Sécurité à vélo : la réglementation en question

Depuis le début de la crise sanitaire, la part des cyclistes en ville a beaucoup augmenté, y compris en Auvergne-Rhône-Alpes. Ils doivent porter des accessoires obligatoires mais aussi adopter un comportement adapté pour bien se déplacer en agglomération.

Le but du cycliste est de bien cohabiter avec les autres usagers.
Le but du cycliste est de bien cohabiter avec les autres usagers. © Pierre Rousseau / MAXPPP

Vous l’avez sans doute constaté, depuis le début de la crise du COVID, le nombre de cyclistes sur les routes a largement grandi, y compris en Auvergne-Rhône-Alpes. En 2020, d’après le rapport Vélo & Territoires, publié en janvier dernier, le nombre de passages de vélos a progressé de 10 % sur tout le territoire, 27 % même si l'on exclut les périodes de confinement. Mais si vous faites partie de ces nouveaux adeptes du vélo, il est nécessaire de rappeler que vous devez porter un certain nombre d’accessoires obligatoires.

A partir de 12 ans : le port d’un casque n’est pas obligatoire pour circuler à vélo, même s’il est fortement recommandé. En revanche, pour un enfant de moins de 12 ans, il est obligatoire (homologué « CE » et doit être attaché).

Pour circuler la nuit, ou le jour lorsque la visibilité est insuffisante, tout conducteur et passager d’un vélo doit porter, hors agglomération, un gilet jaune, homologué « CE ».

-Un ou plusieurs catadioptres arrière

-Catadioptres orange visibles de côté 

-Catadioptre blanc visible à l’avant 

-Catadioptres de couleur orangée sur les pédales 

-Feu de position émettant vers l’avant une lumière jaune ou blanche non éblouissante

-Feu de position arrière qui doit être nettement visible de l’arrière lorsque le vélo est utilisé 

Obligatoire et elle doit être entendue à 50 mètres au moins.

Pas obligatoire mais peut être positionné à l’arrière et à gauche.

Le point de vue de Vélo-Cité 63

Serge Fabbro, président de l’association Vélo-Cité 63, rappelle : « Au niveau de la réglementation nationale, il faut bien rappeler que le vélo est un véhicule. Il doit respecter le code de la route même si on n’est pas obligé d’avoir un permis vélo. Nul cycliste n’est censé ignorer le code de la route. Il existe un code de la route spécifique au vélo avec une réglementation qui s’adapte à ce type d’usagers, notamment les doubles sens cyclables pour certaines voies à sens unique dans les zones 30, le « cédez-le-passage » au feu pour le cycliste, les aménagements obligatoires ou facultatifs selon la réglementation, les sas vélo au-devant des feux rouges. Il est interdit aux cyclistes de circuler à vélo sur les trottoirs, à moins qu’il y ait des aménagements spécifiques ou si on est un enfant de moins de 8 ans. En termes de réglementation pour la circulation, il y a plein de choses qui font que ce code de la route adapté aux cyclistes doit être respecté par tous. Les cyclistes ont le droit de circuler sur la chaussée au même titre que les autres usagers de la route ».

Cette réglementation est suffisante

Il poursuit : « Cette réglementation est suffisante, mais les cyclistes de la métropole de Clermont-Ferrand réclament plus. On aimerait pouvoir circuler sur les voies de bus car on constate, à certains endroits, que ça peut être très bénéfique pour les cyclistes en termes de raccourci et de sécurité. On réclame aussi la possibilité de circuler sur certaines voies du tram dans des sections particulières où il n’y a pas d’aménagement cyclable qui propose une alternative. Pour l’instant ces revendications n’aboutissent pas. Nous demandons aussi plus de stationnements sécurisés. Bien sûr les pistes cyclables sont nettement insuffisantes sur l’agglomération clermontoise mais il faudrait aussi des stationnements sécurisés. Certes la circulation est importante mais il faut pouvoir déposer son vélo en sécurité contre le vol dans n’importe quel endroit de la ville. Il faut a minima des arceaux voire des espaces sécurisés dans des parkings souterrains ou des lieux publics ».

Cohabiter avec les autres usagers

Serge Fabbro souligne : « L’objectif global des cyclistes est de cohabiter avec les autres usagers, et notamment les usagers les plus fragiles comme les piétons. Nous avons la même préoccupation de nous préserver des dangers des voitures. Certains cyclistes ont tendance à utiliser les trottoirs car ils s’y sentent plus en sécurité. Même s’ils ne respectent pas la réglementation, ils doivent avant tout respecter les autres usagers piétons. Cette cohabitation doit être préservée. Il est réclamé aux automobilistes d’être attentifs aux cyclistes. On recommande aux cyclistes d’être bien visibles de jour comme de nuit et d’être aussi lisibles, par exemple dans les intentions de tourner, de changer de direction, il faut bien informer les autres usagers de leurs mouvements. Il faut aussi être vigilant vis-à-vis des véhicules lourds, notamment les fourgons, les camions, car il y a cette logique d’angle mort qui fait que ça peut les mettre en danger ».

Quelques conseils

Le président de Vélo-Cité 63 donne quelques recommandations : « Ce sont des conseils que l’on peut donner aux néo-cyclistes, qui se sont réveillés lors du COVID et qui ne sont pas encore aguerris. Il faut être vigilant en permanence et ne pas être équipé d’oreillettes. L’écoute peut distraire et les oreillettes sont donc interdites depuis quelques années. Le cycliste est relativement vulnérable. En termes d’accidentologie, il y a aujourd’hui 180 morts par an à vélo. C’est moins important que les piétons. Mais il y a une recrudescence des accidents en milieu urbain. On a tendance à dire que plus il y aura de cyclistes, moins ce sera dangereux car on sera plus visibles mais on n’a pas encore atteint ce seuil critique. Aujourd’hui, il y a encore beaucoup de néo-cyclistes qui n’ont pas encore pris la mesure des dangers de la route ». Il ajoute : « On réclame souvent auprès des cyclistes de bien prendre leur place sur la route. Notamment en ville, ils doivent s’écarter des véhicules en stationnement car le risque d’emportiérage existe. On recommande, s’il y a des îlots, de se mettre plus au milieu de la chaussée que sur le côté, car la distance de dépassement des véhicules ne sera pas respectée. Elle est d’un mètre en ville. On conseille de bien prendre sa place sur la chaussée, quitte à indisposer l’impatience des automobilistes ».

Le comportement du cycliste est globalement individualiste

Serge Fabbro indique : « Le comportement du cycliste est globalement individualiste. Il y a aussi le fait de se sentir intouchable dans la mesure où, si on commet une infraction, on payera l’amende mais on ne remet pas en cause le permis de conduire. Il faut rappeler que le respect des règles doit être consenti. Globalement, le cycliste peut se faire respecter mais le général tue le particulier. Si on commet une erreur, on peut s’excuser mais il y aura toujours ce vocable qui dit « les cyclistes, vous faites n’importe quoi ». Il y a une image générale qui est donnée et contre laquelle on doit lutter ». Le président rappelle que son association est dans une action de co-construction avec la métropole clermontoise. Elle souhaiterait que les choses avancent plus vite pour mettre en sécurité les cyclistes et pour faire venir de nouveaux adeptes du vélo.

 

Pourquoi les automobilistes ne connaissent pas toujours les règles qui s’appliquent aux vélos

Thierry Coudray était l’invité de l’émission « On décode », diffusée sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes le vendredi 28 mai. Il est l’animateur de « Parlons vélo dans l’agglo ». Il est notamment opposé à l’obligation de porter un casque à vélo.

A Saint-Just-Saint-Rambert dans la Loire, en mars dernier, des cyclistes ont été fauchés par un véhicule. Les cyclistes ont-ils commis une faute en roulant en file indienne ?

Thierry Coudray : « Le code de la route est assez précis là-dessus. Si les cyclistes roulent en file indienne, c’est au véhicule qui double de faire attention au cycliste. Il faut savoir que les cyclistes peuvent rouler à 2 de front. Dans ce cas-là, ils doivent se rabattre quand un véhicule arrive. Sur ce que je connais de l’accident, la faute est entièrement imputable aux automobilistes ».

Est-ce que le manque de patience, voire de considération des automobilistes est courant ?

Thierry Coudray : « C’est fréquent. Je vais vous donner un exemple. Pour faire le chemin entre la gare de Clermont-Ferrand et votre studio, il y a à peu près 4 km. J’ai subi près de 27 infractions au code de la route de la part de véhicules. Principalement, ils ne m’ont pas laissé 1 mètre ou ils voulaient impérativement me doubler et se sont rabattus. C’est assez fréquent pour les cyclistes en ville ».

En voiture, la ceinture est obligatoire. Pourquoi le casque ne le serait-il pas pour tout le monde ?

Thierry Coudray : « J’en porte un depuis que j’ai eu un accident. C’est plus pour rassurer mes proches car je circule principalement en ville. Des études ont montré en Australie, en Nouvelle-Zélande, dans certaines provinces américaines et canadiennes, que le port du casque faisait baisser la pratique cycliste. Si vous baissez la pratique cycliste de manière conséquente, de nouveaux arrivants ne prennent pas le vélo. C’est le cas notamment pour les vélos en libre disposition. Ca nuit à la santé publique et c’est assez paradoxal. Le casque est une bonne protection individuelle, surtout hors agglomération. C’est pour cela que je milite pour ne pas rendre la casque obligatoire et on a été suivis là-dessus ».

Il n’y a pas de code différencié pour les cyclistes. Parfois ces derniers le méconnaissent. Ne faudrait-il pas un permis pour rouler sur la route à vélo ?

Thierry Coudray : « Je ne pense pas. Il y a pas mal de règles de bon sens. En général, beaucoup de cyclistes sont des automobilistes. Il ne faut pas opposer les cyclistes, les automobilistes et les piétons. On est toujours, à un moment de sa vie, cycliste, piéton ou automobiliste. Il y a quelques règles spécifiques pour les vélos mais ce sont plus les voitures qui devraient appliquer ces règles, comme le fait de laisser un mètre quand on double un vélo. Beaucoup d’automobilistes ne connaissent pas cette règle et beaucoup ne savent pas ce qu’est un sas vélo ».

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