Pourquoi à la prison de Riom (Puy-de-Dôme) des détenus dorment sur des matelas au sol

La prison a été inaugurée en 2016 et il faut déjà faire des travaux : au centre pénitentiaire de Riom, près de Clermont-Ferrand, 21 cellules sont inutilisables à cause des fenêtres. Trop fragiles, elles ne tiennent pas le choc et sont donc régulièrement cassées.

Au centre pénitentiaire de Riom, près de Clermont-Ferrand, certaines cellules de la maison d’arrêt ne peuvent pas accueillir de détenus. Elles sont inutilisables à cause de fenêtre trop fragiles. Lors d'une visite parlementaire, la députée (PS) Christine Pirès-Beaune fait l'état des lieux. Elle tire la sonnette d'alarme : « Cela choque parce que c’est de l’argent public. Au final, c’est le contribuable, vous et moi, qui payons. C’est un établissement récent, dont la durée de vie n’est pas consommée. On ne doit pas changer des éléments de structure au bout de quelques années ». 

Une cinquantaine de matelas au sol

Les détenus concernés sont contraints de déménager. Même si les chambres sont normalement individuelles, des matelas sont installés à même le sol, dans les cellules voisines, pour reloger tant bien que mal les détenus. On compte une cinquantaine de matelas au sol. Les détenus dénoncent des conditions de vie dégradées. Mi-novembre, certains d'entre eux ont même refusé de réintégrer leurs cellules à l'issue d'une promenade. Les syndicats du personnel pénitentiaire décrivent une détérioration du climat général. Bruno Daudé, secrétaire régional adjoint FO Justice, explique : « La surpopulation engendre de la promiscuité pour les détenus et il y a des règlements de compte entre eux, des bagarres qu’on n’avait pas avant et que l’on constate de plus en plus. Quand ils ouvrent la porte, ils ont tendance à s’en prendre au personnel. Ils ont de la hargne à lâcher et en première ligne, il y a les agents qui sont au contact ».

La question de la surpopulation carcérale

Quelque 40 fenêtres ont déjà été changées en début d'année. Pour l'instant, les dates des futures livraisons ne sont pas connues. L'administration pénitentiaire n'a pas répondu directement à nos questions, mais s'est exprimée dans un communiqué : « La vulnérabilité de ces fenêtres sera traitée dans une question de jours, via un nouveau modèle commandé à une société spécialisée ». Pour Charline Becker, de l'Observatoire International des Prisons, le coût de ces réparations pose question : « On voit que l’administration pénitentiaire engloutit des sommes qui sont colossales. La prison de Riom est construite sur un partenariat public-privé, ce qui veut dire qu’elle coûte extrêmement cher à l’Etat. Finalement, il s’avère que ce n’est pas la solution ni à la surpopulation carcérale ni à la récidive. Pour nous, cette histoire de fenêtres vient surtout rappeler que la solution se trouve ailleurs que dans la construction de nouvelles prisons ». Ce problème s'ajoute à celui d'une population carcérale déjà trop nombreuse : dans la maison d'arrêt pour hommes, le taux d'occupation s'élève à 129%.