TÉMOIGNAGE. Victime de violences conjugales pendant 43 ans, elle a vécu l'enfer

Marie a subi les coups de son mari pendant 43 ans. Elle témoigne aujourd'hui. / © Valérie Riffard / France 3 Auvergne
Marie a subi les coups de son mari pendant 43 ans. Elle témoigne aujourd'hui. / © Valérie Riffard / France 3 Auvergne

Marie a 59 ans et 8 enfants. Pendant 43 ans, elle a subi les coups de son mari alcoolique. A l’occasion du Grenelle contre les violences conjugales, à Clermont-Ferrand, elle a accepté de témoigner.
 

Par C. L avec Valérie Riffard

Mardi 3 septembre, le gouvernement a lancé le Grenelle contre les violences conjugales en présence de familles des victimes. Marie*, âgée de 59 ans, a subi les coups de son mari alcoolique pendant 43 ans. Mère de 8 enfants, elle témoigne de l'enfer qu'elle a vécu.

J’ai connu mon mari, je suis tombée enceinte. Au début j’étais chez mon beau-père. Il voulait frapper mon beau-père. Ce dernier a toujours dit que l’on ne frappe pas une femme. Mon mari a toujours bu. Après on a eu un logement et il s’est mis à frapper les enfants. Je les ai beaucoup défendus. Cela pouvait finir mal car il a jeté des assiettes sur moi.

Question : N’y avait-il pas moyen de lui faire comprendre que c’était un enfer pour vous ?

Je ne pouvais rien dire. Un homme qui boit, il faut le laisser. Si on attaque, il attaquera plus. C’est lorsque les enfants ont grandi que j’ai décidé de bouger. Il est allé un peu trop loin et tout a débordé. J’ai tout organisé pour le quitter, je ne voulais plus rester avec lui, ça n’était plus possible. Il fallait que je fasse quelque chose. J’aurais pu me tuer et ne plus être ici.

Question : Qu’est-ce qui a permis que vous puissiez partir ?

Je suis allée au Secours Populaire et on m’a donné un coup de main. Ils m’ont dit de faire le 115. J’ai demandé si j’allais être logée et on m’a dit oui. Sinon je me serais trouvée à la rue. Ils m’ont pris en main et je les en remercie.

Question : Avez-vous porté plainte contre votre mari ?

Je n’ai pas porté plainte pour mes enfants. Ils ne veulent pas que je le fasse, alors je respecte leur volonté. Autrement je l’aurais fait, après tout ce qu’il s’est passé. Il sait qu’il a fait des bêtises, il l’a dit.

Question : Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Je me sens mieux depuis que je suis partie là-bas. Je revis.

Question : Avez-vous encore peur ?

Qu’il m’appelle, qu’il me laisse des messages….oui peut-être. Mais là je n’ai plus peur car je suis protégée. J’espère avoir une bonne vie maintenant. Je ne demande que cela.  

*le prénom a volontairement été changé

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