photographier, le fait de les voir parfois bondir d’un ou deux mètres, c’est magnifique ! » Sur ce chemin de crêtes qui annonce la chaîne des Puys, Jean-Marc Mossang connaît tous les affûts propices à la rencontre avec les chevreuils, les sangliers, et les lièvres. « J’utilise un monopode que j’ajuste aux ras des hautes herbes, ma capuche camouflée sur la tête et j’attends. Le problème, c’est que j’ai un défaut : je ne suis pas patient ». Sa patience aurait donc des limites. Un comble pour un photographe suspendu à la vie si imprévisible de ses sujets. « Je vais attendre dix, quinze minutes et s’il n’y a rien, je change d’endroit. Mais j’ai fait des progrès, à une époque, c’était cinq minutes ! ».

« Eleveur » d’éperviers à Aigueperse


Photographe impatient certes, mais photographe avant tout. Son premier appareil, Jean-Marc l’a acheté pour immortaliser les premiers jours de sa fille, c’était en 1972. Sans le savoir, il achetait alors le premier appareil d’une longue série. A ce jour, sa collection en compte près de trois cents. En quarante années de pratique, il a donc réalisé des portraits, de la macro, et saisi bien des paysages, parfois lointains. Il faut dire que, dix ans durant, il a travaillé à l’international pour un grand groupe français de la construction : l’Iran, l’Egypte, l’Arabie Saoudite, la Côte d’Ivoire. Des expériences professionnelles qui ne l’ont pas pour autant déracinées de sa région natale. Originaire d’Aigueperse (Puy-de-Dôme), il se souvient de ses années d’enfance à monter dans les arbres pour s’émerveiller des nids d’oiseaux. Jeu initiatique. «Je grimpais dans les peupliers de quinze, vingt mètres de haut, pour dénicher les jeunes éperviers, je les ramenais ensuite chez moi pour les élever. Aujourd’hui, je me ferais taper sur les doigts ! ».
Photo prise dans le Puy-de-Dôme par Jean-Marc Mossang. / © Jean-Marc Mossang
Photo prise dans le Puy-de-Dôme par Jean-Marc Mossang. / © Jean-Marc Mossang
 

« Le téléphone portable ? même pas pensable »   


Son terrain de chasse, c’est aujourd’hui le plancher des vaches. Il ne monte plus dans les arbres mais se réfugie à leurs pieds, derrière un tronc, à la tombée du jour. Toujours. A l’heure où les animaux ne craignent plus la présence de l’homme. Il s’emporte : « Je ne prends jamais mon téléphone portable, pour ne pas être dérangé au moment critique. Vous vous rendez-compte ! c’est juste quand vous avez un animal devant vous et que vous vous apprêtez à le photographier que le téléphone sonne ! Ce n’est pas pensable, donc, pas de téléphone ! ». Voilà le débat clos : de mobile, il n’y a que lui et les animaux. D’ailleurs, voici quinze bonnes minutes qu’il est replié là sur ses jambes, derrière son appareil, à l’ombre d’un chêne, à bouillir dans sa tenue camouflée. Dans sa ligne d’horizon, pas la moindre branche qui bouge, pas le moindre animal ne daigne s’offrir à la vue. Il ne tient déjà plus en place. « Bon allez ! Je vais aller voir ailleurs…en plus, j’ai une crampe ».  Fidèle à lui-même, Jean-Marc a, une fois encore, des fourmis dans les jambes. Qu’importe, il reviendra demain même si, ce soir, les animaux lui ont posé un…lapin. 
PORTRAIT. A Clermont-Ferrand, la photo animalière pour passion
Il y a plus de quarante ans, Jean-Marc Mossang se prenait de passion pour la photo animalière. Aujourd’hui, à 71 ans, ce jeune retraité ne déroge jamais à ses petites habitudes. Plusieurs fois par semaine, tout près de chez lui, sur les hauteurs de Royat, près de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), muni de son appareil et de son téléobjectif, il part à « la chasse » à l’image. Toujours, entre…chien et loup. - J. Doumeng / W. Jouffrey / L. Janin / France 3 Auvergne

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