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Puy-de-Dôme : pourquoi l'extension du parc Vulcania fait polémique ?

L'extension du parc Vulcania fait polémique. / © V. Voegtlin / MaxPPP
L'extension du parc Vulcania fait polémique. / © V. Voegtlin / MaxPPP

Le parc Vulcania à Saint-Ours-les-Roches près de Clermont-Ferrand souhaite aggrandir ses locaux avec 3 nouvelles thématiques, mais une association locale alerte sur la dégradation des paysages et envisage une action en justice pour bloquer le projet.

Par Renaud Gardette, avec Fabien Gandhillon

Depuis son ouverture en 2002, près de Clermont-Ferrand, Vulcania a beaucoup changé. Le parc a renouvelé une bonne partie de son contenu et ses activités, mais il est toujours resté dans ses bâtiments d'origine. Un projet d'extension a donc vu le jour en 2015, avec un planétarium, des salles pour les scolaires, des "lodges" pour héberger les visiteurs, et même des montagnes russes.

Grégory Mouilleseaux, Directeur de Vulcania : "on a accueilli plus de 6 millions de visiteurs. On est un vrai lieu d'explications. On traite un certain nombre de sujets, dans des endroits qui sont devenus un peu exigus (...). Donc il faut s'élargir un petit peu pour pouvoir accueillir dans de meilleures dispositions les visiteurs du parc".
 

Du centre de la Terre jusqu'aux étoiles


L'objectif du projet est de créer 3 nouveaux univers thématiques, sur les 57 hectares du site : le volcanisme, les phénomènes naturels (comme les tornades ou les tsunamis), et l'exploration spatiale. Pour cela Vulcania doit investir 41 millions d'euros pour la construction de ces nouveaux espaces. "On ne peut pas tout vous dire maintenant, mais on commencera en 2021 avec les phénomènes naturels et les tremblements de terre. C'est unique en France. On travaille depuis 2 ans et demi avec nos scientifiques" nous a précisé le directeur. 

70 partenaires hôteliers travaillent dans le secteur très proche du parc. Quelques "privilégiés" pourraient donc, au terme du projet, passer la nuit sur place dans un "camp d'explorateur". 
 

Protéger les paysages


Le projet a aujourd'hui ses détracteurs : l'association "Puy de Dôme Nature Environnement" dénonce une atteinte aux paysages et envisage de contester le projet en justice. Yves Reverseau, Président de l'association : "On est mobilisés contre cette extension. C'est une espèce de fuite en avant. Il y a de moins en moins d'entrées. Le chiffre d'affaires baisse (...). Ils veulent faire une espèce de grosse montagne russe, un rafting, et une tour tornade, qui sont de pures attractions quasiment foraines, soit-disant liées aux phénomènes naturels. Par exemple les montagnes russes il y aura des tremblements, comme les tremblements de terre.

Ce militant regrette que le plan local d'urbanisme ait été modifié pour ce projet : "Ils vont monter des bâtiments jusqu'à 16 mètres de haut, voire 18 mètres, ce qui fait des bâtiments de 6 étages. Ils veulent créer des logements pour 240 personnes, où il y aura une magnifique vue sur les volcans. Réciproquement, du haut des volcans, on verra bien sûr tous ces bâtiments. A notre avis, ça va à l'encontre de la charte du Parc des Volcans d'Auvergne, et certainement du Plan de Gestion du périmètre Chaîne des Puys - faille de Limagne classé au Patrimoine mondial de l'Unesco. Le classement n'est pas définitif. Si on fait des âneries il n'y en aura plus."
 

Vers un dialogue impossible ?


Alors que l'association veut saisir la justice, le parc se dit ouvert au dialogue. Selon l'exploitant, les associations, les élus ou le parc des Volcans sont consultés. Il assure que les nouveaux bâtiments seront "aussi discrets que possible".

Le directeur Grégory Mouilleseaux réfute l'idée d'une pollution du paysage : "L'idée c'est de respecter des cônes de vue, pour que depuis le parc on continue de voir cet environnement d'exception qui nous entoure. Et inversement, depuis l'extérieur, on ne vienne pas polluer ou dénaturer cet environnement. C'est pour çà qu'on a travaillé sur les cordons forestiers existants, pour intégrer ces nouvelles animations à l'intérieur de l'environnement forestier, pour que ce soit invisible depuis les puys environnants."

D'ici 2031, Vulcania espère atteindre les 500 000 entrées par an contre 320 000 aujourd'hui. Avec cette extension, le parc entend absorber les flux de visiteurs attirés dans la chaîne des Puys par le classement à l'Unesco.

 

L'opposition à Vulcania ne date pas d'hier

Le parc avait suscité une opposition avant même sa construction. Dans les années 90, plusieurs associations environnementales ont dénoncé ce qu’elles appelaient à l’époque le “Giscardoscope”. 

Elles n’étaient pas forcément hostiles à l’idée de faire un centre sur le volcanisme, mais elles refusaient sa localisation,au pied du puy de Côme, dans la chaîne des Puys.

A l’époque, il y avait eu plusieurs manifestations, et des recours en justice qui ont retardé le projet. Les travaux ont été un temps suspendus, mais Vulcania a fini par ouvrir en 2002.

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