Puy-de-Dôme : pourquoi l'obligation du pass sanitaire inquiète certains clubs de foot amateur

A compter du 30 septembre, le pass sanitaire sera obligatoire pour les 12-17 ans pour les lieux d’activités et de loisirs. Dans le Puy-de-Dôme, des clubs de foot amateur redoutent une baisse du nombre de leurs licenciés.
A Clermont-Ferrand, au club de l'AS Saint-Jacques, les plus jeunes ont repris début septembre les entraînements. (Photo d'archives)
A Clermont-Ferrand, au club de l'AS Saint-Jacques, les plus jeunes ont repris début septembre les entraînements. (Photo d'archives) © Stéphane Trentesaux / FTV

Alors que les enfants ont repris le chemin de l’école, de nombreux parents s’interrogent encore au sujet des activités extra-scolaires de leur progéniture. Depuis le 9 août, un nouveau protocole sanitaire est en vigueur et s’applique notamment aux établissements recevant du public (ERP). A compter du 30 septembre, un pass sanitaire sera exigé pour les lieux d’activité et de loisirs pour les 12-17 ans. Une contrainte prise en compte par les clubs sportifs. Philippe Amaduble, président du district de football du Puy-de-Dôme, explique : « La difficulté est que certains ne veulent pas se faire vacciner et n’auront pas de pass sanitaire. Cela aura des conséquences bien évidemment sur le nombre de licenciés de notre district. Cela concerne plus particulièrement les équipes 2 ou 3 des clubs. Les clubs qui avaient jusque-là 2 ou 3 équipes vont se retrouver avec une seule équipe car ils n’auront pas suffisamment de monde ». Phlippe Amaduble redoute une baisse d'effectifs dans certains clubs : « J’ai quelques craintes au niveau des seniors mais pas pour les jeunes car les clubs ont bien repris des inscriptions. Les jeunes ne demandent qu’à reprendre et à jouer. Ma crainte porte pour les jeunes de 12 à 17 ans car le pass sanitaire va être obligatoire à partir du mois d’octobre. A partir de là ce sont les parents qui vont décider. Mon inquiétude est là ».

Certains clubs vont se retrouver en difficulté s’ils n’ont pas assez de licenciés

Le président du district de football s’interroge : « Il y a 2 ou 3 clubs qui ne repartiront pas à cause de ce pass sanitaire. Je ne comprends pas les joueurs. Que vont-ils faire dans leur vie ? Le pass sanitaire n’est pas fait que pour le football mais pour aller aussi au restaurant, au spectacle. Cela me fait peur que ces gens ne puissent plus rien faire. Certains clubs vont se retrouver en difficulté s’ils n’ont pas assez de licenciés ».

20 000 licenciés dans le Puy-de-Dôme

Il ajoute : « En moyenne on a un peu plus de 20 000 licenciés dans le département. Il y a une semaine on avait déjà atteint la moitié de nos licenciés. L’année dernière, on était le département de la région avec le moins de perte de licenciés ». Malgré une grosse envie de la part des plus jeunes de repratiquer une activité sportive, certains clubs ne cachent pas leurs craintes. C’est le cas à Escoutoux, dans le Puy-de-Dôme. Concecion De Matos, trésorière du club, indique : « On avait engagé une équipe senior pour l’année prochaine mais on a été obligés d’annuler. On a des adultes qui ne veulent pas se faire vacciner et préfèrent ne pas jouer. Il n’y a plus de joueurs donc plus d’équipe ». Elle poursuit : « Pour les catégories plus jeunes, on a une majorité qui viendra jouer car les joueurs sont vaccinés. Pour les autres, on ne sait pas. Jusqu’à présent, nous avions une équipe dans chaque catégorie mais on se retrouve avec peu de licenciés. On a peur de n’avoir qu’une seule équipe voire de disparaître. On a pour le moment une vingtaine de licenciés contre une soixantaine habituellement ».

La question des finances

Elle s’inquiète aussi pour la santé financière du club : « Chez les 12-18 ans je pense qu’il y aura de la perte. On a déjà inscrit une dizaine d’enfants mais on attend de voir s’ils ont le pass sanitaire. C’est important d’avoir beaucoup de licenciés car on n’a pas beaucoup de subventions. On avait des enfants dans chaque catégorie et avec les tournois, ça faisait tourner la buvette et ça rapportait un peu d’argent, surtout pour les seniors ». Le club d’Escoutoux existe pourtant depuis 60 ans.

On estime qu’on aura 30% d’inscrits en moins à cause du pass sanitaire

A quelques kilomètres de là, à l’AS Saint-Jacques de Clermont-Ferrand, on s’inquiète aussi pour la suite. Jean Montador, responsable technique de l’AS Saint-Jacques de Clermont-Ferrand, souligne : « Il y a des parents qui sont réfractaires à la vaccination. Tant que les tests PCR sont gratuits, les enfants pourront présenter un pass sanitaire. Mais quid de la suite ? Nous n’avons pas encore de recul. On estime qu’on aura 30% d’inscrits en moins à cause du pass sanitaire ». Il précise : « Malgré tout on est assez optimistes. Beaucoup de monde veut s’inscrire. L’école de foot des 6-11 ans a démarré et il y a de nombreux inscrits. Pour la catégorie 12-18 ans, on attend encore des retours ». Le club compte 400 licenciés. Avec l’ASM omnisports c’est l’un des plus gros clubs de football de la capitale auvergnate.  

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