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Saccage du Bastion Social : “ce n'est pas une solution” pour Bianchi, déterminé à faire interdire le groupe identitaire

Deux groupes antifascistes, la cellule antifasciste révolutionnaire d'Auvergne et les Jeunes révolutionnaires ont revendiqué le saccage et le pillage du local du Bastion Social, à Clermont-Ferrand, dans la nuit du 27 au 28 août. (illustration) / © B. Langlois / AFP Photo
Deux groupes antifascistes, la cellule antifasciste révolutionnaire d'Auvergne et les Jeunes révolutionnaires ont revendiqué le saccage et le pillage du local du Bastion Social, à Clermont-Ferrand, dans la nuit du 27 au 28 août. (illustration) / © B. Langlois / AFP Photo

Dans la nuit du 27 août, des groupes antifascistes ont saccagé et pillé le local du Bastion Social, dans le centre historique de Clermont-Ferrand. Pour le Maire de la ville, Olivier Bianchi (PS), cette action est liée à la tradition de Résistance de la ville, mais n'est pas une solution.

Par Arthur Carpentier

La tension monte encore d'un cran dans le centre historique de Clermont-Ferrand. Le local du Bastion Social, ouvert le 14 juillet, a été saccagé dans la nuit du 27 août. L'attaque a été revendiquée par la cellule antifasciste révolutionnaire d'Auvergne et les Jeunes révolutionnaires.
 

Les militants antifascistes, cagoulés, exhibent sur les réseaux sociaux une partie des biens volés, les plus symboliques. Notamment, les drapeaux de l'Auvergne et du Bastion Social. On voit aussi des étendards reproduisant la croix celtique, symbole des nationalistes, ou affichant le logo du régiment Azov, une unité ukrainienne paramilitaire d'extrême droite. Par ailleurs, les murs du local ont été tagués et les toilettes détériorées de manière à engendrer une fuite d'eau. La caisse du bar a également été vidée. Le Bastion n'a pas souhaité s'exprimer au sujet de ces dégradations.

"J'avais dit dès le début qu'au regard de la tradition de la ville, la culture de la Résistance et de la gauche, l'arrivée du Bastion Social impliquait de lourds risques de conflit", rappelle Olivier Bianchi, le maire (PS) de Clermont-Ferrand. Il a lui-même participé à la manifestation qui a rassemblé un millier de personnes, opposées à l'implantation du Bastion Social, le 12 juillet. Deux jours plus tard, 130 policiers encadraient l'inauguration du local du groupe, qui a attiré environ 70 sympathisants venus de toute la France. Depuis, l'atmosphère est électrique, et la façade de leur QG est régulièrement taguée et détériorée.
 

Le Bastion Social, fondé par d'anciens membres du GUD, se revendique nationaliste, révolutionnaire, anti-immigration, et prône la "préférence nationale". Ses membres organisent des distributions alimentaires pour les sans-abris, à condition qu'ils soient Français. Mais à travers la France, le Bastion Social est impliqué dans plusieurs affaires juridiques. À Lyon, le fondateur du groupe Steven Bissuel a été condamné  le 16 août à 20.000 € d'amende pour avoir relayé un dessin antisémite sur les réseaux sociaux. À Clermont-Ferrand, peu après l'inauguration du local, une plainte a été déposée contre un membre du groupe. Il est suspecté d'avoir agressé un client d'un bar, qui s'en est tiré avec une double fracture de la mâchoire et 45 jours d'ITT.
 

Pour Olivier Bianchi, le saccage du local n'est pas une solution : "Je peux comprendre la symbolique d'aller prendre des drapeaux [...], mais ça ne réglera pas durablement l'arrivée du Bastion Social en ville, et ce n'est pas comme ça que je compte m'opposer à son installation." L'élu, qui ne mâche pas ses mots à l'encontre du mouvement, assure chercher tous les moyens légaux pour interdire sa présence en ville. "Nous sommes dans une société édulcorée, dans laquelle les convictions n'ont plus de sens, mais je reprends la formule de Saint-Just : pas de liberté pour les ennemis de la liberté." C'est pour le moment le Bastion Social qui devrait déposer une plainte pour la dégradation de son local.

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