Retard de livraison des rames Oxygène sur la ligne Clermont-Paris : des usagers déçus et inquiets

Les nouvelles rames Oxygène qui devaient remplacer les anciennes rames Intercités Corail de la ligne Clermont-Paris auront du retard. Initialement attendues en 2025, elles ne seront finalement livrées qu’en 2027, une déception de plus pour des collectifs d’usagers.

Déçus mais pas surpris, les usagers du “Collectif des usagers de la ligne Clermont-Paris" ont appris la mauvaise nouvelle ce vendredi 26 avril. Les nouvelles rames Oxygène, qui devaient être livrées mi-2025, ne le seront finalement qu’en 2027. Un an et demi de retard, un coup au moral de la porte-parole du collectif Stéphanie Picard : “Je ne suis pas très surprise parce qu'on avait quand même des signaux faibles qui nous laissaient entendre qu'il y aurait de nouveaux retards. J'avais demandé plusieurs fois confirmation de la date dans des réunions avec les représentants de l'État et la SNCF. On nous répondait : “Le calendrier est maintenu”. D’abord, on nous a annoncé pour juin-juillet 2025 la première rame. Après, ça s'étalait sur un an et demi pour livrer la totalité des rames. Christophe Béchu, quand il est venu en février à Clermont, a évoqué le 2e semestre 2025. Déjà ça va de juillet à décembre. Ensuite, on a parlé plutôt de fin 2025. Après, Jean-Pierre Farandou, à l'audition de l'Assemblée nationale, parlait de 2026. J'avais quand même bien compris qu'il y avait un sujet sur les dates de livraison. Ce n'est pas une grande surprise du tout, mais c'est forcément une grande déception, une inquiétude.” 

"On en a marre de courir après du rattrapage"

Une de ces rames Oxygène est actuellement en phase de tests, qui ont révélé des défaillances au niveau des freins et du moteur. C’est pour cela que la livraison est repoussée : “C'est un une nouvelle technologie, ces rames Oxygène, il faut tester la fiabilité de chacun des points, et là ce sont ces tests qui ont mis en lumière une insuffisance technique. Il vaut mieux qu'ils s'en rendent compte maintenant plutôt qu’une fois qu'ils sont en circulation et qu'il y ait un drame”, affirme Stéphanie Picard. Malgré cela, c’est un nouveau coup dur qu’elle espère bien voir compensé par un projet ambitieux : “C'est une mauvaise nouvelle et un événement de plus qui fait qu'avec tout ce qu'on aura supporté et subi, il faut qu'ils nous offrent un projet ambitieux pour notre territoire. Pour l'instant, tout ce qui est prévu, c'est du rattrapage. On en a marre de courir après du rattrapage. Maintenant, on veut un vrai programme ambitieux, vers 2h30 maximum de temps de parcours pour faire un Clermont-Paris.” 

Une "humiliation de plus" pour l'Auvergne

Les usagers ne sont pas les seuls déçus. Le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez (LR) a partagé son indignation dans un communiqué : “Deux mois seulement après les annonces d’un gouvernement qui venait subitement de prendre la mesure des difficultés que subissaient quasi quotidiennement les usagers de la ligne Clermont/Paris, cette annonce de retard sonne comme une humiliation de plus faite aux Auvergnats. Une fois encore, la SNCF et l’Etat sont incapables de tenir leurs engagements. Il faudra maintenant attendre trois années avant de voir circuler sur nos lignes des trains dignes de ce nom. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’explications qui conduisent à reléguer les usagers de l’Auvergne à des passagers de 3e classe.” Quant à Stéphanie Picard, elle compte solliciter un entretien avec le président Emmanuel Macron afin de l’alerter. 

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