Sommet de l’élevage. Chloé, 12 ans et déjà éleveuse de Charolaises

Du haut de ses 12 ans, Chloé est une jeune fille timide, mais pas avec ses animaux et encore moins avec ses vaches Charolaises. Tombée dans l’élevage alors qu’elle était toute petite, cette jeune cantalienne est venue au Sommet de l’élevage de Clermont-Ferrand pour faire des concours et surtout s’amuser.

À son arrivée et malgré les mastodontes qui l’entourent, on ne peut que la remarquer. Des yeux noisette, des taches de rousseur, des cheveux longs, pas plus grande qu’une Charolaise et 20 fois plus fine qu’elle, Chloé a 12 ans et est éleveuse. Avec son papa, Christophe, ils sont arrivés au Sommet de l’élevage dès le lundi 3 octobre. Tous les deux sont venus de Coltines, près de Saint-Flour, dans le Cantal. Ils se sont installés, au plus près, dans une caravane directement sur le site de la grande halle de Cournon-d’Auvergne, près de Clermont-Ferrand.

Une Charolaise pour Noël

Ils ne sont pas venus seuls : Chloé a emmené avec elle deux de ses vaches, des Charolaises. Une véritable passion pour la jeune fille. « Ce sont des vaches qui sont jolies et gentilles. J’ai fait le concours jeunes meneurs avec Rita, une Charolaise. Au début, ce sont des voisins qui nous l’avaient prêtée et, après, j’ai gagné des concours avec elle. J’ai voulu l’acheter, ce sont mes parents qui me l’ont achetée ». Ça a été le début d’une histoire d’amour entre Chloé et ses vaches. « Il y a un an pour Noël, on lui a demandé ce qu’elle voulait et elle nous a dit qu’elle aimerait des Charolaises. Aujourd’hui, elle en a cinq et un taureau », raconte son père.

Elle passe plus de temps avec les bêtes qu’avec les humains des fois

Frédérique Ramadier

Lui aussi est éleveur, dans son exploitation, il élève près de 300 mères Aubrac. C’est la troisième génération d’agriculteurs. C’est avec fierté et avec émotion, qu’aujourd’hui, il regarde sa jeune fille. « Depuis toute petite, elle est comme ça. Elle jetait son cartable sous la table, elle mettait sa combinaison et elle venait avec nous pour tout. Elle aime tous les animaux : les Aubrac, les chats, les chiens, etc. ». Même en poussette avec sa maman, elle arpentait déjà le couloir d’alimentation. « Elle est née dedans, ajoute Frédérique Ramadier, la maman. En plus, elle a le truc, elle aime ça, elle aime les animaux. Quand elle n’est pas avec ses Charolaises, elle est avec ses petits veaux, quand elle n’est pas avec ses veaux, elle est avec les génisses. Elle passe plus de temps avec les bêtes qu’avec les humains des fois ».

J’essaye de les rassurer, je discute avec elles

Chloé Ramadier

Derrière sa timidité, Chloé aime parler avec ses vaches. « J’essaye de les rassurer, je discute avec elles », me confie l’adolescente. Son papa raconte « Les vaches qu’elle a achetées là, ce sont des bêtes qui étaient habituées à être en plein air. Quand on les a achetées, elles étaient un peu difficiles, elles avaient du caractère. Mais à force d’y aller tous les jours, avec le sceau, les croquettes, la corde au début et après le licol, Chloé les a dressées toute seule. Elle les promenait sur 3-4 mètres en plein air. Elle s’allongeait à côté des vaches ». Chaque jour, elle s’occupe de ses vaches, se lève la nuit pour les vêlages, et quand elle est à l’école, elle envoie des messages à son papa pour qu’il jette un œil à ses animaux. L’école, ce n’est pas trop son truc, mais son parcours est déjà tout tracé : elle veut faire un lycée agricole, un BTS et s’installer dans le Cantal avec ses Charolaises et des Aubrac, « je rêve d'être éleveuse ». Elle sait aussi qu’elle veut faire plus de concours.

Du dressage aux concours

D'ailleurs ce mercredi 5 octobre, elle présentait sa vache Rosace au concours national du Charolais, sur le ring du Zénith d’Auvergne. Malgré le froid matinal, Chloé s’est levée à 5 heures du matin pour la préparer. « Elle voulait être au national Charolais du coup, on l’a inscrite, explique Christophe Ramadier. Moi, je suis juste là pour faire le transport. C’est elle qui les dresse, qui les promène et qui les fait défiler ». « C’est l’occasion de rentrer dans la cour des grands », ajoute sa femme. 


À l’heure du passage, Chloé et Rosace défilent comme des grandes, et même si elles n’ont pas eu de podium, ce n’était pas le plus important « Je suis contente, elle a été sage. Je ne venais pas pour le classement, je venais pour m’amuser. Pour une première fois, elle a été sage. Je suis fière, j’en referai d’autres ».

Le prochain objectif pour Chloé est d’aller au salon de l’agriculture à Paris... avec ses vaches. 

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